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    Afrique du Sud: des townships mixtes mais pas mélangés

    media Le township de Munsieville, à une trentaine de kilomètres de Johannesburg, compte 15 000 habitants, dont 300 Afrikaners arrivés il y a trois ans. RFI/ Noé Hochet-Bodin

    Plus de 20 millions de Sud-Africains habitent les nombreux townships qui bordent les grandes villes du pays, soit plus d’une personne sur trois. Parmi eux, une immense majorité de Zoulous, de Xhosas ou de Vendas y habite souvent depuis l’époque de l’apartheid. Récemment, quelques milliers d’Afrikaners ont dû déménager dans ces bidonvilles. Si cohabitation il y a, la confiance est encore loin d’être partagée.

    Le gourbi d’Elize Saunders trône à l’entrée de la nouvelle extension du township de Munsieville. De chez elle, elle peut regarder « sa » partie du township à gauche, « leur » partie à droite. Depuis trois ans, Elize et environ 300 autres Afrikaners ont posé leurs caravanes, leurs maisons de tôle et leurs toilettes préfabriquées dans le township de Munsieville, habité par plus de 15 000 Sud-Africains noirs depuis plus d’un demi-siècle.

    Elize, 40 ans mais le visage déjà marqué par les conditions de vie rudimentaires, a pris la décision de venir ici. « J’ai choisi cette vie, affirme-t-elle sans remords. Mon mari me battait. Il battait nos enfants. Il buvait trop et ne savait pas s’arrêter. » Les 300 Afrikaners de Munsieville ont chacun leur raison d’avoir déménagé dans ces bidonvilles : mari violent, perte de travail, alcool, maladie, etc. D’après les statistiques nationales, 1% des Blancs seraient en dessous du seuil de pauvreté en Afrique du Sud, contre 64% pour la communauté noire et 41% pour la communauté métisse.

    Munsieville se trouve sur une colline, à une trentaine de kilomètres de Johannesburg. Si le township est habité depuis les années 1930, la nouvelle extension s’est construite sur les restes d’une déchetterie. « C’est une décision de justice qui nous a obligés à venir ici, assure Elize. Avant, nous squattions un camp composé uniquement de Blancs, à quelques kilomètres d’ici. Personne ne cherchait de travail. A Munsieville, c’est mieux. Il y a plus d’opportunités. »

    Louis Voolh, la cinquantaine, n’avait pas retrouvé d’activité après un accident du travail. Aujourd’hui, il répare de temps à autre les voitures des habitants du township. « J’ai eu cet accident lorsque je travaillais au Cap et je n’ai pas eu d’aides pour m’en sortir. Je ne m’en fais pas pour moi, cela ne me dérange pas de vivre ici, même si les conditions de vie sont primaires, dit-il en ouvrant la porte des toilettes préfabriquées que se partagent plusieurs foyers ici. Mais je ne veux pas que mes filles vivent ici. Il faut qu’elles partent le plus vite possible. » Parmi elles, Jannet, 15 ans. Elle espère un jour suivre les traces de son père en devenant mécanicienne. Plutôt que Munsieville, elle vise plutôt l’Angleterre ou l’Australie, comme nombre de jeunes Blancs sud-africains.

    Deux mondes si proches, si loin

    L’entrée de la minuscule partie Afrikaners du township est bien marquée. La route s’arrête brutalement, laissant la place aux cailloux de l’ancienne décharge. Mais au-delà du sentier, c’est un monde qui sépare les deux parties. « Les habitants du township nous ont très bien accueillis lorsque nous sommes arrivés, jure pourtant Elize. Ils nous ont apporté de la nourriture. Mes enfants allaient jouer avec leurs enfants. » Cela a duré trois, six mois selon les différents témoignages. Ensuite, la défiance. Pourtant, en trois ans, aucun problème n’a été recensé.

    « Ils boivent trop, c’est trop dangereux », lâche Louis. Maintenant qu’il répare les voitures, il demande systématiquement aux propriétaires de les amener jusqu’à chez lui. « Si je vais les réparer de l’autre côté, je me ferais voler mes outils, c’est sûr », dit-il. Louis, comme tous les Afrikaners de Munsieville, n’a pas placé ses enfants dans l’école du township mais dans une école afrikaans voisine. Et lorsqu’il va à la messe, ce n’est pas dans l’église qui trône au milieu de Munsieville, mais dans une chapelle afrikaans. Autant de marques d’entre soi qui sont très mal vécues de l’autre côté.

    En effet, entre les deux townships, une petite baraque en bois tient laborieusement en bord de chemin. Elle est semblable à un poste de douane. C’est un magasin de tabac tenu par Jerry et Mpilo, tous les deux nés à Munsieville. Ils ont été aux premières loges lorsque les Afrikaners se sont installés il y a trois ans. « On a tout fait pour entrer en contact avec eux à l’époque. Je ne comprends pas pourquoi ils ne cherchent pas à échanger avec nous », lâche Mpilo, amer.

    Un seul couple mixte dans le bidonville

    La frustration vient principalement des dons faits aux habitants. Selon l’association afrikaner Afriforum, moins d’un Blanc pauvre sur trois bénéficie d’aides de l’Etat. Ils sont donc dépendants des organisations caritatives. Elize avoue ne payer qu’une centaine d’euros pour acheter les livres scolaires. Le reste, elle le reçoit de la part d’association comme Helping Hands, une succursale d’Afriforum. Problème, la distribution se ferait de façon sélective selon Jerry, le vendeur de tabac : « Je n’ai pas peur de dire que la distribution de nourriture se fait selon la couleur de peau, que c’est raciste. C’est d’abord les Blancs, et s’il en reste on donne aux Noirs. Nous, on a le droit à rien ! Ils sont devenus extrêmement égoïstes ! »

    Cette fracture est aussi visible au sein même de la partie afrikaner du township. Erika et Derrick attendent leur troisième enfant. Elle est afrikaner, lui zoulou. C’est le seul couple mixte dans ce bidonville. « On est mal vu des deux côtés, mais surtout par les Afrikaners, selon Derrick. C’est compliqué de vivre au milieu d’eux, mais on essaye de ne pas y prêter attention. »

    Lorsque l’on évoque l’avenir de ces deux communautés, Jerry explose, fataliste : « Avant, pendant l’apartheid, nous étions séparés, ils vivaient dans un autre monde. Mais maintenant que nous sommes tous pauvres, dans la même galère, on pourrait s’épauler ! Mais en fait, ils n’ont pas changé ».

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