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    Hebdo

    La Corée du Nord aux JO: une histoire agitée, et auréolée de quelques succès

    media Le site des Jeux olympiques de Pyeongchang qui se tiendront du 9-25 février 2018. REUTERS/Fabrizio Bensch

    Les Jeux olympiques - et le sport en général - sont pour le régime de Pyongyang un moyen privilégié d’améliorer son image et d’alimenter sa propagande. Ils ont aussi été l’occasion pour les deux Corées d’afficher leur volonté de détente ; mais cette diplomatie olympique n’a guère eu d’impact politique durable... jusqu’à aujourd’hui ?

    De notre correspondant à Séoul,

    En 1964, la Corée du Nord participe à ses premiers Jeux olympiques d’hiver à Innsbruck, onze ans après la fin de la guerre fratricide avec le Sud. Ses premiers Jeux d’été sont ceux de Munich, en 1972. Elle ne manque ensuite aucune édition d’été, à l’exception notable des Jeux de Los Angeles (1984), boycottés par le camp soviétique... et surtout des JO de Séoul (1988), organisés par son rival sud-coréen : à l’époque, Pyongyang tente par tous les moyens de saper leur organisation, allant même jusqu’à faire exploser en vol un Boeing de la Korean Air. 115 personnes sont tuées.

    Les athlètes nord-coréens reviennent aux Jeux d’été en 1992 à Barcelone, récoltant leur meilleur résultat : 9 médailles, dont 4 en or. Avec 56 médailles au total, la Corée du Nord affiche un bilan olympique remarquable, compte tenu de la taille réduite de sa population et de la faiblesse de son économie. Les sports olympiques où elle s’est le plus souvent illustrée sont l’haltérophilie, la lutte, le judo et la boxe.

    La TV nord-coréenne ne diffuse plus de sport en direct depuis 2010

    Le régime se sert de ces succès sportifs pour faire l’apologie de son système et de ses dirigeants. Des affiches se plaisent même à rêver de glorieux – et imaginaires – triomphes nord-coréens aux JO ou ailleurs... Les autorités attendent de chaque champion qu’il « dise aux journalistes que sa victoire est entièrement due au Père dirigeant et à ses sages conseils », écrit le spécialiste Fyodor Tertiskiy. Quant aux journaux nord-coréens, « ils ne peuvent rapporter que les victoires ». Seule exception : après la bonne performance de l’équipe nationale lors du Mondial de foot de 2010 face au Brésil (défaite, mais seulement 2-1), les autorités décident de diffuser en direct le match suivant, contre le Portugal. Le Nord se fait alors écraser 7-0... « Il n’y a pas eu d’autres tentatives depuis de diffuser en direct du sport en Corée du Nord », conclut Fyodor Tertiskiy.

    Lors des Jeux de Sochi, les Nord-Coréens ont pu voir avec plusieurs jours de retard la cérémonie d’ouverture et des épreuves telles que le patinage de vitesse et le saut à ski. La population se passionne pour ces compétitions internationales auxquelles participent ses athlètes ; peuvent en témoigner plusieurs expatriés à Pyongyang, pressés par leurs enthousiastes employés locaux de partager les résultats obtenus par l’équipe nationale (de foot, notamment) avant leur diffusion par les médias officiels...

    Les sportifs nord-coréens très encadrés lors des Jeux

    Les Jeux d’hiver de PyeongChang ne font pas exception : « Les gens parlent des Jeux depuis qu’il a été annoncé que notre pays y participerait. Nous n’avons absolument aucune information sur les athlètes qui seront envoyés, mais cette simple participation suscite l’excitation », raconte ainsi au site Daily NK une source basée en Corée du Nord. Si les journaux officiels n’ont pas encore mentionné cette participation, le bouche à oreille est efficace : « il y a beaucoup d’attentes au sujet des Jeux parmi les gens ordinaires. Il y a aussi un sentiment d’envie vis-à-vis des athlètes et des supporteurs, qui vont pouvoir visiter la Corée du Sud ».

