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    [Chronique] Donald Trump, les huttes et les Nigérians

    media Le président américain Donald Trump, ici le 18 décembre 2017. REUTERS/Carlos Barria

    Les sorties polémiques de Donald Trump provoquent la colère au Nigeria, où elles sont jugées méprisantes et diffamatoires. Nombre de Nigérians cherchent déjà un moyen de se venger du président américain.

    En tant que magnat de l’immobilier et père de la Trump Tower, le président américain a sans doute la métaphore immobilière facile. Ainsi, selon plusieurs témoignages rapportés par le New York Times, il se serait publiquement emporté comme les immigrants nigérians.

    Selon lui, après avoir découvert la grandeur de l'Amérique, « ils ne voudraient jamais rentrer dans leurs huttes ». D'après lui, ils devraient le faire, mais n'en auraient aucune envie. Un commentaire à peine plus sympathique que celui qu'il a réservé aux immigrés haïtiens qui, d'après lui, « auraient tous le sida ».

    Méconnaissance totale de l'Afrique

    Ce genre de commentaire à propos du Nigeria montre à quel point Trump ignore tout de l'Afrique. N'a-t-il été jusqu'à inventer des noms de pays africains ? Il a ainsi fait l'éloge du système de santé de la... Nambie. Lorsqu'il a reçu des présidents africains aux Etats-Unis, il les a complimentés sur leur continent où « ses amis se font plein de fric ».

    Si Trump se permet de parler ainsi du Nigeria, c'est qu'il n'y a jamais mis les pieds. Lagos, ville de 22 millions d'habitants, compte de nombreuses tours : elles ont commencé à prendre de l'ampleur dès les années soixante à Lagos island. Ayant connu un essor plus récent, Victoria island fait figure de Manhattan africain.

    Pour protéger ce quartier des affaires construit sur une île faisant face à l'Atlantique, un barrage de quatre kilomètres a vu le jour. Plus de deux milliards de dollars auraient d'ores et déjà été consacrés à sa construction.

    Autour de ce quartier, une ville nouvelle ultra moderne est en train de se développer sur le modèle de Dubaï. Des immeubles de l'Eko Atlantic sont déjà achevés. Une fois que ces travaux pharaoniques auront été achevés, la cité Eko Atlantic pourra accueillir plus de 200 000 habitants.

    Clinton, Zuckerberg, Gates…

    L'un des « parrains » de ce projet n'est autre que l'ex-président américain Bill Clinton. Il s'est rendu sur place pour observer l'état d'avancement des travaux et pour dire tout le bien qu'il en pensait. Jusqu'à présent, les Américains sont un peu chez eux à Lagos.

    Même Mark Zuckerberg est venu en août 2016 faire un footing sur le Lekki bridge, pont ultra moderne de Lagos et symbole de la modernité de cette ville. Il est également venu visiter le Co Creation hub, incubateur de start-up consacré aux nouvelles technologies. Zuckerberg voulait aussi étudier les perspectives s'offrant à Facebook au Nigeria. Il a par ailleurs investi dans des start-up de Lagos.

    D'autres stars de l'économie américaine sont également du voyage. Depuis nombreuses années, Bill Gates vient lui aussi régulièrement au Nigeria. Il entretient d'excellentes relations avec les élites locales. Sa fondation finance, entre autres projets humanitaires, ceux de la première dame nigériane.

    Dans le sud de la Fédération, les Etats-Unis possèdent traditionnellement une belle image. A preuve le nombre de jeunes Nigérians qui font tout pour imiter l'accent américain. Payée un million de dollars pour venir dire « bonjour à Lagos », Kim Kardashian a provoqué l'émoi des plus jeunes en 2013. Nollywood s'est évidemment fortement inspiré de Hollywood et de son culte des « people ».

