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    Hebdo

    Harvey, Irma... : tout ce qu'il faut savoir sur les cyclones

    media Vue satellite d'un cyclone s'approchant de Madagascar. Planet Observer/Universal Images Group via Getty Images

    Après l’ouragan Harvey, l’Atlantique du Nord fait face à Irma, un cyclone de catégorie 5, le plus haut niveau de classement pour un phénomène météorologique saisonnier extrêmement puissant et dévastateur. Une démonstration de la force de la nature face à la vulnérabilité des hommes, dotés de moyens très inégaux pour se protéger. Un temps des cyclones, au bilan toujours catastrophique, qui gagne en capacité de destruction, disent les scientifiques, avec le réchauffement climatique que certains continuent de contester.

    Communiqué de Météo France du jeudi 31 août 2017 :« La tempête tropicale forte Irma est distante d'environ 3000 km des Petites Antilles. Elle est prévue de se déplacer globalement vers l'ouest en s’intensifiant régulièrement au cours des prochains jours. Irma est prévue d'atteindre le stade d'ouragan à partir de cet après-midi au milieu de l’océan Atlantique. L'incertitude reste importante pour sa trajectoire et son intensité la semaine prochaine. Le phénomène est sous étroite surveillance… ».

    Le lendemain, vendredi 1er septembre, Irma était déjà devenue un ouragan majeur de catégorie 3. Il deviendra avec des rafales de vent de 360 km/h, l’un des plus puissants ouragans de catégorie 5 de ces vingt dernières années sur l’Atlantique Nord.

    « Hunraken » Dieu des tempêtes

    Chaque année aux mêmes périodes, suivant les régions, des tempêtes tropicales se forment de part et d’autre de l’Equateur et se transforment parfois en cyclone. Chaque année, on recense en moyenne à peu près 80 cyclones sur l’ensemble de la planète. Un phénomène météorologique puissant et dévastateur appelé aussi « typhon » dans l’est de l’Asie ou « ouragan » dans l’Atlantique Nord et dans le nord-est du Pacifique, un mot provenant de l’indien caraïbe « Hunraken » qui signifie « dieu des tempêtes », d’où probablement aussi le mot « hurricane » en anglais.

    A l’origine d’un cyclone, il y a des nuages chargés de pluie accompagnés de vents forts, d’une baisse barométrique et de précipitations qui, sous l’impulsion de la force de Coriolis, s’animent dans un mouvement de rotation en sens inverse des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère nord et dans le sens contraire dans l’hémisphère sud. Quand les vents dépassent le seuil des 33 mètres par seconde (soit 118km/h), la tempête tropicale prend le nom de cyclone, nom choisi par ordre alphabétique et qui depuis peu alterne les prénoms masculins et féminins.

    Cette très forte dépression, qui a pris naissance au-dessus des océans de la zone intertropicale, peut alors parcourir des milliers de kilomètres en prenant de la puissance grâce aux eaux chaudes de l’océan dont elle s’alimente. Les cyclones peuvent avoir un diamètre de 500 à 1000 kilomètres, une hauteur de 15 000 mètres et sont très visibles depuis l’espace. Les cyclones sont très reconnaissables à un certain stade de développement, à partir de la catégorie 2, par la trouée de 25 kilomètres de moyenne qui se forme en son centre, une zone de calme sans précipitation que l’on appelle « l’œil du cyclone ».

    Dévastateur

    Autour de l’œil, les éléments se déchainent : la très forte chute de la pression atmosphérique engendre des vents extrêmement violents, la mer devient dévastatrice, les pluies sont torrentielles et l’ensemble a des effets catastrophiques.

    La violence des vents occasionne d’importants dégâts à la nature et aux infrastructures (arrachage d’arbres, de toitures…) transformant en projectile toute sorte de débris dans l’air (morceaux de verre, de bois…) rendant l’espace exposé au vent extrêmement dangereux. De plus, les vents créent sur la mer une forte houle très destructrice sur les littoraux, comme ce fut le cas par exemple en 2005 avec la rupture des digues de La Nouvelle-Orléans suite au cyclone Katrina.

    Quand les cyclones rencontrent des terres, cela peut aussi créer de fortes marées comme en 1969 avec l’ouragan Camille qui a généré 7,8 mètres de marée.

