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    RFI.fr fête (déjà) ses vingt ans

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    Il y a vingt ans, début 1997, Radio France Internationale lançait son site internet dans un monde bien différent de celui d’aujourd’hui. Démarré avec les moyens du bord, le site n’a cessé de se transformer comme nous l’ont raconté ceux qui ont participé à cette évolution.

    Partant du principe que si vous ne dites pas du bien de vous-même, personne ne le fera à votre place, la rédaction de RFI.fr a décidé de façon totalement péremptoire et bassement auto-gratifiante de célébrer ses vingt ans d’existence sans que personne ne lui ait rien demandé. Vingt ans, convenons-en, ce n’est rien à l’échelle du temps mais c’est une éternité à l’aune du world wide web, tel qu’on l’appelait encore à l’époque de CompuServe et d’Alta Vista. Songez qu’il y a vingt ans (décembre 1996 pour être exact), la planète ne comptait que 36 millions d’internautes (soit 0,9 % de la population mondiale) contre 3,67 milliards, à l’heure actuelle, soit cent fois plus ! En 2016, pour la première fois de l’histoire du web, le chiffre de 50% d’humains connectés sur Terre a même été dépassé (50,1% pour être exact).

    Ce qui n’était au départ pour certains qu’un « gadget » et devenu, en deux décennies, un instrument incontournable de la diffusion de l’information, y compris pour un média comme RFI qui n’était que radiophonique à ses débuts. Même si le site internet de RFI s’exprime désormais en quinze langues différentes, ces milliards d’internautes potentiels ne se sont pas (encore) tous connectés sur nos pages. En attendant ce moment forcément inéluctable, nous avons voulu profiter de l’occasion que nous offrait ce vingtième anniversaire pour faire le point. Et surtout remonter le fil du temps avec quelques-uns des acteurs les plus emblématiques de cette saga, de la naissance du site début 1997 jusqu’à aujourd’hui, période faste qui nous permet d’envisager les vingt prochaines années avec un enthousiasme mêlé de curiosité dans cet univers de la communication mondialisée en évolution constante.

    Mais revenons à nos moutons du siècle dernier, cette époque précambrienne où Google n’existait pas et où les téléphones, certes déjà portables, ne servaient qu’à téléphoner. « C’était un moment où on ne percevait pas beaucoup les enjeux que ça pouvait représenter, internet », se remémore honnêtement Hugo Sada, initiateur du site et premier rédacteur en chef de RFI.fr. « A vrai dire, l’argument principal pour convaincre la hiérarchie, c’était que les autres radios internationales, notamment la BBC, s’étaient déjà lancées ». « A l’époque, poursuit Hugo, la direction nous avait dit : "faites vos preuves mais on n’a pas d’argent ; bricolez avec les moyens du bord. Et après, on verra"… ». C’est ainsi que RFI.fr vit le jour, avec très peu de moyens effectivement et une petite équipe de pionniers dont faisait aussi partie Alain Neveu, le premier webmestre du site, celui qu’on avait désigné comme tel « parce qu’il connaissait l’informatique ».

    « C’était l’époque des ‘hommes orchestre’ qui faisaient tout, explique celui qui est devenu, dès 2006, le responsable de la formation web des personnels de RFI. « Comme j’étais à la technique et que je connaissais le HTML [le langage de balisage permettant de créer du texte sur internet; NDLR], on m’a demandé si je voulais travailler ‘à l’internet’. A l’époque on ne savait pas trop ce que c’était, sinon que c’était lié à l’informatique », admet Alain. « Fabriquer un article ne prenait pas tant de temps que ça, nuance-t-il, car ce n’étaient ni plus ni moins que des copiés-collés de Word. On changeait la police pour de l’Arial [une police de caractères très utilisée encore aujourd’hui; NDLR], on mettait un titre bleu. Il fallait faire ensuite le lien de la page d’accueil du site sur l’article. Ce n’était pas très long mais tout était fait à la main, c’était du web 1.0 ».

    Un trophée dès la première année

    L'antique Clic d'or décerné en 1997 au site de RFI. Pierre René-Worms/RFI

    Assez vite, la direction de RFI a surtout saisi l’opportunité de mettre de l’audio en ligne, pour pouvoir permettre aux internautes d’écouter la radio RFI sur leur ordinateur. D’abord indirectement via un serveur basé à Washington qui s’appelait FranceLink puis directement depuis le site lui-même. « On était à un moment, se souvient Hugo Sada, où il y avait une suppression en chaîne des ondes courtes et une multiplication des émetteurs FM mais qui étaient encore assez concentrée géographiquement [un émetteur FM dépasse rarement les 50 km de couverture; NDLR]. Donc les auditeurs francophones qui avaient du mal à écouter RFI étaient intéressés bien sûr. Et ça a très très bien marché ».

