GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Lundi 17 Septembre
Mardi 18 Septembre
Mercredi 19 Septembre
Jeudi 20 Septembre
Aujourd'hui
Samedi 22 Septembre
Dimanche 23 Septembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    • Canicule de l'été 2018: 1500 morts de plus, dix fois moins qu'en 2003, selon la ministre de la Santé, Agnès Buzyn (CNews)
    • Mort du président vietnamien Tran Dai Quang (officiel)
    • France: Emmanuel Macron élève une vingtaine de harkis dans l'ordre de la Légion d'honneur (Journal officiel)
    Hebdo

    La France peut-elle se passer des ventes d'armes à l'Arabie saoudite?

    media Le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian et son homologue saoudien, Adel Al Jubeir, le 13 décembre 2017 à l'occasion du sommet sur le G5 Sahel. Ludovic MARIN / AFP

    Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman entame le 8 avril 2018 une visite officielle de trois jours en France. Si certains attendent avec impatience l’annonce de nouveaux échanges commerciaux juteux, les plus critiques dénoncent de plus belle les ventes d’armes au royaume.

    Au cours des dix dernières années, l’Arabie saoudite a été le deuxième plus gros client de l’industrie de l’armement française. Avec près de 12 milliards d’euros de contrats signés entre 2007 et 2016, Riyad se place juste derrière l’Inde parmi les fidèles de ce commerce bien particulier.

    L’occasion pour Emmanuel Macron et celui que l’on surnomme « MBS », le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, de renouer le contact après une première rencontre glaciale en novembre dernier. Le président français avait alors bataillé pour obtenir la libération du Premier ministre libanais, Saad Hariri.

    Au-delà de cet épisode diplomatique, la relation entre la France et l’Arabie saoudite est durablement chahutée par la guerre au Yémen. La coalition menée par Riyad est régulièrement mise en cause dans ce conflit où elle est accusée de nombreuses violations du droit international humanitaire. Les bombardements et le blocus maritime causeraient d’immenses dommages parmi les populations, sans aucune discrimination.

    Difficile, dans ce contexte, d’assumer à Paris les nombreux bijoux technologiques régulièrement livrés aux forces saoudiennes et à leurs alliés depuis de nombreuses années : de l’artillerie, des missiles, des navires militaires, des fusils snipers ou des véhicules blindés. Dans les milieux de l’industrie, on espère d’ailleurs que cette visite du prince héritier saoudien à Paris sera l’occasion de nouvelles annonces.

    Illégal ?

    La France n’est pas très claire sur sa position au sujet du Yémen. Ces dernières semaines, médias, ONG et même opposition parlementaire ont cherché à savoir où en était Paris. A l’automne 2016, le ministère des Affaires étrangères affirmait que les livraisons avaient été mises en pause. Depuis, de nombreux contrats ont encore été signés et aucune réponse claire n’a été fournie.

    Le 16 mars dernier, l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) et Amnesty International France publiaient une étude juridique qui accusait clairement Paris : en livrant des armes à l’Arabie saoudite, la France et ses entreprises seraient complices de crimes de guerre.

    « La conclusion de cette opinion juridique, explique Aymeric Elluin, chargé de plaidoyer Armes et lutte contre l’impunité chez Amnesty, est de dire qu’il y a aujourd’hui un fort risque d’illégalité de la démarche française consistant à vendre des armes à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, sur la base des engagements internationaux existants. La France violerait le Traité sur le commerce des armes (TCA) et la Position commune de l’Union européenne en matière d’exportation d’armement. »

    Indispensable client

    Le gouvernement français assure faire tout ce qu’il faut pour respecter ses engagements internationaux en faveur de la protection des populations. Chaque démarchage, chaque signature de contrat et chaque livraison font l’objet d’une autorisation unique accordée par la Commission interministérielle d’étude des exportations de matériels de guerre (CIEEMG)... dans le plus grand secret.

    La question reste posée : la France peut-elle se passer d’un client aussi important que l’Arabie saoudite ? « D’un point de vue politique, oui, répond Denis Jacqmin, chercheur au Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP). Mais d’un point de vue économique, c’est moins sûr. »

    En France, l’industrie de l’armement emploie 200 000 personnes et dépend pour moitié de l’export. Un argument qui l’emporte souvent, au regret de ce même spécialiste : « Il y a certainement moyen d’avoir un débat plus scientifique que d’opposer le chômage à la paix dans le monde. »

    Comme beaucoup, il dénonce le manque de transparence de nombreux Etats sur leurs ventes d’armes. Surtout, il contextualise ces choix. Alors que l’Europe subit une intense crise migratoire, de nombreux pays membres continuent de vendre des armes à des clients régulièrement accusés d’être à l’origine de crimes majeurs contre les populations.

    Emmanuel Dupuy, président de l’Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE), fait reposer ses espoirs sur les évolutions commerciales qui ont marqué l’année 2017 : « Jusqu’en 2016, 50% de nos exportations étaient destinées au Moyen-Orient. Mais la signature d’un mégacontrat de sous-marins pour l’Australie ou encore les avions Rafale pour l’Inde permettent de diversifier nos clients et 70 contrats ont également été signés par des petites entreprises avec des pays africains. »

    Suffisamment pour se passer des milliards saoudiens ? « Il faut faire le bon choix : agréger des milliards sur un marché unique ou se diversifier », estime le chercheur.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.