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    Littérature: l'éducation de Jésus revue et corrigée par J.M.Coetzee

    media John M. Coetzee est romancier et prix Nobel de littérature 2003. TIZIANA FABI / AFP

    Avec L’Education de Jésus, le second volet de sa suite romanesque faussement biblique, J.M. Coetzee poursuit son parcours expérimental, à mi-chemin entre l’allégorie et le conte philosophique.

    Prix Nobel de littérature 2003, le Sud-Africain J.M.Coetzee est un romancier pas comme les autres. Depuis sa première fiction qu’il a fait paraître dans les années 1970, il nous a habitué à une littérature exigeante qui ne se contente pas de raconter la société, mais la pense, pointant du doigt à travers des récits complexes ses chausse-trappes et ses abîmes, ses brutalités et ses aveuglements.

    La douzaine de romans que cet ancien professeur de littérature à l’université du Cap a publiés évoquent Kafka, Dostoïevski et Beckett, plutôt que Balzac ou Dickens, même si Coetzee s’inspire de la réalité brutale qui l’entoure. Comme il l’a fait dans son roman sans doute le plus connu, Disgrâce (1999), qui mettait en scène les dérives de la société post-apartheid en Afrique du Sud. Ce livre qui avait suscité en son temps une vive polémique opposant l’auteur au gouvernement noir sud-africain, serait la cause de l’exil de Coetzee en Australie où vit le septuagénaire depuis 2002.

    Il a même acquis depuis la nationalité australienne. C’est d'ailleurs en tant que ressortissant australien qu’il a reçu le prix Nobel de littérature. L’Académie suédoise l’a distingué pour l’ensemble de son œuvre qui, selon les mots du jury Nobel, « dans de multiples travestissements expose la complicité déconcertante de l’aliénation ».

    Une saga familiale et mythologique

    Dans les romans et récits autobiographiques qu’il a fait paraître depuis son obtention du prix Nobel, Coetzee semble avoir abandonné la thématique de l’aliénation pour s’intéresser à une fiction plus volontiers expérimentale, allant jusqu’à imaginer sa propre mort dans la troisième partie de son autobiographie fictive : L’Eté de la vie (2007).

    Depuis quelques années, l’auteur de Disgrâce s’est embarqué sur une nouvelle suite romanesque dont vient de paraître en français en automne dernier le second volet intitulé L’Education de Jésus. Récit allégorique de la vie humaine dans ce qu’elle a d’essentiel (éducation, passion, questionnement face aux mystères de la vie et de la mort), ce roman propose la suite des aventures du trio Simon-Inès-David dont nous avions fait connaissance dans Une Enfance de Jésus, le premier volet de cette saga familiale, tiraillée entre le mythologique et le post-moderne.

    Le premier volume de ce récit faussement biblique mettait en scène la reconstitution de « la sainte famille  » dans une ville contemporaine d’Amérique latine hispanophone. Simon et Inès qui ne sont pas mari et femme, sont réunis pour servir de parents de substitution au petit David, séparé de sa mère biologique dans des circonstances mystérieuses. Si la configuration de ce trio rappelle la vie du Jésus des Evangiles, né d'une union jamais consommée, les personnages renvoient aussi à des figures contemporaines de réfugiés et de migrants. Arrivés par bateau dans leur nouveau pays, ils doivent se reconditionner afin de s’intégrer dans leur pays d'accueil. Ils sont privés de la mémoire de leur passé et évoluent dans un présent perpétuel.

    Au cœur de la saga, le petit David dont l’éducation est le principal sujet du nouveau volet. David qui a presque sept ans dans L’Education de Jésus a accompagné ses parents adoptifs dans une exploitation agricole où ils viennent d’être embauchés. Ils s’inquiètent pour la scolarisation de leur enfant dans cette nouvelle ville où ils ne connaissent personne. Ils s’inquiètent d’autant plus que leur garçon souffre d’un « déficit cognitif ».

    Chorégraphies mystiques

    David a du mal à s’intégrer dans une école classique, mais dans cette nouvelle ville où il vient de débarquer, il trouve son bonheur dans une académie de danse tenue par un couple d’illuminés, assoiffés de perfection. Anciens danseurs et musiciens, ils initient les enfants qui leur sont confiés aux mystères des connaissances par le biais des chorégraphies mystiques. Cette méthode satisfait David qui aime procéder par questionnements, mais un drame atroce vient mettre un terme à son apprentissage.

    Ce qui frappe dans ce roman à l’intrigue manifestement énigmatique, c’est surtout l’écriture dépouillée et désincarnée de Coetzee, qui n’est pas sans rappeler la puissance et le souffle de ses chefs-d’œuvre de l’époque sud-africaine.

    L’éducation de Jésus, par J.M. Coetzee. Traduit de l’anglais par Georges Lory. Editions du Seuil, 2017, 326 pages, 21 euros.

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