    En outre, les fortes précipitations déversées par le cyclone occasionnent beaucoup de dégâts dans les zones montagneuses ou inondables (crues subites, inondations, glissements de terrain, coulées de boue...). En 1966, le cyclone Denise a entrainé des précipitations record de 1144 mm d’eau en 12 heures sur l’île de la Réunion. Les cyclones qui ont déjà frappé l’Asie du Sud-est et les Etats–Unis cette année illustrent les conséquences dramatiques de ces pluies qui ont provoqué de très graves inondations.

    Enfin, lorsque le cyclone se décharge au contact du sol (car il n’est plus alimenté par l’océan), pour se transformer en tempête avant de disparaître, il peut encore induire des tornades. L’ouragan Gilbert en 1988, qui avait traversé le Mexique, a été à l’origine de 41 tornades dans l’Etat du Texas, un phénomène qui pourrait se répéter dans le sud des Etats-Unis après le passage du cyclone Harvey cette année.

    Du plus faible au plus puissant

    Pour mesurer la puissance des cyclones, plusieurs nomenclatures existent. Dans l’Atlantique Nord, on utilise l’échelle de Saffir-Simpson qui classifie les ouragans en cinq catégories en fonction de la force du vent, de la pression barométrique, de l’augmentation du niveau de la mer et des dommages potentiels.

    La catégorie 1, la plus faible, a des vents allant jusqu'à 133 km/h. Les dommages occasionnés touchent surtout les arbustes, les résidences sans fondations, les enseignes peu solides…

    La catégorie 2 a une vitesse de vent comprise entre 134 et 154 km/h. C’est à ce stade de puissance que se forme l’œil du cyclone. Les vents peuvent entrainer des chutes d’arbre, endommager par exemple les portes et les fenêtres des bâtiments. Les petites embarcations ancrées peuvent être arrachées de leurs amarres…

    La catégorie 3 va de 155 à 182 km/h. En plus de ce qui a été évoqué dans les catégories inférieures, on a des atteintes aux matériaux de couverture des bâtiments, les maisons mobiles sont détruites, les structures se trouvant sur les côtes sont endommagées et des inondations sont à prévoir.

    La catégorie 4 va de 183 à 217km/h. Grande érosion des rivages, destruction des structures fragiles, graves inondations…

    La catégorie 5, la plus forte, a des vitesses de vents supérieures à 217 km/h. Cette catégorie ne connait pas de limite (l’ouragan Irma a développé des rafales de plus de 360 km/h) : dommages considérables divers et destruction de nombreux bâtiments (toitures arrachées, vitres des fenêtres éclatées…), les terres basses sont inondées trois à cinq heures avant l’arrivée du centre de l’ouragan et doivent être éventuellement évacuées sur une distance de 8 à 16 kilomètres du littoral….

    Pour assurer une surveillance internationale des cyclones, l’Organisation météorologique mondiale (WMO) a découpé la planète en sept zones et a désigné des centres responsables pour chacun de ces secteurs : pour l’océan Atlantique Nord et le Pacific Nord-Est, le National Hurricane Center (NOAA) basé à Miami ; pour le Pacific Centre–Nord, le Central Pacific Hurricane Center basé à Honolulu ; pour le Pacific Nord-Ouest, le Japan Meteorological Agency basé à Tokyo ; pour le Pacific Sud et Sud-Ouest, le Fiji Meteorological Service basé à Nadi, le Meteorological Service of New Zealand Limited basé à Wellington, le Papua New Guinéa National Weather Service, basé à Port Moresby et le Bureau of Meteorology basé à Darwin et Brisbane, en Australie ; pour l’océan Indien Nord, l’India Meteorological Departement de New Delhi ; pour l’océan Indien du Sud-Ouest, Météo France basé à la Réunion ; pour l’océan Indien du Sud-Est, le Bureau of Meteorology basé à Perth et le Meteorology and Geophysical Agency of Indonesia basé à Jakarta.

    Ces centres météorologiques, en charge de la veille cyclonique, fournissent des bulletins d’informations réguliers sur l’évolution des situations et alertent les services et les autorités en charge de la sécurité civile. Grâce à ces systèmes d’alerte, de nombreuses vies sont sauvées chaque année. En 2002, l’ouragan Kenna de catégorie 5, qui fut historiquement le troisième plus puissant cyclone de l’océan Pacifique, a atteint la côte ouest du Mexique occasionnant de très nombreuses destructions (les bâtiments de la ville de San Blas ont été détruits à 95%), et la mort de 4 personnes. Un faible nombre de victimes obtenu grâce à la mise en place d’un plan d’évacuation, organisé 27 heures avant l’arrivée du cyclone.

