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    Hebdo

    L’armée allemande acculée par les pénuries

    media Des soldats réparent un blindé «Fuchs» de la Bundeswehr lors d'un exercice militaire à Munster, dans le nord de l'Allemagne. PATRIK STOLLARZ / AFP

    Depuis quelques jours, l’armée allemande est sous le feu des critiques dans la presse nationale. Un rapport parlementaire explosif liste les nombreuses insuffisances. Une offensive qui doit aussi être étudiée sous l’angle de la stratégie politique.

    Une armée allemande en état de déliquescence. C’est la conclusion que tire le rapport publié mardi 20 février par Hans-Peter Bartels (SPD), le commissaire parlementaire aux forces armées. Il y dénonce l’état catastrophique de nombreux matériels ainsi que les harcèlements récurrents envers les subalternes. Tout le monde en prend pour son grade : la ministre de la Défense Ursula von der Leyen et les principaux chefs d’état-major.

    Le commissaire parlementaire aux forces armées est un poste original qui permet au Parlement allemand, le Bundestag, d’exercer un contrôle sur les armées tout en en défendant les intérêts. Non élu, qui occupe ce poste bénéficie d’un pouvoir réel en matière de défense : une liberté de contrôle et de parole absolus. Résultat, Hans-Peter Bartels, lui-même ancien parlementaire, avait ouvert les hostilités au début du mois en commençant à révéler dans la presse ses premières conclusions : « La marine allemande ne peut plus assumer de missions au profit de l’Otan, de l’Union européenne ou des Nations unies ».

    Une marine en calle sèche

    La marine allemande, qui participe notamment à l’opération européenne de sécurisation de la Méditerranée « Sophia », fait en effet face à d’importantes pénuries matérielles. Sa dernière génération de frégates Baden Wurtemberg (Type-125), bâtiment crucial pour une telle force, a été en bonne partie (2 sur 4) renvoyée à l’industriel pour des problèmes majeurs de conception. Sur ses trois navires de soutien de la classe Berlin (EVG Berlin et Bonn), deux sont bloqués à quai pour des réparations qui doivent durer au moins 18 mois… Faute de pièces de rechange. Enfin, plus un seul des six sous-marins n’est en état de patrouiller suite à un accident du dernier qui n’était pas encore trop usé pour naviguer.

    Autant de navires-clefs pour une force navale qui prétend participer à des opérations internationales. Autant de navires sans lesquels la marine allemande risque de peiner à jouer le rôle stratégique, politique et diplomatique qu’espère le gouvernement à Berlin.

    Et les marins ne sont pas les seuls à faire face à de telles difficultés. L’armée de terre allemande doit prendre la tête d’une force de l’Otan (VJTF) en janvier prochain. Or selon un rapport interne consulté par le journal Bild, sur 44 chars de combat Leopard qui doivent être déployés, à peine neuf sont en état de fonctionner. De même, les fantassins risquent de manquer d’un peu de tout : lunettes de vision nocturne, véhicules légers, vêtements d’hiver et même de certaines armes.

    Manœuvre politique

    L’armée allemande est-elle pour autant dans un état de ruine ? Joseph Henrotin, rédacteur en chef du magazine spécialisé Défense et Sécurité Internationale, nuance cette analyse : « Tous ces équipements, en France, fonctionneraient. Pour un Allemand, un équipement avec un dysfonctionnement est indisponible. Pour un Français, un Mirage 2000 avec un radar en panne peut décoller s’il n’en a pas besoin. » Le site spécialisé FOB confirme qu’en matière de chars de combat, les Leopard allemands ne sont pas moins disponibles que les Leclerc français. S’ils le décidaient, les Allemands pourraient probablement déployer une bonne partie des équipements qui sont actuellement considérés comme indisponibles.

    L’armée reste un objet difficile à gérer politiquement en Allemagne. « Investir dans la Bundeswehr, ce n’est pas très populaire, relève Joseph Henrotin. S’ils voulaient financer, ça pourrait se faire facilement. Ces difficultés sont instrumentalisées, d’un côté par ceux qui voudraient obtenir 2% du PIB pour la Défense, et de l’autre par ceux qui s’en servent pour illustrer l’inutilité de l’armée. »

    L’ambition des 2%

    Hans-Peter Bartels fait en effet partie de ceux qui, à Berlin, réclament que l’Allemagne respecte les engagements de l’Otan d’investir 2% de son PIB dans la défense. Mais début février, la Grande coalition menée par Angela Merkel (CDU, CSU et SPD) a publié un important document de 179 pages défendant une « nouvelle dynamique » pour le pays… Qui n’évoquait pas cet objectif. Il se contente de promettre 42,2 milliards pour 2021, soit 1,15% du PIB.

    Hans-Peter Bartels ne se montre pas satisfait des efforts annoncés par Berlin et semble déterminé à poursuivre le bras de fer par médias interposés : « Malgré les promesses du gouvernement de trouver plus d’argent, assure-t-il, les tâches pour lesquelles il devrait y avoir plus d’hommes et d’équipement dans le futur sont déjà sur nous. Les soldats doivent déjà les remplir aujourd’hui du mieux qu’ils peuvent, avec tout ce qui leur tombe sous la main. »

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