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    Ai Weiwei revient avec «Human Flow», documentaire choc sur les migrants

    media L'artiste chinois Ai Weiwei lors de la présentation de son film «Human Flow» le 7 novembre 2017 à Berlin, en Allemagne. Sophia Kembowski / dpa / AFP

    Human Flow, qui porte sur les migrants à travers le monde, a été projeté au Bozar, le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles en présence de son réalisateur, le célèbre dissident chinois Ai Weiwei, le 10 janvier. Ce film-fleuve de 2h20, sans voix off ni commentaires, parcourt le monde pour donner un visage à ces millions d’êtres humains souvent traités comme des abstractions. Filmé dans 23 pays avec le soutien des Nations unies, le long-métrage pose un regard d’artiste sur un monde qui ressemblerait fort à l’enfer sur Terre sans une poignée de responsables politiques doués d’humanité.

    Pour sa première en Europe, Human Flow a fait salle comble le 10 janvier dans la magnifique salle de style Art nouveau du Bozar, le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Parmi les spectateurs, on pouvait entendre parler toutes les langues d’Europe et du monde. Reflet d’une capitale européenne où se prennent les décisions de fermer les frontières, mais aussi de l’une des villes les plus cosmopolites du monde avec ses apports successifs de migrants.

    Le film s’ouvre comme il va se refermer : sur la mer vue du ciel, avec une mouette et un Zodiac rempli de migrants. Des hommes et des femmes que l’on devine Syriens arrivent en Grèce et foulent la terre européenne, à la fois épuisés et remplis d’espoir. « Ils pourraient être nos parents », expliquera après la projection le réalisateur, l'artiste chinois Ai Weiwei.

    Avec ses travellings impressionnants et ses structures de camps de réfugiés vues du ciel, le film prend le parti d’étourdir. On passe de la Grèce au Bangladesh où témoigne la minorité opprimée des Rohingyas, pour revenir en Hongrie avant d'aller en Jordanie.

    Puis l'on se rend en Turquie pour parler du sort des migrants syriens, afghans et irakiens mais aussi de la minorité kurde. On se retrouve ensuite au Liban, à Gaza et au Kenya avant d’aller au Pakistan, à Calais en France, en Irak, en Italie puis à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis.

    C’est la juxtaposition de ces scènes qui donne précisément à réfléchir. A la fermeté de la police que Weiwei filme à la frontière hongroise, hérissée de grilles et de barbelés, il oppose l'humanité bouleversante des soldats en Jordanie, qui accueillent à bras ouverts des milliers de réfugiés syriens, avec des images d'hommes en treillis qui portent des enfants ou soutiennent des vieillards.

    La Jordanie a accueilli 1,4 million de Syriens. A son échelle, il s'agit de l’équivalent de 60 millions de personnes dans toute l’Union européenne (UE), si peu généreuse en comparaison. La princesse de Jordanie, interviewée, parle avec émotion d’un devoir d’humanité.

    L'Afrique trop peu présente

    Dans un autre contrepoint renversant, Ai Weiwei évoque la chasse à l’homme orchestrée en France à l’encontre des migrants qui tentent de passer en Grande-Bretagne, et filme la destruction par les flammes de la « jungle » de Calais. Il la rapproche de la guerre en Irak et des champs de pétrole qui brûlaient à Mossoul en 2016.

    Il faut attendre une heure avant de voir l’Afrique évoquée, lors d’un bref passage de sept minutes d'Ai Weiwei au Kenya, où il filme du vent, beaucoup de vent, lui-même avec des chèvres dans la savane, et évoque les 250 millions d’Africains menacés par le changement climatique.

    Quelques minutes, guère plus, sont de nouveau consacrées au continent, sur fond de mer Méditerranée rougie par le soleil et le sang, pour rappeler que 5 000 personnes s’y sont noyées en 2016, parmi lesquelles des Erythréens et des Soudanais passés par la Libye.

    Le documentaire, qui rappelle à la fois Raymond Depardon sur le fond et Yann Arthus-Bertrand pour les grands moyens mis au service de sa forme - longs travellings et vues du ciel - fait le tour du monde de l’enfer sur Terre. Il est parsemé de scènes artistiques, un gros plan sur le museau d’un chameau ici ou des Africains muets et refroidis là, recouverts de papier aluminium doré à leur arrivée de nuit en Italie – une installation en soi.

    Toujours plus de murs aux frontières

    Ai Weiwei a lui aussi vécu une enfance de « déplacé » dans un camp de travail où son père, poète dissident, avait été envoyé à la frontière sino-russe, puis une vie de réfugié aux Etats-Unis. Il dédramatise, en se mettant lui-même en scène dans ses interviews avec des migrants, des ministres ou des porte-parole du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR), pour introduire un peu d’humour, de recul et de compassion.

    Son propos, pour le reste, relève du constat, sans autre jugement moral que les poèmes qu’il cite, pour la plupart écrits au Moyen-Orient, et des rappels chiffrés à la fois courts et éloquents : « En 1989, à la fin de la guerre froide, 11 pays avaient érigé des murs à leurs frontières, ils sont 70 aujourd’hui », rappelle son documentaire.

    A plusieurs reprises, le film rappelle que les 65 millions de personnes réfugiées ou déplacées à travers le monde représentent le plus grand flot humain de l’histoire depuis la Seconde Guerre mondiale.

    « Personne ne pourra dire après ce film qu’on ne savait pas. On ne peut rester les bras croisés face à une situation aussi criminelle », a martelé après la projection un invité de marque, Leoluca Orlando, le maire de Palerme, en Italie. Cette ville a choisi – fait exceptionnel en Europe du Sud – de se laisser « envahir » par les migrants en les accueillant comme des êtres humains pour des questions de « sécurité » et de « respect des droits humains ».

    « Ce documentaire est décousu et j’aurais aimé voir le travail d’artiste très fort que Weiwei a fait par exemple à Calais, relève la jeune artiste belgo-rwandaise Laura Nsengiyumva, à la sortie du film. Mais en voyant ces colonnes de gens qui marchent dans la campagne macédonienne, je me souviens des mêmes images d’exode au Rwanda. Ce sont des images de guerre ou annonciatrices de guerre. »

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