    « Sinon, au niveau graphique, le site n’a pas trop bougé durant ces années-là (1997-2000). Ce qu’il a fallu faire surtout, c’est gonfler les contenus », enchaîne Hugo, tout fier quand même de rappeler que, dès sa première année d’existence, RFI avait décroché en France le prix du « meilleur site de média ». « C’était notre grande fierté ! On se baladait dans les couloirs de la Maison de la Radio en brandissant le trophée. On est allé le porter au PDG, Jean-Paul Cluzel ! » [après d’intenses recherches, nos équipes d'investigation ont fini par retrouver l’historique breloque au fond d'un placard poussiéreux, voir la photo ci-dessus ; NDLR]. Hugo Sada parti sous d’autres cieux, ce sont deux journalistes de la rédaction radio très portés sur les nouvelles technologies, Olivier Da Lage et Philippe Couve, qui prirent le site en main, à partir de mai 2000. Entourés désormais d’une équipe un peu plus fournie, ils lui ont fait franchir plusieurs étapes importantes, autant sur le plan du contenu que sur l’aspect technique.

    « Quand je suis arrivé, explique Philippe Couve qui dirige désormais la société Samsa spécialisée dans le conseil et la formation, on fabriquait encore le contenu sur Dreamweaver [l’un des premiers éditeurs de site web avec accès au mode texte ; NDLR], page après page, une par une. Il n’y avait pas de CMS [système de gestion de contenu ; NDLR]. Il n’y avait pas non plus de production d’actualité proprement dite, mais plutôt des dossiers, des articles de fond, souvent produits par MFI [Média France Intercontinent, une agence de presse écrite propre à RFI qui fournissait du contenu à différents médias francophones ; NDLR) ». « La première étape, reprend Philippe, a donc été le passage à une production quotidienne. On a eu aussi toute une série de refontes graphiques, qui allaient également avec des refontes des outils de production ».

    « Ensuite, poursuit-il, on a développé Sedna, un CMS qui a été développé en interne en fonction de nos spécificités à nous. Ça nous a changé la vie car c’était beaucoup plus adapté à nos besoins en termes de fonctionnement ». Philippe souligne également que cette période a marqué une montée en compétences des assistants d’édition qui ont été en mesure de produire plus de cartes, plus d’infographies et de traitement d’images afin d’enrichir les contenus du site. « Et ensuite, poursuit-il, il y a eu toute une phase où les gens de la radio ont été mis à contribution, avec des retours de reportages illustrés notamment ; ainsi que les chroniques, les revues de presse etc. qui étaient systématiquement mises en ligne sur le site ».

    De l’oral à l’écrit

    RFI a quitté la Maison de la Radio en 2013. O.Pelletant/RFI

    Cette collaboration entre l’antenne et la rédaction internet, pour ne pas éluder les sujets qui fâchent, n’est pas toujours allée de soi. Et elle continue encore, de temps à autres et comme ailleurs, à rencontrer des petites résistances car notre corps de métier reste assez compartimenté. « Il faut pourtant que tout le monde se mette dans la tête que RFI n'est plus seulement une radio, mais un média qui diffuse sur différents supports », aime à rappeler Darya Kianpour, actuelle rédactrice en chef et seule personne du service à avoir connu toutes les étapes et toutes les équipes successives, depuis vingt ans.

    Convaincre les journalistes de la radio de travailler aussi pour le site, tel fut aussi l’un des combats qu’eurent à mener Noëlle Velly et Pierre Ganz qui succédèrent à Philippe Couve en tant que directrice et directeur de RFI.fr. « Ce que j’ai proposé en arrivant en mai 2006, rappelle Noëlle Velly, c’est de récupérer la production radio pour la mettre en ligne, ce qui lui donnait, du coup, une profondeur qu’elle n’avait pas puisque, comme on le sait, une fois qu’un sujet est passé à l’antenne, il repasse une, voire deux fois ; et après, basta : il est mort ! Donc c’est à partir de là qu’on a commencé à prendre les papiers de l’antenne, tout en les remaniant un peu, pour passer du langage oral à la langue écrite ».

    Concomitamment, la rédaction internet – devenu ‘rédaction multimédia’ pour faire plus sérieux – s’est transformée en un service fonctionnant 24 heures sur 24, comme celle de la radio. Là aussi, il y eut des résistances, mais pas du même côté, au grand dam de certains débits de boissons proches de la Maison de la Radio soudain moins fréquentés, à certaines heures [RFI.fr n'a déménagé dans ses locaux actuels d'Issy-les-Moulineaux qu'en février 2013 ; NDLR]. « La seule contrainte que m’avait donné Schwartz (Antoine Schwartz, le PDG de l’époque) c’était : je n’ai pas un sou de budget ! », explique Noëlle Velly. « Donc le message, c’était : ‘faites-moi mieux avec rien’. Cela a été un tour de force. On a récupéré des gens qui étaient en rupture de boulots intéressants à la radio et qui se sont formés à internet, ce qui n’a pas été sans difficultés de tous ordres ». Le site s’est alors doté de pages thématiques (Sport, Culture, Musique, Sciences etc.) et s’est décliné petit à petit dans toutes les langues dans lesquelles diffuse RFI.