    Classe moyenne et « returnees »

    Les Nigérians qui immigrent aux Etats-Unis le font souvent pour assouvir leurs ambitions en matière d'études et de carrière. Ils considèrent que c'est l'Amérique qui offre le plus de débouchés professionnels. Le plus souvent, ces Nigérians ont déjà effectué un premier cycle d'études universitaires dans leur pays d'origine. Ils appartiennent aux classes moyennes. Ils n'ont jamais vécu dans des huttes. Sauf peut-être quand ils rendent visite à des parents au village.

    Mais ils n'ont pas besoin d'une « green card » pour échapper à la vie rurale. Le Nigeria compte une dizaine de villes de plusieurs millions d'habitants. Ces Nigérians candidats au voyage apprécient l'ouverture de la société américaine, ou du moins ce qu'ils perçoivent comme tel.

    Par ailleurs, nombre de Nigérians viennent effectuer une partie de leur carrière aux Etats-Unis à l'université ou dans des hôpitaux, mais après quelques années d'expatriation, ils reviennent dans leur pays d'origine. Lagos et le Nigeria comptent des millions de « returnees » ou de « repat ». Un phénomène narré dans Americanah, le roman de Chimamanda Ngozi Adichie. Elle-même a fait le choix de vivre entre les Etats-Unis et le Nigeria comme nombre des compatriotes.

    La « green card » de Soyinka

    Les violentes sorties de Donald Trump lui valent de plus en plus d'ennemis dans ce pays. Avant son élection en novembre 2016, le Prix Nobel de littérature Wolé Soyinka avait déclaré publiquement qu'il se débarrasserait de sa « green card » si Trump était élu. Il assume toujours ce choix et il affirme avoir tenu parole.

    « Je n'avais rien demandé. C'est Jimmy Carter qui me l'avait donnée (la green card). J'ai droit de m'en séparer, si je veux », explique l'écrivain qui ne se reconnaît pas dans l'Amérique de Trump. Sa décision avait étonné au Nigeria. L'épouse de Wolé Soyinka et ses plus jeunes enfants passant le plus clair de leur temps en Californie.

    Sur les réseaux sociaux, il s'était même trouvé des jeunes Nigérians pour critiquer son choix. Tant ils sont nombreux à rêver de cette « green card ». Mais ils sont de plus en plus rares à réagir ainsi. Les sentiments anti-Trump sont en train de s'ancrer durablement dans l'opinion publique.

    « Le patriotisme est très fort au Nigeria. Nous avons une assez haute opinion de nous-mêmes. Nous apprécions très peu de nous faire insulter par le président d'un pays qui est censé être une nation amie », explique Chioma Okafor, enseignante à Lagos.

    Les Etats-Unis ont sans doute moins besoin du Nigeria que par le passé. Depuis que la production pétrolière américaine a augmenté, les Etats-Unis n'achètent pratiquement plus de pétrole au premier producteur du continent.

    Poids démographique du Nigeria

    Il n'en reste pas moins que le Nigeria reste un pays incontournable, du fait notamment de son dynamisme démographique. Selon les projections des Nations unies, d'ici à 2050, le Nigeria devrait être plus peuplé que les Etats-Unis.

    Cette Fédération serait alors le troisième pays le plus peuplé du monde, derrière l'Inde et la Chine. Le Nigeria compterait près de 400 millions d'habitants en 2050, contre 190 millions à l'heure actuelle.

    A cela s'ajoute un autre facteur d'importance : la diaspora nigériane compte déjà plusieurs millions de personnes aux Etats-Unis. Installés de longue date en Amérique, nombre d'entre eux sont habilités à voter et ils sont de plus en plus nombreux à vouloir le faire.

    « Lors des prochaines élections, nous allons nous déplacer en masse pour mettre des bulletins dans l'urne. Il n'y a aucune raison que l'on continue à se laisser insulter sans réagir », tempête Abayomi Ogunmakin, infirmière d'origine nigériane installée sur la côte est des Etats-Unis. Elle ajoute : « Ce n'est pas simplement Trump qui va payer l'addition. Mais tous les candidats républicains. Dans le mépris et les insultes, Trump a été trop loin. Beaucoup trop loin... »

    (Re) lire les autres Histoires nigérianes

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