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    En Zambie, les paysans tentent de réinventer l'agriculture

    media Abel Bwalya actionne sa «treadle pump» ou pompe à pédales pour irriguer ses cultures. Jean-Baptiste Sourou / RFI

    A cause du changement climatique, beaucoup de communautés rurales voient leurs maigres revenus diminuer et leur alimentation menacée. Pour les aider, le Fonds international pour le développement agricole (Fida) met en place, avec ses partenaires, des méthodes et outils aptes à protéger l’environnement et à améliorer leurs conditions de vie. C’est le cas dans certaines zones de l’Afrique, en particulier en Zambie.

    Trent Bunderson est un ingénieur agronome américain. Il a grandi au Kenya où il a effectué une bonne partie de ses études. Il est basé actuellement à Lilongwe au Malawi où se trouve le siège de Total Land Care, une ONG qu’il a cofondée et dont la mission est de promouvoir des techniques aptes à protéger l’environnement, et de soutenir les petits paysans. Ce sexagénaire est très bien connu des agriculteurs dans les zones les plus reculées de la Zambie où le Fida (Fonds international pour le développement agricole) finance des projets de développement. Son leitmotiv très apprécié dans ces communautés rurales : l’agriculture de conservation de l’écosystème ou AC. Il s’agit d’une méthode presque « magique » qui est en train de rendre heureux et confiants les paysannes et paysans malgré le changement climatique.

    Une technique peu coûteuse, respectueuse de l’environnement et de l’homme

    « C’est un système très simple qui vise à perturber le moins possible la terre », déclare Trent Bunderson. « Pas de labour, car c’est une pratique qui appauvrit énormément le sol. On sème sur de petites buttes et une fois terminée la récolte, on ne brûle pas les résidus, mais on les laisse dans les sillons pour protéger le sol, retenir le plus d’eau possible, pour conserver des matières organiques dans le sol, supprimer les mauvaises herbes, augmenter les activités bénéfiques des termites, des vers de terre et d'autres organismes. Cela permet aussi d’améliorer l'efficacité des engrais en réduisant les pertes résultant de la volatilisation et de la lixiviation », explique-t-il.

    « L’autre aspect de l’AC, poursuit l’agronome, c’est la rotation, l’association de cultures, et les cultures intercalaires. Ainsi, vous ne semez pas les mêmes plants sur le même sol année après année. En intégrant spécialement légumes et céréales, on a l’avantage d’améliorer la santé du sol, de lutter contre les parasites et autres maladies. Et surtout d’offrir une diversité dans le régime et les revenus des ménages ». Et ce volet revenu constitue un aspect très attrayant auprès des communautés rurales zambiennes qui abandonnent de plus en plus les vielles pratiques agricoles au profit de l’AC.

    Des résultats encourageants  

    « Le revenu est important, mais ce n’est pas le seul bénéfice que nous tirons de cette méthode », déclare avec beaucoup d’enthousiasme Ruth Chileshe, 56 ans, veuve, mère de sept enfants et grand-mère de dix petits-fils. Femme très dynamique, elle est bénéficiaire des projets financés par le Fida dans le village de Lwabwe, district de Kasama, au nord de la Zambie. « Je déploie moins d’efforts au champ. Je ne suis pas obligée de refaire les buttes et d’enlever beaucoup de mauvaises herbes à chaque semailles. Je me fatigue moins et j’ai plus de temps à consacrer à ma famille », dit-elle. En effet, l’AC, « c’est 32% à 45% d’efforts en moins pour obtenir de meilleurs rendements estimés entre 50% et 80% », précise-t-on au Fida.

    Derrière son habitation nouvellement construite grâce aux revenus de ses productions, se trouve son lopin de terre. Ruth vante encore les bienfaits de l’AC. « Là où aujourd’hui je récolte 35 sacs de manioc, haricots et maïs, j’en récoltais à peine 15 », affirme-t-elle. « Bien qu’étant veuve, poursuit-elle,  j’ai pu construire cette maison que vous voyez. J’ai acheté du ciment pour d’autres travaux et je projette d’électrifier mon habitation très prochainement. Puis je fais des cotisations pour mieux gérer mes épargnes ».

    Un champ où l'on pratique l'agriculture de conservation en Zambie. Jean-Baptiste Sourou/RFI

    A des kilomètres de là, dans le village de Mungwi, toujours dans le district de Kasama, même atmosphère de satisfaction auprès de Florence, 20 ans, et de sa sœur Lugwalo, 30 ans. Ces jeunes femmes gèrent cette année un champ de manioc associé au niébé et à l’arachide, selon les principes de l’AC. Mais leur problème majeur, c’est le marché pour l’écoulement des produits et les effets du changement climatique. Dans cette partie de la Zambie, les pluies arrivent soit tard et durent peu, soit à temps et elles sont trop abondantes ou insuffisantes.

    La « treadle pump » : pour être agriculteur toute l’année

    Abel Bwalya, lui, n’est pas agacé par les caprices des saisons. « Je suis agriculteur douze mois sur douze. Pendant la saison des pluies, je sème comme tout le monde et quand les pluies cessent, j’ai ma pompe et mes activités continuent », affirme-t-il.

    Coûtant à peine cent dollars américains, cette pompe à pédales est totalement mécanique. Elle s’actionne grâce aux mouvements des pieds. « Même mes enfants, y compris les plus petits, m’aident. C’est d’ailleurs une autre façon de les occuper », dit tout sourire Abel, lui qui a à sa charge dix enfants dont deux sont des orphelins provenant de sa belle-famille.

    Dans son jardin, situé près d’un étang d’où il prend l’eau, ce paysan de 46 ans dans le village de Nkolemfumu (nord de la Zambie) a planté, en pleine saison sèche, des oignons, des tomates et des haricots qu’il n’est d’ailleurs pas obligé d’arroser tous les jours. « Avec six heures de pompage, j’ai mon champ irrigué pendant quarante-huit heures. J’ai ainsi du temps pour me livrer à d’autres activités. Mes récoltes sont bonnes et s’écoulent bien. Je fais partie de l’épargne rurale. J’envoie tous mes enfants à l’école et mon fils aîné se spécialise en génie civile à l’université », précise-t-il avec une fierté désarmante, avant de conclure : « Je suis un paysan heureux ! ».

    Comme Abel, bon nombre de femmes et d'hommes bénéficiant des projets financés par le Fida, même s’ils ne le disent pas, laissent apparaître la joie d’avoir trouvé des interlocuteurs, des méthodes et technologies qui rendent agréable la vie à la campagne.

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