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    Harcèlement sexuel: quand le monde de la mode se mobilise

    media Les deux très influents photographes de mode Mario Testino et Bruce Weber sont ciblés par des accusations d'harcèlement sexuel. Mike Coppola / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP/Michael loccisan

    En pleine saison des Fashion Week masculines, le monde de la mode se mobilise contre le harcèlement sexuel. Après plusieurs accusations visant le photographe Terry Richardson, c’est le tour de Mario Testino et Bruce Weber d’être soupçonnés de conduite inapproprié, cette fois contre des jeunes hommes. Les grands acteurs du secteur commencent à réagir.

    Les cas d’abus de pouvoir et de harcèlement sexuel ne semblent pas être une exclusivité du 7eme Art. Si le monde du cinéma a été marqué en 2017 par des nombreuses accusations d’agression, ce début 2018 semble être le moment de la mode de dévoiler ses « Harvey Weinstein ». Surtout après la publication d’un article samedi dernier au New York Times, dans lequel 15 mannequins et 13 assistants témoignent contre les photographes Mario Testino et Bruce Weber, deux des noms les plus influents de cette industrie.

    Ce n’est pas la première fois que le monde de la mode est secoué par des accusations de ce genre. En octobre, le photographe Terry Richardson a été accusé de harcèlement sexuel. L’Américain, connu pour ses photos provocantes, mais qui a aussi fait les portraits de célébrités comme Beyoncé ou Barack Obama, avait déjà été soupçonné de conduite inappropriée envers ses mannequins en 2014.

    Weber n’est pas non plus à sa première accusation. Il a été cible d’une plainte déposée en décembre dernier devant la Cour suprême de l'Etat de New York par le mannequin Jason Boyce, qui affirmait avoir été victime d’abus lors d’une séance photo en 2014. Le photographe américain, qui a bâti une carrière sur des images des corps athlétiques de jeunes garçons – notamment pour les campagnes de Calvin Klein, Ralph Lauren et Abercrombie & Fitch –, a nié catégoriquement les accusations via Instagram.

    De photographe de la famille royale à « prédateur sexuel »

    Dans le cas de Testino, photographe péruvien réputé pour ses portraits de célébrités – y compris ceux de la famille royale britannique –, les plaintes viennent surtout de certains de ses anciens assistants, comme Roman Barret, qui évoque dans les pages du New York Times un quotidien dans lequel « le harcèlement sexuel était une réalité constante ». Tandis que le mannequin Ryan Locke qualifie le photographe de « prédateur sexuel ».

    Lors des premières accusations, les marques de mode et les magazines se taisaient, ou rejetaient simplement leur responsabilité, affirmant que la protection des mannequins – parfois à peine majeurs – revenait aux agences, qui traditionnellement négocient les contrats, mais aussi les conditions travail. Néanmoins, les affaires ont pris une telle ampleur que petit à petit les voix se lèvent contre ce qui semblait être un secret de Polichinelle.

    Magazines et marques se mobilisent

    Dans le cas de Richardson, qui a gagné le surnom de « Harvey Weinstein de la mode », la première réaction est venue du Vogue américain, déjà en 2014. A l’occasion, le mannequin Emma Appleton a posté sur Twitter une capture d’écran d’un message Facebook dans lequel Richardson disait : « Si je peux coucher avec toi, je t’arrangerai une séance photo […] ».

    Le magazine dirigé par Anna Wintour a cessé de collaborer avec le photographe sur le champ, mais il a fallu attendre que des nouvelles accusations soient révélées cette année pour que tout le groupe décide de bannir complètement le photographe. Au-délà du magazine de référence du monde de la mode, Condé Nast édite des titres tel Vanity Fair et The New Yorker aux Etats-Unis ou encore Glamour en France.

    Maintenant, la maison d’édition a décidé d’interrompre toute collaboration également avec Weber et Testino. « Tous deux sont des amis personnels qui ont apporté des contributions extraordinaires à Vogue et de nombreux autres titres à Condé Nast au fil des années », a déclaré Anna Wintour. « Je crois fermement à la valeur du remords et du pardon, mais je prends les allégations très au sérieux », a-t-elle affirmé dans un communiqué co-signé avec le directeur exécutif du groupe, Bob Suerberg. Le Condé Nast annonce également la mise en place d’un code de conduite afin de protéger les mannequins pendant ses séances photo.

    Depuis l’article du New York Times, certaines marques de mode, habituées à faire appel aux photographes visés par les accusations, ont à leur tour pris position. Michael Kors et Stuart Weitzman ont annoncé que ne travailleront pas avec Mario Testino dans ses futures campagnes, tandis que Ralph Lauren a annoncé, sans citer le photographe qu'il « ne fera plus affaire avec quelqu’un qui se comporte de telle sorte ». Les griffes Valentino et Bulgari avaient déjà suspendu leur contrat avec Richardson l’année dernière.

    Un monde où les hommes gagnent moins que les femmes

    La mobilisation vient également du côté des mannequins. C’est le cas de Cameron Roussel, qui a créé l’année dernière le #MyJobShouldnotIncludeabuse (« mon métier ne devrait pas inclure d’abus »), et a recensé sur son compte Instagram des dizaines de témoignages de celles qui ont été victimes d’abus de la part de photographes, agents, publicitaires ou éditeurs de magazine.

    Mais la particularité est que maintenant ce sont les hommes les cibles des abus. Dans une industrie –peut-être la seule au monde – dans laquelle les femmes sont les mieux payées, les cas Testino et Weber révèlent une fragilité liée à une précarité des jeunes garçons à peine sortis du lycée, qui se retrouvent démunis face à des prédateurs sexuels ou simplement de manipulateurs.

    Comme l’a déclaré l’ancien mannequin Trish Goff dans l’article du New York Times, les modèles masculins sont « les moins respectés et les plus jetables », donc particulièrement vulnérables. A tel point que le mannequin Christopher Cates, l’une des victimes présumées de Weber, lance un nouveau mot d’ordre : après le #Metoo crée suite aux scandales à Hollywood, il propose le #MenToo. « Nous ne pouvons plus prétendre être épargnés par les abus sexuels », clame le jeune homme.

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