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    Hebdo

    De bonnes nouvelles de Bosnie-Herzégovine

    media Vue aérienne de Sarajevo, la capitale et la plus grande ville de Bosnie-Herzégovine ELVIS BARUKCIC / AFP

    Depuis la fin des guerres des années 1990, les pays issus de l'ancienne Yougoslavie ont mauvaise presse et ils semblent toujours déchirés par des conflits communautaires insolubles. La solidarité entre citoyens ne s'est pourtant jamais démentie, notamment en Bosnie-Herzégovine, malgré la crise économique et les tensions nationalistes alimentées par les hommes politiques. Petit tour des bonnes nouvelles en provenance de Sarajevo.

    De notre correspondant régional,

    Depuis 1995 et la fin de la guerre, les élections se suivent et se ressemblent en Bosnie-Herzégovine, confortant la mainmise sur le pays de politiciens jouant sur les réflexes nationalistes de la population pour se faire réélire. Alors que la région s'enfonce dans une crise économique sans fin, que la société civile est anesthésiée par une corruption endémique, la majorité des jeunes préfèrent tenter leur chance à l'étranger. Pour les générations nées après le conflit, comment imaginer vivre dans un État uni alors que le pays est toujours divisé en deux entités, la Fédération et la Republika Srpska, et alors que les élèves bosniaques, croates et serbes étudient dans des établissements différents ? Comment imaginer un futur en commun alors qu'il est de plus en plus difficile de se rencontrer et de construire des liens ?

    Un constat sombre qui n'empêche pas certains habitants de Bosnie-Herzégovine de résister. À Jajce, une petite ville du centre du pays, les autorités du canton de Bosnie centrale souhaitaient ouvrir une nouvelle école pour les Bosniaques, ce qui les aurait éloignés de leurs camarades croates, mais c'étaient sans compter sur les lycéens, qui se sont battus pour briser le cercle vicieux de la division. Durant de longs mois, les élèves ont dénoncé, manifesté et affirmé leur refus d'être séparés. Saluée par dix-huit ambassadeurs étrangers dans le pays, leur initiative a finalement porté ses fruits, obligeant les politiques à faire machine arrière. Les jeunes de Jajce étudient donc cette année sur les mêmes bancs. Un exemple encourageant et une initiative qui pourrait faire tache d'huile, alors que plus de 20 ans après la fin des combats, les communautés de Bosnie-Herzégovine apprennent des versions différentes de l'histoire de leur pays.

    Au terme d'une guerre qui a fait 100 000 morts et plus de deux millions de réfugiés, la paix négociée par les accords de Dayton avait entériné les découpages territoriaux dessinés par l'avancée des lignes de front et les déplacements massifs de populations, conséquences de « nettoyages ethniques » croisés. Mais dans certains villages, des réfugiés sont revenus et d'anciennes solidarités sont réapparues. À Gornja Lohinja, un hameau situé à une trentaine de kilomètres au nord-est de la grande ville de Tuzla, deux anciens soldats se serrent les coudes et leur histoire a été reprise par toute la presse de Bosnie-Herzégovine.

    Main dans la main pour rénover un édifice religieux

    En fauteuil roulant depuis 23 ans, Hasib Salkanović a été blessé lorsqu'il combattait au sein de l'Armée de Bosnie-Herzégovine. Ce qui ne l'empêche pas aujourd'hui d'héberger Risto Stanković, ancien membre de l'Armée de Republika Srspka, lui aussi invalide de guerre. Les deux hommes s'entraident pour les travaux des champs et pour la survie au quotidien. « Le fait que nous ayons été dans des camps opposés pendant la guerre n’est pas une raison pour nous haïr. Par contre, la jeunesse d’aujourd’hui est en train de se faire pourrir. Les coupables, ce sont les médias, le système scolaire et la politique », regrette Hasib Stalkanović.

    Autre exemple de solidarité, dans le petit village de Međuriječje, à l'est du pays, Bosniaques et Serbes travaillent main dans la main pour rénover un édifice religieux détruit en 1994. Après avoir vécu trente ans en Autriche, Muaz Dedović est revenu dans sa région d'origine et a tout naturellement reçu le soutien de ses anciens voisins serbes quand il a voulu lancer la reconstruction de la mosquée, datant de la période ottomane. Enclavés dans la montagne, les habitants de ces marges oubliés savent que personne ne les aidera s'ils ne mettent pas leurs forces en commun. « J’ai honte de ce qui s’est passé, car nous sommes tous des amis d’enfance. Ce que nous faisons aujourd’hui me réchauffe le cœur. Honte à la guerre, et honte à celui qui a fait ça. Un lieu saint, c’est un lieu saint », explique Žarko Bošković, un Serbe de Međuriječje.

    Au-delà de ces exemples citoyens, il serait nécessaire que les autorités de Bosnie-Herzégovine, comme celles des pays voisins, entament une véritable réconciliation, basée sur la valorisation de ce qui unit plutôt que de ce qui divise. Pour combattre le repli identitaire, plusieurs milliers de linguistes et d'intellectuels de la région ont d'ailleurs signé il y a quelques mois à Sarajevo une « Déclaration sur une langue commune ». Avec pour objectif de réaffirmer que le croate, le bosnien, le monténégrin ou le serbe ne sont que des variantes d'un seul et même idiome, que l'on nommait autrefois le serbo-croate. La « Déclaration sur une langue commune » n'entend pas nier les particularismes linguistiques locaux, mais souligner la richesse de cette langue pluricentrique et démentir les nationalistes de tous bords qui tentent depuis plus de deux décennies de construire des marqueurs identitaires susceptibles de diviser les peuples.

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