    Comme à chaque compétition internationale, ces sportifs envoyés à PyeongChang seront maintenus à l’écart dans le village olympique et surveillés de près par leur encadrement. Ceux qui rapporteront des médailles seront couverts de récompenses ; les athlètes jugés méritants et leurs familles se voient par exemple offrir des appartements relativement confortables. Si des rumeurs récurrentes affirment que ceux qui reviennent bredouilles sont envoyés dans des camps de détention, voire exécutés, c’est en réalité très improbable. Aucune preuve tangible en ce sens n’a été avancée depuis 30 ans. « Les yeux du monde entier sont tournés vers [le dirigeant nord-coréen] Kim Jong-un, il ne devrait donc pas y avoir de punition significative pour les athlètes qui rentrent sans médailles olympiques », estime la source du Daily NK.

    Kim a fait du sport une priorité

    Depuis son arrivée au pouvoir en 2011, Kim Jong-un a décidé de renforcer cette priorité donnée au sport : il a consacré davantage de ressources aux centres de formation et a fait construire des installations telles que piscines et stations de ski. En 2012, la Corée du Nord a participé pour la première fois aux Jeux paralympiques, à Londres : une avancée importante, dans un pays où les personnes en situation de handicap ont longtemps été victimes d’effroyables discriminations.

    Les Jeux olympiques ont aussi été l’occasion pour les deux Corées d’afficher leur volonté de détente, lors de la décennie de rapprochement (1998-2008) et de la politique dite du « rayon de soleil » initiée par des gouvernements progressistes à Séoul. Nord et Sud défilent ainsi ensemble aux Jeux de Sydney (2000), Athènes (2004) et Turin (2006). Ces beaux symboles suscitent à l’époque en Corée du Sud enthousiasme et espoir d’une réconciliation, voire d’une réunification qui semble à portée de main. Mais l’espoir ne dure pas : les tensions se ravivent vite, sur fond de progrès du programme nucléaire et balistique nord-coréen.

    Les JO de PyeongChang, facteur de rapprochement ?

    En 2010, deux attaques nord-coréennes visant un croiseur et une île en Corée du Sud font 50 morts ; les relations ne cessent de se dégrader. Brève accalmie, lors des JO de Rio en 2016 : un selfie improvisé entre deux gymnastes, la Sud-Coréenne Lee Eun-ju et la Nord-Coréenne Hong Un-jong, suscite sourires et avalanche de bons sentiments en ligne. Mais la photo, certes virale, n’a aucune retombée politique.

    En début d’année, après plusieurs mois de menaces de guerre et d’essais de missiles à répétition, la Corée du Nord annonce accepter l’offre sud-coréenne de participer aux Jeux de PyeongChang. En se servant des JO pour se rapprocher de Séoul, Pyongyang cherche sans doute à sortir de son isolement croissant et à éloigner le risque de frappe militaire américain, évoqué avec insistance à Washington.

    Une équipe de hockey commune en question

    Les choses vont même plus vite que prévu : pour la première fois de leur histoire olympique, les deux Corées présenteront une équipe unifiée en hockey sur glace féminin (en 1991, une équipe intercoréenne en tennis de table avait remporté l’or aux championnats du monde). Mais cette initiative, ainsi que l’annonce d’un nouveau défilé conjoint lors de la cérémonie d’ouverture, suscitent des résistances inattendues parmi la population sud-coréenne.

    Selon un sondage, 72% (et 82% des 20-40 ans) désapprouvent l’idée d’une équipe unifiée, jugée injuste pour les hockeyeuses sud-coréennes qui étaient déjà qualifiées. « L’époque où chacun pleurait des larmes de joie quand nous nous retrouvions et formions une équipe conjointe est terminée », souligne le quotidien Kookmin Ilbo. Mais en dépit de ces résistances, une grande majorité de Sud-Coréens a accueilli avec soulagement la nouvelle de la participation du Nord, considérée comme la garantie que le turbulent voisin s’abstiendra de tout coup d’éclat... au moins, pendant la trêve olympique.

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