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    Rebecca Mpagi, le colonel qui défend la cause des femmes dans l’armée ougandaise

    media Le colonel Mpagi au quartier général de l'armée ougandaise à Kampala, juillet 2017. Charlotte Cosset/RFI

    Le colonel Rebecca Mpagi est l’une des plus haut gradées de l’armée ougandaise. Pilote de formation, elle a grimpé les échelons pour devenir aujourd’hui directrice des affaires féminines des Forces de défense du peuple ougandais (Uganda People's Defence Force, UPDF).

    De notre correspondante à Kampala,

    « Quand j’ai rejoint l’armée de l’air, il n’y avait pas de femmes à cette époque », se souvient le colonel ougandais Rebecca Mpagi. Elle est la première femme à avoir intégré l’Académie d'aviation civile de l'Afrique de l'Est, dans les années 1980. « Ils m’ont dit qu’ici, il n’y avait pas de femmes. Je leur ai répondu que toute chose avait un début. Mais les gens à l’école parlaient. Ils demandaient : "Comment cette fille fait-elle ? Où dort-elle ?" ».

    Difficile d’en savoir plus sur ses difficultés personnelles. Mais une expérience l’a marquée plus que tout. « Un jour, j’ai eu des problèmes avec mon officier. J’ai pleuré dans son bureau. Lorsqu’il a écrit mon rapport, il a dit que je travaillais comme une femme, me comportais comme une femme. Depuis cette époque, je me suis tenue droite et j’ai vraiment travaillé comme un homme ! ».

    Quand elle sort de l’école, elle débute au plus petit grade. A cette époque, Yoweri Museveni vient de renverser Milton Obote, en 1986. La nouvelle armée du président, appelée alors NRA pour « National Resistance Army », doit affronter la rébellion sanglante de l'Armée de résistance du Seigneur (« Lord Resistance Army », LRA), dans le nord du pays. De cette période, le colonel Mpagi garde des souvenirs encore vivaces.

    Top cinq des femmes les plus gradées

    « Lorsque nous trouvions des corps, nous devions les transporter à bord des hélicoptères. Je les portais avec mes collègues car nous n’étions pas censés atterrir », se souvient-elle. « Un jour, les hommes de la LRA se sont mis à chanter. Il a fallu décoller alors que je faisais le plein de l’hélicoptère. J’ai dû abandonner du matériel sur le terrain », raconte-t-elle encore comme si c’était hier. Un geste qui lui a valu des remontrances. « Mais on n’avait pas le choix », souligne-t-elle, encore émue.

    Tout sourire, chapeau militaire à la main et uniforme impeccable, Rebecca Mpagi revient avec plaisir sur son parcours militaire. Elle s’engage dans l’armée sans le consentement de sa famille. « Nous ne disions pas à nos familles à l’époque que nous voulions rentrer dans l’armée, sinon personne ne nous l'aurait permis », raconte-t-elle en riant. Sa sœur aînée a d’ailleurs longtemps plaidé pour qu’elle quitte les rangs.

    Aujourd’hui, le colonel Rebecca Mpagi est dans le top 5 des femmes les plus gradées de l’armée ougandaise. Au-dessus d’elle, une seule femme, un major-général. « Elle est un mentor pour moi », souffle-t-elle avec respect. Une progression pas toujours bien perçue par les hommes. Lorsqu’elle a été nommée directrice logistique, « les hommes n’ont pas du tout aimé ».

    « Un jour, un homme est venu me voir dans mon bureau, j’étais capitaine à l’époque », se rappelle-t-elle. « Toi, une femme ! Tu viens de nulle part et tu viens prendre le contrôle de notre bureau ? », lui a-t-il dit. Des mots qui semblent encore raisonner avec puissance. « Mon équipe m’a vraiment soutenue, affirme-t-elle. Mais aujourd’hui encore il y a des hommes qui ne veulent pas être dirigés par une femme ».

    « Nous devons être très prudentes »

    Sa mission à la tête des affaires féminines est de s’assurer « que toutes les femmes soldats et officiers sont bien formées afin de faire leur travail sans discrimination. Si elles rencontrent des difficultés, je les aide ou je fais remonter à la hiérarchie, là où elles pourront être aidées ». Surtout, elle veille de près à ce qu’elles soient protégées contre les violences de genre dès leur recrutement.

    Pour ce faire, elle poste des femmes partout dans la hiérarchie, lors du transport des troupes, des entraînements et des déploiements. Elle se veut intraitable sur cette question et affirme bénéficier d’un soutien logistique et juridique pour cela. Elle s'assure en amont qu'il n'y ait pas de violences de genre en faisant en sorte qu'il y ait des femmes un peu partout dans la hiérarchie militaire afin que les femmes soient toujours en contact avec d'autres femmes. Et si malheureusement, il y a des problèmes, elle a à portée de main un système judiciaire, la cour militaire pour juger les cas. « Ces institutions ont des lois et une cour militaire ». Elle assure que certains hommes mis en cause sont même démis de leurs fonctions.

    Si elle lutte contre toute sorte de violences et de discriminations à l’encontre des femmes, elle se veut aussi très exigeante avec les recrues. « Nous devons être très prudentes », estime-t-elle. L’Ouganda reste un pays aux traditions patriarcales. « On attend de nous la plus grande des disciplines », souligne-t-elle fermement.

    Il reste encore au colonel Rebecca Mpagi trois années de service, qui risquent d’être bien remplies et peut-être insuffisantes pour remplir la mission qu’elle s’est donnée : « Je veux partir lorsque les femmes seront suffisamment renforcées dans leurs capacités ».

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