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    Hebdo

    #Metoo: de Twitter à la «vie réelle»

    media Manifestation le 5 mai 2012 à Paris après l'abrogation de la loi sur le harcèlement sexuel par le Conseil constitutionnel. AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT

    « L'affaire Harvey Weinstein », du nom du célèbre producteur hollywoodien accusé de viol par six femmes et d’agression sexuelle par des dizaines d’autres, a suscité une avalanche de réactions partout dans le monde. Sur le réseau social Twitter, les hashtags #Metoo et #Balancetonporc ont permis aux femmes de témoigner et de souligner l’ampleur du phénomène. Mais cette libération de parole soudaine et nécessaire peut-elle exister en dehors des réseaux sociaux ? C’est le pari des organisatrices de plusieurs rassemblements intitulés #Metoo IRL (« In Real Life », « dans la vraie vie » ) qui auront lieu ce mois-ci à Paris, Los Angeles ou encore New Dehli.

    Mi-octobre, en plein scandale Harvey Weinstein, un seul tweet d’Alyssa Milano invitant toutes les femmes victimes de harcèlement sexuel à utiliser le hashtag « Me too – moi aussi » pour « sensibiliser le grand public à l’ampleur du problème » avait suffi à enflammer Twitter. Plus de 2,5 millions de témoignages avaient afflué, attestant que le harcèlement comme les agressions sexuelles sont monnaie courante dans la vie des femmes, quel que soit le poste qu’elles occupent. A la suite des témoignages d’actrices hollywoodiennes victimes d’agressions sexuelles telles que Gwyneth Paltrow, Angelina Jolie, Judith Godrèche, Katherine Kendall, Emma de Caunes, Cara Delevingne ou encore Léa Seydoux, des anonymes ont raconté leurs propres expériences à l’aide du hashtag « Me too ».

    L’expression est apparue il y a dix ans, grâce à l’Américaine Tarana Burke, afin de rassembler les personnes victimes de violences sexuelles, notamment les personnes issues des minorités. « C'était un slogan à se passer de survivante à survivante pour montrer aux gens qu'ils n'étaient pas seuls et qu'un mouvement de la sorte était possible », a précisé la créatrice de « Me Too », avant de saluer la libération de la parole sur les réseaux sociaux.

    Ce nouveau hashtag devenu viral, tout comme ses équivalents français (#balancetonporc) et allemand (#keineKleinigkeit, « pas une broutille ») ont largement contribué à libérer la parole des femmes. Or la vague de témoignages et de mobilisation qui a déferlé sur les réseaux sociaux ne compte pas s’arrêter aux fils d’actualité Facebook et Twitter. Ils commencent peu à peu à se répandre dans la vraie vie et dans la rue.

    « Me too » IRL

    A Singapour ou encore Stockholm, des victimes ainsi que leurs soutiens sont déjà descendus dans la rue au mois d’octobre. D’autres villes leur ont emboîté le pas, comme New Delhi (29 octobre), Toronto (4 novembre), Houston (5 novembre), Los Angeles (12 novembre), ou encore Bristol (27 octobre). À l'initiative d'une jeune « femme et citoyenne », journaliste indépendante de profession, un événement en soutien aux victimes de harcèlement sexuel est également prévu dimanche 29 octobre à Paris.

    « J’ai vu un nombre impressionnant de #Metoo se déployer sur les réseaux sociaux et j’ai pensé qu’il fallait faire de ce mouvement plus qu’un hashtag, explique l’organisatrice de l’événement parisien, Carol Galand, contactée par RFI. La mobilisation « dans la vraie » vie se justifie car « tout le monde n’est pas sur les réseaux sociaux, notamment les anciennes générations, qui ont comme nous des histoires à raconter », explique Carol Galand avant d’ajouter que « c’est une bonne chose de se rencontrer pour de vrai, d’être ensemble et de dénoncer ensemble les violences faites aux femmes sur la place publique ».

    La jeune femme n’appartient à aucune association, elle souhaite que ce rassemblement soit apartisan et se réjouit que l’initiative ait fait des petits partout en France : à Rennes et à Dijon (25 octobre), à Nantes (26 octobre) et à Lyon, Montpellier, Lille, Marseille, Toulouse, Besançon et Pointe-à-Pitre en Guadeloupe le 29 octobre. Objectif : sortir des réseaux sociaux et prendre la rue pour montrer que les femmes sont « des milliers et des milliers à devoir vivre, encaisser, digérer et gérer ces expériences souvent traumatisantes », écrit sur Facebook Carol Galand.

    Le mouvement Metoo peut-il exister au-delà d’Internet ?

    « Toute manifestation, si elle arrive à rassembler, contribue à changer, même si c’est de façon marginale, la représentation du problème. Le débat est mis sur la place publique, et même si ça ne fera pas disparaitre le sexisme du jour au lendemain, cela permet de diffuser la réalité de ces pratiques, et c’est déjà important », explique Marylène Lieber, professeure de sociologie et spécialiste des études de genre, auteure de l'ouvrage Genre, violences et espaces publics. La vulnérabilité des femmes en question.

    Difficile d’anticiper l’impact à long terme de ce mouvement, car il dépend de nombreux facteurs, à commencer par la façon dont le sujet est relayé et entendu par les gouvernements, la presse et les institutions. Au lendemain de l’élection de Trump, la « Marche des femmes » avait rassemblé plus de 500 000 personnes à Washington et avait été largement médiatisée. Cette manifestation avait contribué à orienter le débat sur les agissements du président américain, et une vague de solidarité féminine s’était exprimée dans plusieurs villes du monde (notamment à Paris).

    Au-delà de la rue, des leviers sont possibles pour que le mouvement Metoo ne reste pas un épiphénomène. Selon Marylène Lieber, si la loi est un domaine qui peut apporter des réponses au problème, il est loin d’être le seul. « L’éducation est primordiale sur ce sujet : il faut essayer de sortir de la culpabilisation des filles et davantage éduquer les garçons. De nombreuses campagnes dénoncent le fait qu’on apprend aux petites filles à ne pas se faire violer, alors qu’il faudrait apprendre aux garçons à ne pas violer », indique-t-elle.

    Le sujet du harcèlement et des agressions sexuelles peut-il obtenir une place pérenne dans le débat public ? Quelques signes sont encourageants : le sujet est arrivé au Parlement européen mercredi 25 octobre, et les eurodéputés se sont joints aux appels à briser le silence sur les cas de harcèlement sexuel. Mais pas de quoi se réjouir trop vite : l’hémicycle était largement déserté par les députés.

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