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    Le combat international des peuples autochtones

    media Raoni, porte-parole de la communauté Kayapo, avec le secrétaire général à la présidence du Brésil, le 20 juin 2012 à Rio. Buda Mendes/LatinContent/Getty Images

    Peuples autochtones, premières nations ou peuples indigènes, quel que soit le qualificatif utilisé à travers le monde, ces noms sont utilisés pour désigner un ensemble de peuples, qui furent les premiers habitants d’un territoire. Des peuples, souvent dépendant d’Etats qui ne reconnaissent pas leurs droits, qui tentent de survivre sur des espaces isolés de plus en plus sollicités. Ils revendiquent la reconnaissance de leur identité, de leur langue, de leur culture, de leur mode de vie et de leur terre. Pour se faire entendre par la communauté mondiale, ces peuples ont investi depuis longtemps la Société des Nations et les Nations unies et disposent depuis dix ans d’un droit international spécifique : « La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones ». Elle est encore peu respectée.

    Les peuples Navarro, Pygmée, Kayapo, Tchouk, Maori ou encore Aborigène etc., qui depuis la nuit des temps, ont survécu en développant d’autres réponses, ont pendant très longtemps été fort peu considérés par les puissances dominantes, qui au nom de « la civilisation » ont tenté au mieux de les assimiler. En Occident, dans l’opinion publique en général, et même chez de nombreux intellectuels, c’est encore souvent dans l’imaginaire collectif une vision un peu primitive des peuples autochtones qui prévaut, façonnée par les idéologies des siècles passés. Les a priori et les clichés restent vivaces comme en témoigne encore la publicité ou le cinéma. Et même si aujourd’hui, en théorie, on peut se dire que les choses ont évolué dans les esprits, en pratique, sur le terrain, le non-respect des droits des peuples autochtones reste toujours d’actualité.

    Les évangélistes, notamment américains, mobilisent de gros moyens pour convertir tous les peuples les plus isolés. Les jeunes sont souvent les principales victimes et les conséquences sont catastrophiques pour la survie des traditions et des cultures. Autre exemple : les compagnies minières, forestières, ou les groupes agro-industriels, qui justifient généralement leurs actions au nom de l’intérêt national en « valorisant » les dernières zones « sauvages » non exploitées où vivent ces peuples, le font souvent dans le plus grand mépris de leur existence, créant des situations dramatiques pour l’environnement et les hommes qui en dépendent.

    Mais de plus en plus, ces petits peuples, dont l’avenir semblait totalement compromis face au bulldozer de la modernité, résistent et font valoir leurs droits face à de grosses multinationales ou des Etats puissants. Par exemple, en septembre 2014, l’Etat équatorien a dû demander pardon publiquement à la communauté amazonienne de Sarayaku (après leur avoir versé une compensation financière de plus d’un million d’euros) pour avoir autorisé des activités pétrolières dans les années 1990 sur leur territoire sans les avoir consultés. Dans cette affaire, la Cour interaméricaine des droits de l’homme avait condamné en 2012 l’Equateur pour avoir violé le droit des peuples à être consulté, les droits à la propriété communale indigène et à l’identité culturelle. Plusieurs combats de peuples autochtones en Amérique du Sud ont fait bouger les lignes. Dans certains pays, être Indien ce n’était pas valorisant il y a encore quelques années, mais depuis que les Indiens se battent pour défendre leurs droits et que leurs voix se font entendre sur toute la planète, beaucoup revendiquent leur « indianité », car être un Indien aujourd’hui, c’est être « un résistant, un rebelle ».

    Les Amérindiens ont joué très tôt un rôle moteur dans la lutte pour la reconnaissance des droits des peuples. Un combat qu’ils ont su porter dans les plus hautes instances internationales et qui est aujourd’hui celui de l’ensemble des peuples autochtones de la planète.

    La percée internationale des peuples autochtones

    En 1930, le chef iroquois Deskaheh tente d’entreprendre une négociation pour plaider la cause de son peuple en tant que nation souveraine et se rend à la Société des Nations (SDN) à Genève, convaincu que seule la communauté internationale peut l’entendre. Mais cette première tentative reste un échec, la SDN considérant que les nations amérindiennes ne sont que de simples minorités ethniques. Les Iroquois s’obstinent et envoient une délégation à New York pour la création de l’ONU, mais leur véritable entrée aux Nations Unies se fera bien plus tard. En 1977.

