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    Iran: et la «République des déshérités» créa de nouveaux riches

    media Le marché aux bijoux du Bazar-e Honar, à Ispahan, en Iran. GettyImages/Walter Bibikow

    Ils brillent, étalent leur fortune, se comportent de façon arrogante, dépensent sans compter, se montrent sereins. Mais sous leur calme apparent, ils vivent dans l’angoisse, la crainte de perdre un jour tout ce qu’ils ont gagné en si peu de temps. Voici les « nouveaux riches » version iranienne.

    L’Iran d’aujourd’hui est une terre de contrastes où se côtoient toutes sortes d’invraisemblances. D’un côté, se déploient des bidonvilles et la misère, de l’autre, se développe une minorité dont les traits les plus distinctifs sont le gaspillage et le luxe.

    La publication des photos de sans-abris dormant dans des tombes d’un cimetière à l’ouest de Téhéran avait dernièrement provoqué un grand émoi dans le monde. Ici, la vente d’organes pour survivre n’offusque même plus les Iraniens. Pris dans l’étau d’un chômage sans issue, les jeunes désespérés ne pensent qu’à quitter le pays. Et dans ce monde cruel prospère une couche sociale qui ne rate aucune occasion de s’enrichir.

    Dire « Bonjour » en entrant dans un taxi et au revoir en sortant, ce n’est pas leur tasse de thé. C’est le premier indice qui permet aux chauffeurs de taxi aguerris de Téhéran de savoir s’ils ont affaire à des gens ordinaires ou à des parvenus. Pour ces derniers, ne pas dire « Bonjour » est une manière d’afficher leur statut, de démontrer leur supériorité.

    Ce n’est pas qu’ils portent en eux l’empreinte de leur culture d’origine, mais ils s’approprient des comportements de personnalités du monde politique qu’ils voient à la télévision. Contrairement à ce que l’on croit, ils n’ont pas tous de liens particuliers avec le pouvoir, bien qu’ils soient en réalité de purs produits de la République islamique.

    Comme ce père et sa fille qui montent dans un taxi. La fusion ou plutôt la confusion de leurs parfums est envoûtante. Le père s’installe à l’avant du véhicule et la fille à l’arrière. Sans aucune formule habituelle de politesse, le père annonce la destination au conducteur en évitant son regard, puis il commence à parler avec son téléphone portable à propos des achats qu’ils viennent de faire.

    La conversation tourne autour d’une robe dont le père trouve le prix raisonnable. Sa fille l’approuve. « C’est quand même Balmain, papa », dit-elle. Le conducteur pense que l’interlocuteur du père est une troisième personne en ligne, mais quand il voit dans le rétroviseur la fille, l’écouteur dans l’oreille, en train de parler, il se rend compte que le père et sa fille conversent au téléphone.

    Reza, fan de bolide

    Reza s’est enrichi en l’espace d’un an grâce au commerce de téléphones portables. Fini le temps où il multipliait les galères. Aujourd'hui, il dépense sans compter. Le regard envieux des autres le libère du poids de son passé difficile. Il exhibe tout : sa coiffure avec des mèches platine, ses dents nouvellement blanchies, ses costumes, sa montre suisse hors de prix et sa voiture de luxe qu’il changera évidemment dans quelques mois.

    Depuis peu, il a déménagé à Véléndjak, le quartier le plus aisé au nord-est de Téhéran. Il vient d’y acheter un appartement de luxe meublé en style Persépolis, mais il n’y est pas souvent. Il passe le plus clair de son temps à tourner en rond dans sa voiture. « Quand il conduit, je ne m’assois jamais sur le siège avant », dit sa femme. Reza adore la vitesse. Il conduit comme un fou dans les rues de son quartier au volant de sa voiture allemande dernier cri.

    « Je ne me sens pas bien dès l’instant où j’apprends que ma voiture n’est plus le modèle le plus récent, assure Reza. Je m’en débarrasse tout de suite et me procure le dernier modèle ». « Oui, et chaque fois tu les vends à un prix dérisoire, ajoute sa femme. Parce que tu les as tellement abîmées avec ta façon de conduire ! Chaque mois, tu provoques au moins un accident. Il suffit qu’une voiture le devance, Reza la poursuit jusqu’à ce qu’il la rattrape et lui rentre dedans ».

    S'inventer un passé glorieux

    Homâ, la femme de Khosrô, s’est donnée la mission de construire un passé glorieux pour sa famille d’origine ainsi que pour celle de son mari. À la recherche d’objets anciens, elle parcourt les brocantes et les antiquaires du nord de Téhéran et en achète souvent pour prétendre ensuite qu’ils les ont hérités de leurs familles.

    Au départ, elle a été escroquée deux ou trois fois, mais elle a fini par acquérir une certaine connaissance dans ce domaine. Elle sait maintenant comment reconnaître une photo jaunie artificiellement d’une photo authentique ou un meuble vieilli naturellement d’un meuble ayant reçu des coups de brosse très durs pour avoir un aspect ancien.

    Khosrô doit son entreprise d’export-import à l’embargo des années Ahmadinejad. Avant de se lancer dans ce métier, il avait pour nom Djabbâr, littéralement « tyran », un nom de Dieu parmi d’autres dans le Coran. Sa femme s’appelait Fatima. Disons en passant que Khosrô était le nom de plusieurs rois sassanides avant l’arrivée de l’islam en Iran et Homâ est le nom d’un oiseau mythique en persan, symbole de grandeur.

    Ce n’est pas qu’ils ont tourné le dos à l’islam en changeant de noms, c’est juste pour être à la mode. Ils sont restés attachés à la tradition musulmane. Homâ surtout est très croyante et célèbre volontiers les fêtes chiites. Ses ongles sont toujours laqués de vernis couleur or. Elle a hâte de faire son voyage annuel en famille à Antalya, une station balnéaire tendance dans le sud de la Turquie. Elle a envie de se baigner en maillot de bain et de converser en anglais avec les boutiquiers turcs.

    Les exemples ne manquent pas. Mais la plupart de ces parvenus sont naturellement inquiets en raison de la fragilité économique et politique du pays qui leur inculque un sentiment de vulnérabilité. Si les regards envieux de leurs entourages les libèrent du poids de leur passé difficile, le regard haineux des millions de gens malheureux les effraie.

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