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    Sécurité renforcée à la Tour Eiffel: l'avis des experts

    media Un militaire français patrouillant aux abords de la Tour Eiffel à Paris, le 15 novembre 2015. FRANCOIS GUILLOT / AFP

    Une paroi de verre pare-balles de 3 mètres de haut et des grilles seront installées autour de la Tour Eiffel à Paris dès l’automne 2017. Ce dispositif vise à renforcer la sécurité du monument payant le plus visité au monde. La municipalité a décidé de sécuriser l’emblème national en mars dernier pour prévenir la menace terroriste. Des experts de l'antiterrorisme et des protagonistes du projet confrontent leur point de vue sur l’efficacité de ces mesures.

    Fini les couples qui flânent avec insouciance sur le parvis de la Tour Eiffel à Paris ou les joggeurs qui pimentent leur course en passant sous les jambes de la Dame de fer. Bientôt une palissade de verre pare-balles protégera les visiteurs d’éventuels assaillants venant des voies publiques qui bordent le monument.

    Des plots empêcheront par ailleurs les véhicules-bélier d’atteindre l’espace sécurisé. Palpations et fouilles de sacs seront désormais de rigueur aux points de contrôle. Des grilles métalliques longeront le parvis côté jardin, où se fera l’accès du public. Coût de l’opération : 20 millions d’euros, selon Le Parisien.

    Le spectre du terrorisme plane sur la Tour Eiffel depuis longtemps. Claude Moniquet, ancien agent du renseignement à la DGSE, spécialiste de l’antiterrorisme, se remémore un sombre épisode : « Les terroristes islamistes avaient détourné l’Airbus d’Air France en 1994 dans le but de le faire exploser sur la Tour Eiffel ».

    Il se souvient aussi d’une vidéo mise en ligne en 2015 dans laquelle l’organisation Etat islamique (EI) menaçait la France de nouvelles attaques : « On y voyait le monument basculer et s'écraser sur le sol ». Depuis, des menaces précises ont été émises contre la Tour Eiffel, et une tentative d’attaque a eu lieu le 5 août dernier. Un homme avait alors franchi un portique en bousculant un agent de sécurité, puis sorti un couteau dans le but d’attaquer un militaire, avant d’être arrêté.

    Les instigateurs du projet ne prennent pas le risque à la légère. Dietmar Freichtinger, l’architecte dessinateur du mur en verre, revient sur la genèse de ce projet : « La préfecture de police a conduit un audit sur les conditions d’accueil. Elle a mis la mairie devant l’obligation de créer un dispositif plus pérenne que les guérites et les barrières installées depuis l’Euro de football 2016 ».

    Le compte-rendu du Conseil de Paris de mars 2017 est sans équivoque. Il stipule que le projet de réaménagement a été entériné « considérant le niveau élevé et durable des menaces, l’urgence impérieuse à conforter des dispositifs de sécurité provisoires et le caractère iconique de la Tour Eiffel ».

    Jean-François Martins, adjoint à la maire de Paris en charge du tourisme, veut à tout prix faire revenir les touristes dans la capitale : « Vous pouvez diffuser les meilleures campagnes de communication à l’international, un attentat survient, et c’est fini. Imaginez le retentissement s’il se passe quelque chose à la Tour Eiffel ». Pour lui, le monument est une cible facile : « C’est un espace touristique symbolique, saturé, ouvert aux quatre vents ».

    Excès de publicité

    A l’annonce de ce projet, les internautes se sont enflammés. De nombreux utilisateurs de Twitter évoquent leur inquiétude. L'un d'entre eux écrit ainsi : « Un mur de verre autour de la Tour Eiffel. Si un terroriste armé est à l’intérieur, il pourra tirer sur la foule piégée, tranquillement ».

