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    Hebdo

    Au Festival de Sotchi, les Africains entre découverte et militantisme

    media Ndaba Mandela, le petit-fils de Nelson, partage son expérience avec plusieurs centaines de jeunes, notamment russes. RFI/ Romain Mielcarek

    Toute la semaine, au Festival mondial de la jeunesse et des étudiants, les Africains ont rejoint des jeunes venus du monde entier. Si certains ont poursuivi l’héritage politique de l’événement, la plupart n’avait que deux idées en tête : apprendre et s’amuser.

    « Ensemble avec le monde entier ». A Sotchi, pour le 19e Forum mondial de la jeunesse et des étudiants, la Russie affiche sa volonté de se rapprocher de tous. Les Africains sont évidemment concernés et invités en nombre à cette grande fête largement organisée par le gouvernement russe. Faute de chiffres officiels, difficile de dire combien ils sont parmi les 25 000 participants annoncés. Mais dans les couloirs et les alentours du village olympique, les couleurs de l’Afrique sont bel et bien au rendez-vous.

    Cette rencontre a mobilisé les efforts et les moyens financiers de l’ensemble des acteurs du pouvoir russe. Tous les ministères ont répondu présents, de même que les grandes entreprises. Pour séduire la jeunesse du pays et du monde entier, des monceaux de cadeaux sont distribués aux participants : smartphones, livres souvenirs, vêtements… Sans parler du gîte et du couvert. Un budget aussi considérable que confidentiel.

    Chasser les préjugés

    « En venant, on avait plein de préjugés, admet Servilia, une jeune artiste gabonaise. Nous pensions que les Russes étaient durs, que c’était une dictature. Et en fait, ils sont très accueillants. » Même réaction à propos du président russe, venu pour inaugurer le Festival, comme s’en amuse Jad, un étudiant marocain de l’Ecole de management de Strasbourg : « Si on suit la presse internationale, c’est un méchant. Ce qu’on a vu ici, c’est qu’il était plutôt apprécié ».

    A l’approche de l’élection présidentielle prévue en mars prochain, tous les observateurs attendaient un Vladimir Poutine qui n’est pas encore candidat. Lors de l’inauguration du Festival, son discours a raisonné comme un début de programme de politique étrangère. Dans ce cadre, Moscou s’intéresse au potentiel des différents pays du continent africain et a invité au Festival toutes sortes de talents émergents : danseurs, artistes, artisans, entrepreneurs et étudiants.

    La Russie entend séduire la jeunesse du monde entier, et notamment l'Afrique. RFI/ Romain Mielcarek

    Dans les principales conférences, les Africains restent relativement peu nombreux sur la scène, largement occupée par des Russes. Parmi les figures dont pourront s’inspirer les jeunes présents, le petit-fils de Madiba, Ndaba Mandela. Le conseil de cet entrepreneur de 35 ans ? « Il vous faut un mentor. Quelqu’un qui a de l’expérience, même dans un autre domaine, qui peut vous consacrer du temps. Quelqu’un qui croit en vous et en vos rêves. »

    L’espoir de retombées

    La plupart des jeunes Africains que nous avons rencontrés, comme beaucoup d’autres participants étrangers, ignoraient l’identité politique du Festival. Pour eux, l’objectif était avant tout de s’enrichir personnellement à travers les rencontres et de s’amuser. L’ampleur du spectacle en laisse même certains légèrement perplexes, comme Seid Aggrey, jeune Tchadien à la tête de l’association Génération ABCD : « Je pensais que c’était fait pour les jeunes entre eux. Je découvre Vladimir Poutine et un concert de One Republic en arrivant… Le Festival aurait dû rester plus modeste, entre nous ». Même réserve chez Islem, un étudiant algérien en biochimie : « Les participants sont de niveaux très différents. Certains sont de véritables experts, des docteurs, et puis pour d’autres, c’est une première expérience ». Lui qui espérait confronter ses projets à des regards nouveaux regrette le peu de réactivité de ses camarades.

    Une bonne relation avec la Russie est aussi perçue comme un moyen de contrebalancer celle avec l’Europe. C’est l’avis de Seid : « Les relations avec la Russie sont bonnes, mais froides. Nous nous tenons à distance. Le Tchad est le premier allié des Occidentaux contre le terrorisme. Pour le gouvernement, ce serait compliqué de se rapprocher de la Russie. Mais je pense que ça pourrait créer un moyen d’équilibrer les relations avec les Occidentaux. Avoir son lait qui vient d’une seule vache, ce n’est pas bon ».

    Pour Jad, le jeune Algérien, les échanges avec Moscou pourraient être économiques : « Ce serait bien d’avoir plus d’opportunités de business entre la Russie et l’Afrique. Elle pourrait, elle aussi, penser un peu plus souvent à ce partenaire ».

    « Camarades » africains

    Cette vision très consensuelle des relations entre nations ne colle pourtant pas à l’identité historique du Festival. Lors de ses débuts, celui-ci visait à réunir les jeunesses communistes du monde entier dans des pays amis de l’Union soviétique. Ensemble, ils réfléchissaient à la bonne façon de faire tomber l’impérialisme, autrement dit les Etats-Unis et l’Europe capitalistes. Les héritiers de cette pensée, repoussés dans une aile excentrée du Festival, ont poursuivi ces réflexions.

    Déjà peu nombreux dans la majorité des conférences les plus conventionnelles, les Africains se font rarissimes dans les assemblées communistes. Dans l’une d’entre elles, un jeune militant sud-africain anime la discussion et propose une tactique pour faire face à l’ « ennemi » : « Nous devons infiltrer le système capitaliste et ses médias de masse, pour faire passer notre message ». Applaudissements dans la salle. Il poursuit : « A la place des logos des marques affichés partout dans le Festival, ce sont les visages de Mugabe et de Che Guevara qu’il faut afficher ! »

    A tour de rôle, des militants du monde entier enchaînent commentaires, déclarations enflammées et questions à des intervenants… Qui n’y répondent pas souvent. Pendant que le reste de la jeunesse s’amuse, on tente de trouver le point commun entre la situation économique de la Grèce, les tensions au Venezuela et l’interventionnisme militaire occidental en Afrique. Puis on scande des slogans à la gloire de Fidel Castro, de Che Guevara, du Venezuela et plus timidement de la Corée du Nord. Les Camarades pourront repartir avec le sentiment du devoir accompli, sous les spots publicitaires des grandes banques russes.

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