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    Visa pour l'image: hommage aux victimes de la «sale guerre» au Pérou

    media Une jeune femme de Cayara apporte des fleurs pour honorer les morts. Ayacucho, Pérou, 2017. © Angela Ponce Romero

    Le Visa d’Or humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge a été attribué cette année à une photographe péruvienne de 23 ans, Angela Ponce Romero. La remise de ce prix a eu lieu à l’occasion du 29e Festival de photojournalisme de Perpignan où la lauréate présente jusqu’au 17 septembre son exposition « Ayacucho ».

    De notre envoyée spéciale à Perpignan

    Cela fait longtemps qu’Angela Ponce Romero s’intéresse à l’histoire de son pays, et tout particulièrement à la période sanglante de la « sale guerre » des années 1980 et 1990. Durant ce conflit entre le groupe armé maoïste Sentier lumineux et les forces militaires péruviennes, 69 000 personnes ont été assassinées ou ont disparu. A cette comptabilité macabre, il faut ajouter 15 000 veuves, 38 000 orphelins, des milliers de personnes déplacées, handicapées et torturées.

    Voulant se documenter sur ces massacres et ces violences dont les victimes étaient en grande partie des pauvres paysans indiens vivant dans des zones rurales les plus reculées du pays, la jeune photographe s’est rendue dans la région d’Ayacucho dans les Andes à la rencontre des survivants et des familles de personnes disparues pendant les violences.

    « Lorsque je les ai rencontrés pour la première fois, raconte Angela Ponce Romero au micro de RFI, je n’ai pas apporté mon appareil photo. Je leur ai dit que je souhaitais témoigner de la lutte qu’ils menaient pour que justice soit faite, pour qu’on leur rende les dépouilles de leurs proches, pour que l’on retrouve leurs fils disparus. Et après réflexion, ils ont accepté d’être photographiés… Il n’y a pas de haine dans leurs cœurs. Ils veulent seulement réveiller les consciences et préserver la mémoire des victimes. »

    Cérémonies funéraires dans la province d’Ayacucho

    Les 26 photos présentées par Angela Ponce Romero dans le cadre du Festival de Perpignan ont été prises lors des cérémonies funéraires qui se sont déroulées à Ayacucho en 2016 et 2017. Sur l’une d’elles, on voit trois femmes devant un cercueil contenant des restes humains. « Ces femmes, explique la photographe, ont pu enfin récupérer la dépouille de leur père, après trente-deux ans de procédures et d’attente. » Une autre photo montre des personnes en larmes identifiant les vêtements que portaient leurs proches le jour de leur disparition. Sur la troisième, nous voyons un cortège de femmes accompagnant jusqu’au cimetière deux cercueils blancs.

    Angela Ponce Romero a aussi photographié des femmes et des enfants participant à des cérémonies religieuses. « Dans chaque village de la région d’Ayacucho, des commémorations des massacres sont organisées. Sur la place centrale du village, on allume les bougies, les habitants entonnent des chants en quechua. Dans certains villages, des sanctuaires ont été installés. Les descendants de victimes refusent d’oublier… »

    Le sort des femmes d’Ayacucho

    Lorsqu’en 2014, Angela Ponce Romero a commencé à travailler sur les victimes du Sentier lumineux, elle a découvert que 20 % d’entre elles étaient des femmes. Tuées, maltraitées, violées, mariées de force, enrôlées comme sentinelles par les guérilleros, elles ont souffert le martyre. « Aucune humiliation ne leur a été épargnée, ajoute la jeune photographe. Pour une femme d’Ayacucho, il est très important de porter les cheveux en tresses. Or, systématiquement, les terroristes leur coupaient ces tresses. »

    La plupart des photos d’Angela Ponce Romero ont été publiées sur internet ou dans la presse privée du Pérou. Les médias publics sont réticents. « Certains responsables politiques veulent faire table rase du passé, explique la jeune femme. Ils me disent que mon travail est une perte de temps et d’argent. Le prix que je viens de recevoir à Perpignan me convainc du contraire. Je pense qu’il faut à tout prix inscrire ces événements tragiques dans la mémoire collective. » Pour que le monde sache et que de telles atrocités ne se reproduisent plus ni au Pérou, ni ailleurs.

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