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    Hebdo

    [Reportage] Colombie: avec la paix, le long travail de déminage progresse

    media A Vista Hermosa, en Colombie, des employés de Handicap International participent au déminage de la région. RFI/Sarah Nabli

    Après plus de 50 ans de guerre civile, la Colombie a signé, le 24 novembre 2016, un accord de paix historique avec les FARC. Un an après, le déminage s’intensifie dans les zones marquées par le conflit. La majorité des municipalités colombiennes sont concernées, faisant de la Colombie le deuxième pays au monde le plus affecté par les mines antipersonnel après l'Afghanistan. Handicap International agit dans plusieurs localités, dont la ville de Vista Hermosa, dans le département du Meta.

    De nos correspondantes,

    En cette journée ensoleillée, le village de Vista Hermosa, situé à plus de 200 kilomètres de la capitale Bogotá, se réveille tout doucement. Quelques habitants matinaux prennent leur petit-déjeuner aux terrasses des tiendas, les épiceries colombiennes.

    Depuis quelques mois, ils sont habitués à voir passer les véhicules blanc et bleu de l’ONG française Handicap International. Pour beaucoup, c’est un soulagement. « Cela veut dire qu’on tourne une page et qu’on est réellement en paix », sourit Santiago Fernandez, un vieil homme coiffé du chapeau traditionnel colombien.

    Car Vista Hermosa revient de loin. Elle est aujourd’hui connue comme la municipalité la plus touchée par les mines en Colombie. Depuis 1990, 363 victimes et 612 rapports d’incidents y ont été enregistrés.

    Bastion historique des Forces armées révolutionnaires de Colombie, les FARC, la région était stratégique pour ses routes qui mènent vers le Venezuela et la cordillère des Andes orientales. Pendant des décennies, de nombreux groupes paramilitaires s’y sont affrontés pour le contrôle territorial et la mainmise sur les cultures de coca et de marijuana.

    « Les accords de paix ont ouvert cette zone aux ONG. Cinq opérateurs de déminage interviennent ici. Handicap International a la plus grande puisqu’elle représente 73 % de la municipalité », explique Pauline Boyer, coordinatrice des opérations de déminage en Colombie pour l’ONG.

    « Ces zones nous font peur »

    Depuis février, deux équipes d’enquête dites « non-techniques » passent de maison en maison pour se présenter et demander aux habitants s’ils connaissent des sites contenant des mines ou des engins explosifs, s’ils ont entendu des explosions dans le coin ou si des groupes armés passaient dans cette zone.

    « Dans un contexte compliqué de post-conflit tout récent, il y a encore beaucoup de méfiance, raconte Pauline Boyer. Cela prend beaucoup de temps de créer ce lien de confiance avec la communauté, pour que les gens acceptent de donner ces informations ».

    Cet après-midi, l’équipe « non-technique » dirigée par Victor Ramos se rend à 16 kilomètres du village. Juan David Cuchimba, un paysan, leur indique les zones dangereuses où il y aurait des mines ou des engins explosifs.

    « C’était un chemin emprunté régulièrement par des groupes armés en 2005. Ils sont venus nous menacer plusieurs fois à notre ferme, on a dû s’enfuir mais nous sommes revenus et aujourd’hui, ces zones nous font peur, raconte-t-il. Surtout que c’est un chemin que mes enfants empruntent pour aller à l’école. On voudrait une terre propre pour pouvoir la cultiver librement ».

    À l’aide d’une bombe de peinture rouge, Victor Ramos indique sur les troncs des arbres les zones dangereuses à éviter. Un travail de fourmi puisqu’il faudra ensuite cartographier le site et lui donner un niveau de priorité.

    Objectif déminage : 2021

    Handicap International compte 20 démineurs à Vista Hermosa et 46 au total en Colombie. Les opérations de déminage ont commencé début octobre sur deux zones de respectivement 9 500 mètres carrés et 12 800 mètres carrés. Pour l’instant, 19 munitions de faible calibre ont été trouvées mais aucune mine.

    « Nous avons déjà libéré 3 000 mètres carrés. Le but n’est pas forcément de trouver des mines mais de rendre accessible des territoires qui ne l’étaient pas avant. Enlever le doute et les craintes à la population. Je suis heureuse quand je vais voir un paysan et que je lui dis "maintenant tu peux être tranquille ici, il n’y a plus rien à craindre". Ce sont des populations qui ont beaucoup souffert du conflit », souligne Martha Quintero, responsable des opérations de déminage dans le département du Meta, où se trouve Vista Hermosa.

    Les démineurs travaillent six jours sur sept pendant six semaines. Ils ont ensuite deux semaines de repos. « Ils viennent tous de Vista Hermosa et des alentours. Nous avons lancé un appel à candidature à la mairie. J’ai reçu près de 900 CV et j’ai ensuite fait une sélection avec mes responsables. Ils ont été formés en décembre 2016. Il est important de recruter des personnes locales pour pérenniser les opérations dans la région », précise Martha Quintero.

    Car dans le Meta, comme partout en Colombie, il faudra des années pour déminer les municipalités du pays. Le gouvernement s’est pourtant donné l'ambitieux objectif d'être libéré de ces explosifs d'ici 2021. Au total, 11 513 personnes en ont été victimes.

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