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    L’économie iranienne, otage du nucléaire

    media Le président de la République islamique d'Iran, Hassan Rohani, en 2015, dans la salle de contrôle de la centrale nucléaire de Bouchehr. MOHAMMAD BERNO / IRANIAN PRESIDENCY / AFP

    L’accord sur le nucléaire iranien a donné un nouvel élan à l’économie du pays qui se trouvait au bord de l’asphyxie. Mais Donald Trump a l’intention de le durcir en appliquant de nouvelles sanctions contre l’Iran pour son soutien au terrorisme. Il entend aussi négocier avec les partenaires européens une stratégie plus large. Pourtant, il a fait savoir aux Français et aux Allemands qu’ils pourraient continuer à commercer avec Téhéran. Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a tenu les mêmes propos en Inde. Comment les Etats-Unis pourront-ils sanctionner l’Iran en autorisant leurs alliés à commercer librement avec Téhéran ?

    Donald Trump a refusé, le 13 octobre dernier, de certifier l’accord sur le nucléaire iranien, mais il ne s’en est pas retiré, laissant ainsi l’initiative aux élus du Sénat et de la Chambre des représentants. Pourtant, il l’avait certifié en avril et en juillet.

    La certification n’est pas intrinsèque à l’accord. Il s’agit d’une loi américaine adoptée en mai 2015 qui oblige le président américain à certifier tous les 90 jours le respect par l’Iran des conditions de l’accord officiellement baptisé « Plan global d’action conjoint ».

    L’accord est respecté

    Cet accord, conclu et annoncé le 14 juillet 2015 à Vienne entre l’Iran et les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne, est devenu le 20 juillet 2015 une résolution du Conseil de sécurité (Résolution 2231). L’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA), dépendante de l’ONU, est chargée de contrôler son application. L’accord empêche l’Iran de se doter de la bombe atomique, mais il laisse le pays développer une filière nucléaire civile soumise à l’inspection régulière de l’AIEA.

    L’ONU atteste par l’intermédiaire de son agence que l’accord est bien respecté. Plusieurs centaines d’inspections ont été effectuées depuis sa signature. Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, chargée de présider la commission de suivi, certifie elle aussi que toutes les parties ont scrupuleusement respecté jusqu’ici l’accord.

    Donald Trump est d’un autre avis

    Pour le président des Etats-Unis, l’accord est mal préparé et profite avant tout à l’Iran, donc il doit être modifié. Pendant sa campagne, il avait même promis de le déchirer le qualifiant comme le pire de l’histoire américaine. Les élus du Sénat et de la Chambre des représentants ont 60 jours pour se positionner et déclarer s’ils souhaitent ou non que les sanctions de 2015 soient réimposées à l’Iran. Rien n’est définitif pour l’instant.

    En juillet dernier, lorsque Donald Trump a certifié à contrecœur l’accord, les responsables de l'administration ont annoncé qu'ils avaient l'intention de le durcir, d'appliquer de nouvelles sanctions contre l'Iran pour son soutien au terrorisme et d'autres activités déstabilisantes et de négocier avec les partenaires européens une stratégie plus large.

    L’économie iranienne respire

    Six séries de sanctions suivant les résolutions du Conseil de sécurité frappaient l’Iran depuis 2006. Ces sanctions étaient en lien avec le nucléaire et concernaient les secteurs de l’énergie, de la finance et du transport. Les sanctions liées au terrorisme et au non-respect des droits de l’homme ainsi que l’embargo sur les armes n’ont rien à voir avec cet accord. Elles ont été maintenues, d’où la déception des Iraniens après sa signature. Pourtant, l’accord a donné un nouvel élan à l’économie iranienne qui se trouvait au bord de l’asphyxie.

    L’inflation est tombée à moins de 10%. Elle était, il y a quatre ans, de plus de 40%. La production de pétrole est aussi repartie. Avant l’accord, elle s’était établie à 1 million de barils par jour. Désormais, le pays exporte 2,3 millions de barils de brut par jour. En 2016, plus de 10 milliards de dollars sont entrés dans les caisses de l’Etat. La communauté mondiale Swift de paiements interbancaires ne s’interdit plus de travailler avec les banques iraniennes. Le commerce avec l’Union européenne affiche 94% de hausse en un an. A lui seul, le groupe français Total a signé un accord de 4,8 milliards d’euros pour développer le projet d’un immense champ gazier dans le golfe persique.

    A quel point le refus de Trump peut-il affecter l’économie iranienne ?

    Il est difficile de dire à l’heure actuelle si l’Iran pourra rester dans l’accord au cas où les Etats-Unis réimposeraient leurs sanctions. Dimanche 22 octobre, M. Trump a fait savoir aux Français et aux Allemands qu’ils pourraient continuer à commercer avec Téhéran et qu’il n’a pas l’intention d’interférer dans les contrats que les Européens peuvent avoir avec l’Iran. Mercredi 25, le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, a tenu les mêmes propos en Inde. Mais les choses ne sont pas si simples. Dans le passé, lors des sanctions, les entreprises et les banques européennes qui se sont hasardées à faire des affaires avec Téhéran ont été pénalisées sur le sol américain.

    Dans leur véhémence contre le régime iranien, les Etats-Unis visent en premier lieu le corps des Gardiens de la révolution. L’un des paradoxes du dossier nucléaire iranien est que les sanctions internationales punitives pendant les années Obama ont renforcé le rôle de cette organisation paramilitaire dans l'économie iranienne. Au plus fort des sanctions, à partir de 2009, le gouvernement iranien s'est retrouvé coupé du crédit international. Avec le retrait des entreprises étrangères et la réticence des banques mondiales à financer le commerce ou l'investissement, Téhéran a été obligé de se tourner vers les Gardiens de la révolution pour que le pays continue à fonctionner. Mais cette solution a abouti à une sorte de monopole mettant entre les mains de cette organisation des pans entiers de l’économie.

    Avec la levée progressive des sanctions, le président iranien Hassan Rohani a essayé de diminuer la domination de ce corps d’élite sur l’économie de son pays et d’ouvrir la voie à une libre concurrence. Il n’a pas réussi, car ce n’est pas chose facile de débloquer le système. En écoutant les raisonnements de M. Trump, on s’aperçoit qu’il s’appuie sur le même argument mais va plus loin que son homologue iranien. D’après lui, les Gardiens de la révolution « ont détourné de vastes parts de l’économie iranienne et saisi les dotations religieuses pour financer la guerre et la terreur à l’étranger ». La raison pour laquelleil a autorisé le Trésor américain à les « sanctionner davantage ».

    Trois sociétés iraniennes blacklistées par le Trésor américain

    C’est ainsi que M. Steven Terner Mnuchin, secrétaire du Trésor, a immédiatement accusé dans un communiqué ce corps d’élite de soutenir par la force Qods, le régime de Bachar el-Assad, le Hezbollah, le Hamas et « d’autres groupes terroristes ».

    Ainsi, vendredi 13 octobre, trois sociétés iraniennes ont été blacklistées par le Trésor américain en raison de leur soutien aux Gardiens de la révolution :Rastafann Ertebat Engineering Company, de Shahid Alamolhoda Industries (SAI), Fanamoj et la Wuhan Sanjiang Import and Export Co. LTD, une société basée en Chine.

    La question qui se pose maintenant est de savoir comment les Etats-Unis pourront endiguer l’influence iranienne au Moyen-Orient en autorisant leurs alliés à commercer librement avec Téhéran. 

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