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    Europe: les acteurs de l’économie sociale veulent aussi faire leur mue numérique

    media Ce Web Summit 2017 a été l'occasion pour les entrepreneurs sociaux du Social Good Accelerator d'obtenir des appuis à leur mouvement. PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP

    L’Economie sociale et solidaire (ESS) est-elle la grande oubliée de la transition numérique qui s’opère à l’échelle mondiale et particulièrement en Europe ? Une initiative franco-portugaise, soutenue par la fondation La France s’engage de François Hollande et la French Tech, demande en tout cas aux instances bruxelloises un véritable soutien au secteur dans ce domaine, à l’heure où les apports des nouvelles technologies se mesurent essentiellement en gains de temps ou en croissance du chiffre d’affaires.

    De notre envoyé spécial à Lisbonne,

    Dans les travées du Web Summit, le grand raout annuel de la Tech mondiale qui s'est tenu à Lisbonne du 6 au 9 novembre, il y avait évidemment les légions d’entrepreneurs venus approcher d’éventuels investisseurs. Les dirigeants politiques venus mettre en garde contre les méfaits d’une technologie mal maîtrisée. Les représentants de grandes rédactions venus exorciser un avenir qu’on leur promet dominé par les champions de la Silicon Valley.

    Et dans ce ballet ininterrompu de sollicitations orchestré à la minute près, une délégation paraissait nager à contre-courant. Une équipe d’une vingtaine de hérauts du secteur de l’Economie sociale et solidaire (ESS), ce pan de l’économie qui rassemble associations, coopératives, mutuelles, fondations mais aussi les entreprises animées par la recherche de l'utilité sociale plutôt que de la rentabilité et du profit.

    L’ESS pèse pour 10 % de la richesse produite au sein de l’Union européenne (UE). Elle est aussi à l’origine de la création d’un quart des emplois sur le continent. Mais elle souffre encore d’un déficit d’image dans certains pays et se voit désormais confrontée, à l'instar de l’ensemble des secteurs, à un impératif d’adaptation aux évolutions technologiques. De ce constat est né l’idée d’impulser un mouvement qui transcende les frontières hexagonales où l’ESS est, comparativement, plutôt bien lotie.

    «  J’ai découvert qu’au Portugal [où le Web Summit s’est déroulé pour la deuxième année consécutive], cet écosystème était aussi plutôt dynamique, détaille Jeanne Bretecher, fondatrice de Génération2 Conseil. On s’est dit qu’on allait lancer un mouvement franco-portugais, le Social Good Accelerator.  » L’idée a germé il y a un an, toujours au même sommet. «  J’y avais rencontré des start-ups, des grosses boîtes qui avaient déjà élaboré des projets de philanthropie, etc. Très vite, je me suis dit  "C’est dingue, ces sujets sont super tendances. Il y a une appétence, il y a une volonté d’engagement." Paradoxalement, les grands absents de ce sommet étaient les associations, les entrepreneurs sociaux, car ça coûte cher et qu’ils ne se sentent pas toujours concernés, concentrés qu’ils sont sur leur activité sociale. Et aussi parce que personne ne s'est posé la question de la pertinence de leur présence dans ce type de rassemblement de décideurs politiques et économiques. »

    Manifeste européen

    La création du Social Good Accelerator, soutenue par la Fondation La France s'engage de François Hollande, s’est doublée d’un appel pour que les instances européennes reconnaissent et promeuvent les initiatives innovantes dans le secteur de l’Economie sociale et solidaire.

    « L’innovation sociale [en Europe] n’est pas considérée comme de l'innovation à part entière aujourd’hui, regrette Jeanne Bretecher. Le Fonds social européen (FSE) finance certes un peu d’innovation sociale mais ce n’est pas vraiment un sujet encore. Il n’y a toujours pas de commissaire européen dédié au secteur, par exemple. »

    Le manifeste, disponible à la signature sur Internet, préconise ainsi de dégager des « lignes budgétaires » dans le programme de recherche européen ou encore de favoriser le lien entreprises-associations pour faciliter la transition numérique de ces dernières.

    Mais l’innovation sociale est-elle vraiment le parent pauvre des investissements européens  ? « Il y a plein de projets innovants à fort impact social [appuyées par l'UE], mais ils ne sont pas encore ordonnés et identifiés sous un même chapitre "social good" », nuance Gilles Babinet, représentant du secteur numérique français auprès de la Commission européenne.

    « Au-delà de ça, la Commission est une instance qui a été longtemps très technocratique, poursuit-il. On le lui a beaucoup reproché. Or, tout ce qui revient à donner une direction claire dans l’innovation sociale est plus un message de nature politique. Donc, c’est un peu normal que ça n’ait pas vraiment émergé. Aujourd’hui la Commission, notamment sous l’impulsion française, délivre un message un peu plus politique. Le dernier discours de l’Union le portait. Je pense qu’on va commencer à se dire que si on a une coordination des actions sous cette étiquette, ce sera plus efficace. »

    L’année dernière, le rapport du groupe d’experts de la Commission sur l’entrepreneuriat social (GECES) préconisait lui aussi de «  soutenir la représentation de la communauté de l’entrepreneuriat social au niveau de l’UE » ou encore de « promouvoir le partage mutuel des connaissances et des relations commerciales » entre les entreprises traditionnelles et les entreprises sociales.

    Impliquer les géants de la Tech

    Si le manifeste est adressé à la commissaire européenne pour l’Economie et la société numériques, Mariya Gabriel, l’ensemble des grandes entreprises de la Tech sont incitées elles-aussi à appuyer le mouvement. De ce côté-ci, « il y a de bonnes intentions, notamment car ces entreprises sont composées des fameux "millennials" [la génération qui a grandi avec les débuts d’Internet] en quête de sens dans leur travail. [Leurs directions] ont bien conscience que ça a une vraie valeur - notamment en termes de ressources humaines - de les faire travailler sur ces sujets, mais elles ne vont pas jusqu’à se dire que c’est un sujet suffisamment important pour aller répondre à un besoin d’utilisateur et donc analyser des publics qu’ils ne connaissent pas, poursuit Jeanne Bretecher. Car ce ne sont pas des publics qui ont les moyens de se payer leurs services. »

    Dans le secteur du numérique, la volonté d'agir est pourtant manifeste : les initiatives à vocation sociale - souvent isolées - bourgeonnent à travers le continent, comme l’a encore noté la fondation Nesta dans un récent rapport. Mais dès le préambule, son directeur Geoff Mulgan ne pouvait lui aussi que regretter que « trop souvent, le pouvoir et l'argent publics sont enfermés dans des méthodes beaucoup plus traditionnelles, et monopolisées par les grandes entreprises […], dans une poignée de secteurs hyperconnectés. »

     → A (RE)LIRE : France : l’arrondi solidaire, une idée simple pour une grande ambition

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