    Face aux cyclones

    Même si les systèmes et les stades d’alerte cyclonique diffèrent suivant les pays et les zones, les procédures et les conseils restent globalement les mêmes pour tous ceux qui doivent faire face à la puissance d’un tel phénomène naturel. Un système d’alerte se décompose toujours en trois principales phases : avant, pendant, après.

    Avant : période où l’on conseille de constituer des réserves d’eau et de nourriture, de faire le plein des voitures, de mettre hors d’eau tout ce qui peut être endommagé par la mer ou des inondations, d’enlever tout ce qui peut devenir un projectile avec le vent, d’amarrer tout ce qui ne peut être rentré et de renforcer tout ce qui peut être détérioré, enfin de rentrer les animaux, fermer les issues, et se préparer à évacuer si nécessaire.

    Pendant : rester dans un abri sûr ou s’installer dans la pièce la plus sécurisée, écouter la radio et ne sortir sous aucun prétexte.

    Après : éviter les déplacements et conduire avec prudence dans les zones dégradées, éviter les zones instables ou dangereuses, faire attention aux serpents et autres animaux dangereux et attendre le rétablissement de la sécurité.

    Cependant, nous ne sommes pas tous égaux face aux cyclones car notre vulnérabilité est très variable en fonction des moyens dont nous disposons pour nous protéger et en fonction des lieux où nous nous trouvons.

    Dans les pays possédant un haut niveau de développement, de nombreux équipements et de gros moyens de réaction, le nombre de morts est souvent plus faible que dans d’autres régions du monde moins bien dotées, mais les destructions et les inondations peuvent y être aussi importantes.

    Le caractère exceptionnellement violent de ces phénomènes peut révéler les faiblesses d’une société qui a, avec le temps, a minimisé le pouvoir de la nature. L’urbanisation excessive (parfois dans des zones inondables), le bitumage et le bétonnage des sols ou la construction de multiples déviations des cours d’eau qui empêchent l’écoulement naturel des rivières.

    Autre écueil, la construction de digues insuffisantes pour se protéger de la mer, comme on l’a vu avec le drame de La Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina en 2005 (qui sera avec ses 1 833 victimes, le plus meurtrier de l’histoire des Etats-Unis) ; ou encore la sous-estimation du risque industriel comme l’a illustré encore récemment la diffusion de produits toxiques à l’usine chimique d’Arkema au Texas près de Houston, après les inondations provoquées par le cyclone Harvey.

    Par contre, dans des pays moins bien équipés, avec une population pauvre ne disposant pas, par exemple, d’habitats solides, construits sur des terrains sûrs, ou dans des régions ne possédant pas d’équipements capables de faire face à la violence d’un ouragan, la situation peut être absolument catastrophique. Le pire drame de l’histoire étant certainement le cyclone de Bhola, le 12 novembre 1970 au Bangladesh, qui fit entre 300 000 et 500 000 morts. Le cyclone de catégorie 3 avait frappé l’est du Pakistan, l’ouest de l’Inde et avait provoqué une inondation majeure du Delta du Gange sur une zone particulièrement peuplée.

    Réchauffement climatique

    Les scientifiques ne cessent d’alerter la communauté internationale sur les effets du réchauffement climatique en cours et sur la nécessité d’agir vite. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans son cinquième et dernier rapport de 2014, explique la corrélation entre le réchauffement climatique et le développement de perturbations météorologiques pouvant entrainer, entre autres, un réchauffement des océans, l’érosion des littoraux due à l’élévation du niveau moyen des mers et la dégradation de multiples facteurs qui entrainent une augmentation des dégâts dus aux cyclones, même à fréquence et à intensité constantes.

    Un message aujourd’hui entendu par presque toute la communauté internationale à l’exception de certains pays comme les Etats-Unis, aujourd’hui dans le déni bien que confronté plus que jamais à la violence des ouragans sur son propre territoire. Un constat que résumait encore récemment le climatologue Jean Jouzel, vice-président du GIEC : « Nous constatons une hausse de l’intensité des cyclones dans l’Atlantique Nord et des typhons dans le Pacifique et nous craignons des cyclones de plus en plus destructeurs…il faut (maintenant) passer aux actes ».

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