    Pressentant l’importance qu’allaient prendre les smartphones et les tablettes avec le déploiement du wifi et de la 3G, Noëlle se chargea ensuite de la partie « internet mobile » du site, passant le relais à Pierre Ganz, vétéran et figure de la radio en France. « Quand j’ai pris le site en charge, analyse ce dernier, Noëlle Velly l’avait déjà bien fait évoluer en en faisant un site plus réactif mais avec une grosse difficulté (refrain connu) : les gens de l’audio n’étaient pas vraiment intéressés à produire pour le site ». « A l’époque, juge Pierre, le site était donc plus un site d’actualité internationale écrit que vraiment le site d’une radio, et encore moins un site multimédia. Et puis il fonctionnait sur un CMS (système de gestion de contenu au cas où vous l'auriez oublié) qui commençait vraiment à dater ».

    En liaison avec France24 – notre consœur au sein de France Médias Monde – fut alors entreprise une double démarche : d’abord changer de CMS en passant au système Drupal et adopter aussi une ergonomie générale du site mixant l’accès à une radio (émissions, directs, personnalités de RFI, podcasts, flux) et en même temps à du contenu écrit sur l’actualité internationale, avec images et vidéo. « La rédaction audio a commencé alors à comprendre qu'internet n’était pas concurrent mais complémentaire, et était même une promotion », souligne Pierre Ganz, désormais retraité très actif, notamment en tant que vice-président de l’Observatoire de la déontologie de l’information.

    L’importance des mobiles et des réseaux sociaux

    Une partie de la rédaction, le 13 mars 2017. Pierre René-Worms/RFI

    « On est quand même sur des outils qui vieillissent très très vite parce que les innovations sont très nombreuses et très rapides », résume-t-il. « Le site qu’on a mis en ligne en 2009, je le trouvais super, vachement moderne ! Et puis très vite, je me suis rendu compte qu’il vieillissait. Mais les modifications qui ont été faites il y a trois ans et demi ont remis le site dans le bain de ce qui est moderne. Cela va tellement vite, insiste-t-il, que si tous les deux ou trois ans, il n’y a pas une refonte avec l’introduction de nouveaux outils et de nouveaux concepts, on se démode ».

    En charge du site depuis le 2012, notre directeur actuel, Christophe Champin - présent dès les débuts en tant que rédacteur, tout en ayant longtemps été reporter radio - abonde dans le même sens. « Ce qui m’a le plus marqué ces dernières années, reconnaît-il, c’est qu’il y a encore six ans, aucun d’entre nous n’aurait parié sur l’importance qu’allaient prendre le mobile et les réseaux sociaux. Or, depuis deux ans, on consulte plus le site sur smartphone ou tablette que sur poste fixe ». « Au début, ajoute Christophe, dont le titre exact est 'Adjoint auprès de la Directrice, en charge des Nouveaux Médias' (mieux vaut veiller à ne se fâcher avec personne), on considérait Facebook comme un plus. On trouvait que c’était une façon de ‘faire du buzz’, de mettre des petits sujets rigolos pour les internautes. Et puis, très vite, on s’est rendus compte que cela devenait une deuxième ‘home page’ (page d’accueil) et que, du coup, il fallait mettre de l’actu chaude et s’impliquer dedans à fond. Cela a été un énorme changement ! ».

    Alors que d’autres nouveautés sont dans les tuyaux et que, petit à petit, les sites gagnent de la reconnaissance en interne comme à l’extérieur (+ 48% de fréquentation en 2015, + 26% en 2016 pour RFI.fr), tous ceux qui ont participé à son évolution et œuvrent aujourd’hui à sa fabrication mesurent le chemin parcouru car rien n’a jamais été simple. Les plus anciens se souviennent en particulier du 11 septembre 2001 (les attentats terroristes à New York et Washington) et du 21 avril 2002 (Jean-Marie Le Pen au 2e tour de la présidentielle) quand le site est « tombé en carafe », selon l’expression consacrée, à cause d’un trop grand nombre de connexions, et qu’il a fallu tout refaire « à la main ».

    « L’autre grand moment pour moi, admet Christophe Champin, cela a été le lancement du nouveau site en 2013. Cela a été un énorme travail, extrêmement stressant. On se rendait compte de la difficulté de refaire un site, un boulot de fou ! Il a fallu penser à tout. On sentait qu’on passait dans une nouvelle ère, tout était compliqué techniquement ». Tellement compliqué que les créateurs de la nouvelle version du site en oublièrent même le B.A. BA : créer la petite loupe « recherche » sur la page d’accueil. Cette erreur collective fut assez vite réparée mais elle prouvait s'il en était besoin que, si personne n’est parfait, tout le monde patauge dans le même bain au fil de nos trépidantes aventures numériques.

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