    Jean-François Martins rit des critiques. Nerveusement, peut-être ? Car le sujet ne se prête pas vraiment à l’humour. « J’adore les internautes. Je leur réponds aussi souvent que possible. Je découvre qu’il y a beaucoup d’experts de l’antiterrorisme et de la protection des sites publics sur Twitter ». Il mesure leur inquiétude mais préfère se fier à l’expertise des instances publiques en charge de la sécurité intérieure.

    Contactée à plusieurs reprises, la préfecture de police nous a renvoyé vers la mairie : « Ils sont à l’origine du projet. Nous, nous ne faisons que conseiller ». En l’absence d’explication officielle sur l’efficacité du dispositif de sécurité, nous nous sommes tournés vers des experts indépendants.

    Claude Moniquet, lui, est favorable au projet : « Il y a eu de nombreux cas de voitures-bélier, en Israël, au Canada, à Nice, Berlin, Londres et à Stockholm. C’est un mode opératoire simplissime qui s’est généralisé. Il faut minimiser le risque ». Selon lui, les initiatives de ce genre vont se multiplier. L’Atomium, monument emblématique de Bruxelles, est désormais protégé lui aussi. « On ne peut pas vivre dans une société 100% sécurisée. La solution idéale n’existe pas ».

    L'architecte autrichien Dietmar Feichtinger rejoint l’ex-agent de la DGSE : « La police considère qu’à partir de 3 mètres, un mur est difficile à franchir. Il n’est pas infranchissable. Des moyens complémentaires existent pour contrer les autres types d’attaques comme les drones ou les militaires de l’opération Sentinelle, lancée en janvier 2015 et qui mobilise 10 000 soldats. Le dispositif de sécurité est global ».

    Tous ne se veulent pas aussi rassurants que Claude Moniquet et Dietmar Freichtinger. Un ancien officier de police et formateur antiterroriste qui souhaite rester anonyme, dresse un tableau bien plus sombre de la situation : « Ce projet apporte de l’eau dans le moulin des terroristes. Je suis pour les actions discrètes. Dès que l’on fait de la publicité, cela incite les terroristes à passer à l’acte et cela affole le public ».

    Il doute fortement de l’efficacité du dispositif. « Des terroristes préparés sauront qu’un attroupement peut se former. Un tireur à l’étage d’un immeuble voisin pourrait atteindre les personnes à l’intérieur qui ne seront pas en mesure de s’enfuir assez vite. Et les grilles, c’est pire que tout. Imaginez la scène, les touristes seront dans une cage, comme des bestiaux qui vont à l’abattoir ».

    « Construire des murs ne réglera pas le problème »

    Ce scénario catastrophe n’a pas empêché les élus de Paris de voter pour le projet à l’unanimité. Parfois à contrecœur, comme l’élu communiste Nicolas Bonnet Oulaldj. « C’est un recul, car on signifie aux terroristes que la peur s’installe, explique-t-il. Construire des murs ne réglera pas le problème du terrorisme. Mais nous ne pouvions pas voter contre. Imaginez s’il arrivait quelque chose. Nous avons dû faire face à nos responsabilités ».

    L'élu a néanmoins obtenu la gratuité de l’accès au parvis et la réversibilité du dispositif : la paroi vitrée et les grilles pourront être retirées lorsque la situation sécuritaire sera meilleure. Mais cela ne suffit pas. Nicolas Bonnet Ouladj s’inquiète des possibles dérives : « La Tour Eiffel deviendra-t-elle Disneyland dans une volonté de rentabilité ou restera-t-elle un monument qui fait partie du patrimoine historique et culturel français ? » Pour Dietmar Feichtinger, « une fois l’espace clôturé, la tentation sera grande de privatiser. C’est sûr. Mais tout le projet reste réversible ».

    L’objectif de ce dispositif est-il uniquement sécuritaire ou consiste-t-il à rentabiliser au maximum le site touristique en optimisant la gestion du public ? La question se posera jusqu’à la fin du chantier en 2018.

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