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    Hebdo

    La politique française en Afrique, à l’épreuve du renouvellement générationnel

    media Selfies et accolades avec les étudiants burkinabè à l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'université Ouaga1, le 28 novembre 2017. REUTERS/Philippe Wojazer

    Composé de 11 hommes et femmes, plutôt jeunes et issus de la société civile, le Conseil présidentiel pour l’Afrique qu'a lancé le chef d'Etat français Emmanuel Macron a pour mission de renouveler la réflexion sur la relation franco-africaine en l’axant davantage sur la jeunesse africaine, les femmes et la société civile.

    Ils sont onze, six femmes et cinq hommes. Majoritairement binationaux, voire trinationaux, mais aussi simplement Français, Kényan ou Sud-Africain. Ils sont issus de la société civile et tous très fortement investis dans la relation entre l’Afrique et la France dans les domaines de leurs compétences professionnelles, très diverses, allant de l’entrepreneuriat à la culture en passant par la santé, le sport, l’écologie et les finances. Leurs noms : Jean-Marc Adjovi-Boco, Jules-Armand Aniambossou, Diane Binder, Yves-Justice Djimi, Liz Gomis, Jeremy Hadjenberg, Yvonne Mburu, Vanessa Moungar, Nomaza Nongquanga-Coupez, Karim Sy, Sarah Toumi.

    Ces personnalités, avec une moyenne d’âge d’entre 30 et 40 ans, constituent désormais le « nouveau visage » de la politique française en Afrique. Elles en sont sa face visible, représentée par le Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA), lancé en août dernier par le président Emmanuel Macron en personne. Sélectionnés pour leurs connaissances de l’Afrique de l’intérieur afin de pouvoir faire part régulièrement au président des enjeux économiques et sociaux du continent, ils ont participé à la première conférence de presse qu’a organisée le CPA le 11 décembre dernier, dans un hôtel parisien, pour présenter aux médias ses membres, ses objectifs et le bilan de ses trois mois de travaux intenses.

    Changement paradigmatique et générationnel

    La mise en place du CPA s’inscrit dans le changement paradigmatique que le président Macron veut apporter dans la politique africaine de la France, longtemps dominée par le vaste réseau politico-affairiste résumé sous le terme folklorique de « Françafrique ». Le candidat-président avait esquissé les grandes lignes de sa future stratégie de l’Afrique lorsqu’il avait évoqué dans une interview la nécessité d’« établir un partenariat ambitieux entre la France, la Méditerranée et l’Afrique en s’appuyant sur les forces vives africaines et françaises : intellectuels, ONG, diasporas de France et d’Afrique, entreprises ».

    « Après l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée, c’est à Aurélien Lechevallier et à moi-même qu’a incombé la tâche de concrétiser cette promesse de campagne du nouveau président », se souvient le Franco-Béninois Jules-Armand Aniambossou, chargé d’assurer la coordination des travaux du CPA. Ancien ambassadeur du Bénin en France, ce dernier est un copain de promotion d'Emmanuel Macron à l’Ecole nationale d’administration (ENA), au sein de la promotion Léopold Sédar Senghor (2002-2004). Il a fait partie avec l’ancien Premier ministre béninois Lionel Zinsou et Jean-Michel Séverino, à la tête d’un fonds d’investissement destiné aux PME africaines, des Afro-optimistes qui ont alimenté la réflexion du candidat Macron sur les questions africaines.

    « Le président estimait que cette réflexion avait besoin d’une mutation générationnelle et m’a demandé de travailler avec la cellule africaine de l’Elysée pour constituer cette nouvelle instance consultative, en puisant, notamment dans la diaspora africaine, des acteurs de la société civile en contact direct avec le pays réel », explique l’ancien camarade de promotion d’Emmanuel Macron. La première réunion du CPA a eu lieu le 8 septembre, avec pour vocation de traiter de tous les sujets « sauf la sécurité et la défense ». Ses membres ont reçu pour mission des mains du président : « Celle de faire remonter jusqu’à lui toutes les informations importantes » et, last but not least, celle de « réenchanter la relation entre la France et les pays africains ». Dans l’immédiat, ils ont participé à la préparation de la première grande tournée d’Emmanuel Macron en Afrique.

    « Défricheurs »

    Les préparatifs de la tournée et la tournée elle-même ont été au cœur des échanges auxquels la conférence de presse du 11 décembre a donné lieu. Présentés comme de véritables « défricheurs » par le doyen de l’équipe, l’ambassadeur Aniambossou, les membres du CPA ont dit leur satisfaction de voir nombre de leurs propositions reprises dans les discours prononcés par le président pendant son récent déplacement (du 28 au 30 novembre) au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Ghana.

    Ces propositions vont du renforcement du partenariat pour l’éducation à l’inscription de la thématique de la « ville durable » dans l’agenda du sommet Afrique-France de 2020, en passant par la création d’un visa de circulation pour les étudiants africains diplômés en France, le financement de l’entrepreneuriat, l’accompagnement des sportifs dans leur préparation en vue des Jeux olympiques de 2024, les restitutions définitives ou temporaires du patrimoine africain figurant dans des collections privées et des musées et l’annonce d’une « saison des cultures africaines » en France en 2020.

    Les membres du CPA ont aussi participé à la préparation du discours « fondateur » de Ouagadougou, avant de remettre leurs conclusions au président en personne, au cours d’un dîner à l’Elysée, le 14 novembre dernier. Selon plusieurs sources, les débats auraient été très animés ce soir-là, opposant la journaliste Elisabeth Gomis et Emmanuel Macron sur la perception du passé colonial en Afrique. Ces crispations n’ont pas empêché le président d’attirer l’attention de ses interlocuteurs en Afrique sur l’importance du travail fourni par les conseillers du CPA en des termes particulièrement élogieux : « Ce sont des jeunes femmes et des jeunes hommes qui ont accepté de prendre sur leur temps, pour venir être vos porte-voix, pour venir à votre rencontre, vous écouter, partager leurs expériences, me dire ce qui se dit, ce qui se ressent, ce qui est attendu, ce qui est nécessaire ».

    Il n’en reste pas moins que les échanges du 11 décembre avec la presse n’ont pas réussi à lever toutes les ambiguïtés ni sur les possibles conflits d'intérêts entre l'action des conseillers et l'exercice de leur profession privée ni sur sur la réelle marge de manœuvre du CPA, notamment par rapport aux institutions qui gèrent les relations politiques et financières avec les Etats africains. « Nous disons ce que nous pensons, avec une liberté de ton totale », n’ont eu de cesse de répéter aux journalistes les membres du CPA. Une liberté de ton qui aurait permis d’échanger avec le président « sans filtre sur ce que nous avions pensé du discours de Ouagadougou », si l’on en croit Diane Binder, directrice adjointe du département international du groupe Suez et membre du Conseil présidentiel. Cela suffit-elle pour condamner des manquements à la démocratie dans des Etats autocratiques  et néanmoins « amis » ?

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