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    Hebdo

    Les Syriens se font peu à peu une place dans l'économie jordanienne

    media Isam, réfugié syrien en Jordanie, travaille depuis quatre mois dans une usine textile d’Irbid, dans le nord du pays. RFI/Jérôme Boruszewski

    Le conflit syrien est entré le 15 mars 2018 dans sa huitième année. La guerre a fait plus de 500 000 morts et forcé plus de 5 millions de Syriens à fuir à l’étranger. Plus d’un million d’entre eux ont trouvé refuge en Jordanie où ils parviennent, lentement, à s’insérer sur le marché du travail.

    De notre correspondant à Amman

    Assise face à sa machine à coudre, Safar manipule des tissus de couleur mauve qu’elle assemble. Cette réfugiée syrienne travaille depuis trois mois dans une entreprise textile à Irbid, dans le nord de la Jordanie. Elle vit au camp de Zaatari, le plus grand du pays, qui accueille environ 80 000 Syriens. « Je me sentais mal parce que j’étais tout le temps à la maison, assise, à ne rien faire, explique cette femme de 30 ans. Maintenant, je sors de chez moi et je peux faire quelque chose de bien ». Elle gagne désormais 205 dinars par mois, soit environ 235 euros.

    Installé quelques postes de travail plus loin, Isam coud des élastiques sur des jupes. Le jeune ouvrier syrien se réjouit de dépendre de moins en moins de l’aide humanitaire apportée au camp de Zaatari. « Je peux maintenant couvrir presque tous les besoins de ma famille, confie-t-il. J’ai quatre enfants. Je ne reçois que des couches pour bébés et des bouteilles de gaz ».

    Avant d’intégrer cette usine il y a quatre mois, Isam fabriquait des sacs à dos à Amman, la capitale jordanienne. A cette époque, il n’avait pas de permis de travail. « J’avais peur de me faire arrêter sur la route, poursuit-il. Maintenant, je peux aller où je veux et personne ne me demande rien. » Le permis de travail qu’il a obtenu il y a quatre mois lui donne droit à des congés ainsi qu’à une couverture sociale.

    Foires à l'emploi

    En 2016, la Jordanie a décidé d’ouvrir aux réfugiés syriens certains secteurs de l’économie : l’agriculture, le bâtiment, l’hôtellerie et le secteur manufacturier, dont le textile. Depuis lors, plus de 90 000 permis de travail ont été délivrés ou renouvelés. Deux bureaux pour l’emploi ont ouvert aux camps de Zaatari et Azraq.

    « Nous y conservons les données concernant l’expérience professionnelle des réfugiés et nous leur proposons des postes afin qu’ils candidatent, explique Olga Sarrado, la porte-parole du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) à Amman. Nous faisons un peu agence pour l’emploi ». Le HCR prend également en charge la formation professionnelle de 25 réfugiés syriens dans des usines du pays. L’agence espère en former un millier d’ici deux ans.

    Plusieurs foires à l’emploi ont par ailleurs été organisées dans ces camps afin de rapprocher réfugiés et employeurs potentiels. Les premiers intéressent les seconds, car les patrons du textile trouvent difficilement la main-d’œuvre nécessaire sur le marché local. « Les femmes jordaniennes restent deux semaines à l’usine puis elles partent. Parfois, elles se marient et leurs maris ne veulent pas qu’elles travaillent », regrette Monawar Al-Zaben, le responsable des ressources humaines d’une entreprise qui a participé à une foire à Azraq.

    Mohamed Orabi, le patron de l’usine où travaillent Safar et Isam, songe à embaucher davantage de Syriens. Il est en train de remplacer ses employés bangladais, trop chers à ses yeux, par des réfugiés. « Il faut payer aux Syriens un salaire et la sécurité sociale. Aux Bangladais, la nourriture et le permis de travail en plus. Cela fait beaucoup », estime-t-il, soucieux de ne pas perdre en compétitivité. Le permis de travail des Syriens est gratuit.

    Expulsions forcées en baisse

    Le HCR estime que 300 000 réfugiés syriens enregistrés auprès de l’agence sont en âge de travailler en Jordanie. Parmi eux, seuls 47 000 ont un emploi déclaré, ce qui donne un taux de chômage supérieur à 80%. Toutefois, ce chiffre ne tient pas compte de l’économie informelle ni de l’activité des réfugiés qui ne sont pas enregistrés auprès du HCR.

    Début mars, le gouvernement jordanien et le Haut Commissariat ont lancé un processus destiné à régulariser les réfugiés syriens qui auraient quitté les camps sans autorisation et ceux qui ne se sont jamais déclarés. En quelques jours, le HCR a reçu plusieurs milliers de demandes. « On constate une insertion plus importante des réfugiés grâce aux politiques menées par le gouvernement », se réjouit Olga Sarrado.

    Néanmoins, l’an dernier, le gouvernement jordanien a expulsé près de 2 400 réfugiés en Syrie, la plupart étant suspectés de menacer la sécurité de la Jordanie. Aucun d’entre eux n’a pu contester la décision d’expulsion devant la justice. Filippo Grandi, le haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, a estimé le mois dernier que les expulsions forcées étaient toutefois « en forte baisse ».

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