    Sur le site de Wounded Knee, dans le Dakota du Sud, l’armée des Etats-Unis massacra le 29 décembre 1890 entre 150 et 300 Amérindiens Lakota Miniconjous (dont 62 femmes et enfants) mettant fin à 400 ans de guerres indiennes. Mais un nouvel affrontement éclata 80 ans plus tard. Le 27 février 1973, 200 Sioux Oglala armés, membres et sympathisants de l’American Indian Movement (AIM), décident d’occuper le hameau de Wounded Knee pour protester contre les pratiques de chefs du Conseil tribal, accusés d’être du côté du pouvoir blanc. Ils prennent onze otages et s’opposent aux forces de l’ordre. Immédiatement, l’affaire s’envenime. Plus de 2 000 agents du FBI et d’autres forces sont mobilisés et encerclent les Amérindiens avec des véhicules blindés et des mitrailleuses. Le siège va durer 71 jours devant les caméras du monde entier. Ce dernier soulèvement armé fera deux morts parmi les manifestants, un blessé grave parmi les policiers et plusieurs blessés légers.

    Dans les années qui suivent, l’AIM devient la cible de la répression policière. Des procès et des accrochages violents se multiplient. Le leader amérindien de l’AIM, Leonard Peltier, est accusé du meurtre d’un agent du FBI à la suite d’une altercation mal élucidée et il est incarcéré. Toujours en prison actuellement, il est considéré comme le plus vieux prisonnier politique américain. Les jeunes Indiens revendiquent leur « indianité », c’est le « red power » ou le mouvement du renouveau indien qui aboutira progressivement à la reprise de négociations dans le champ international.

    Les peuples autochtones investissent l’ONU

    En septembre 1977 au Palais des Nations (ONU) de Genève, dans le cadre du Comité spécial des ONG internationales pour les droits de l’homme, une conférence internationale est organisée sur le thème de « la discrimination des populations autochtones dans les Amériques ». Cette conférence de taille modeste, à laquelle participent près de 250 personnes, comprenant des représentants d’une quarantaine d’Etats-membres de l’ONU, une cinquantaine d’ONG et des leaders autochtones provenant d’une soixantaine de nations venus de quinze pays américains différents, adopte une « déclaration de principe pour la défense des nations et peuples autochtones de l’hémisphère occidental » qui contient en substance tous les points des débats des années suivantes.

    Une autre « Conférence internationale d’ONG sur les peuples autochtones et la terre » est organisée en septembre 1981 et rassemble pour la première fois des représentants autochtones venant aussi d’autres continents (des Samé de Fennoscandie, des Aborigènes d’Australie…). La question autochtone devient universelle.

    Ces deux conférences de 1977 et de 1981 et le lancement d’une volumineuse étude (qui durera treize ans) sur Le problème de la discrimination des peuples autochtones par José Martinez Cobo et le Centre pour les Droits de l’Homme de l’ONU seront déterminants pour la création d’un groupe de travail des peuples autochtones au sein des Nations Unies. Ce groupe, qui s’étoffera, d’année en année, de délégations autochtones provenant de toutes les régions du monde, aboutira après des années de travail à l’élaboration du Droit des peuples autochtones.

    Il y a dix ans, une déclaration de l’ONU sur les peuples autochtones

    La « Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones », adoptée en séance plénière à l’ONU le 13 septembre 2007, protège près de 370 millions de personnes et leurs modes de vie à travers le monde. Le texte déclare notamment dans son article 3 : « Les peuples autochtones ont le droit à l’autodétermination. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel ». Un texte encore peu respecté par certains pays, comme à l’image des droits de l’homme, pas toujours appliqués.

     

    « Notre terre vaut mieux que de l’argent. Elle sera toujours là. Elle ne périra pas, même dans les flammes d’un feu. Aussi longtemps que le soleil brillera et que l’eau coulera, cette terre sera ici pour donner vie aux hommes et aux animaux. Nous ne pouvons vendre la vie des hommes et des animaux ; c’est pourquoi nous ne pouvons vendre cette terre. Elle fut placée par le Grand Esprit et nous ne pouvons la vendre parce qu’elle ne nous appartient pas… »

    Chef des Blackfeet du nord (vers les années 1800)

    « Nous aimons la tranquillité ; nous laissons la souris jouer en paix ; quand les bois frémissent sous le vent, nous n’avons pas peur. »

    Chef indien au gouverneur de Pennsylvanie en 1796

    « Les vastes plaines ouvertes, les belles collines et les eaux qui serpentent en méandres compliqués n’étaient pas « sauvages » à nos yeux. Seul l’homme blanc trouvait la nature sauvage et pour lui seul la terre était « infestée » d’animaux « sauvages » et de peuplades « sauvages ». A nous, la terre paraissait douce, et nous vivions comblés des bienfaits du Grand Mystère. Elle nous devint hostile qu’à l’arrivée de l’homme barbu de l’est qui nous accable, nous et les familles que nous aimons, d’injustices insensées et brutales. C’est quand les animaux de la forêt se mirent à fuir son approche que commença pour nous "l’Ouest Sauvage". »

    Chef Luther Standing Bear, Sioux Oglala

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