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    Avec l’abaya «sportive», des Saoudiennes font évoluer les normes vestimentaires

    media Une femme fait du vélo à Djeddah, en Arabie saoudite, le 7 novembre 2017. REUTERS

    Porter une version colorée et sportive de l'abaya traditionnelle, cet habit noir qui couvre tout le corps, était autrefois considéré comme un acte de rébellion culturelle en Arabie saoudite. Aujourd'hui, des Saoudiennes en font une tendance de la mode vestimentaire. Impensable auparavant, l'idée de se débarrasser de l'abaya semble désormais gagner du terrain.

    En Arabie saoudite, les femmes sont tenues de porter l’abaya traditionnelle, cet habit noir qui recouvre tout le corps, en public. Mais dans cette tenue, impossible de courir ou de faire du sport. Face à ce problème, des créateurs et créatrices de mode comme Eman Joharjy, une Saoudienne de 43 ans, proposent désormais des abayas sportives et colorées.

    Le port de ce vêtement est un phénomène relativement nouveau, « dans un pays où l’abaya noire reste la norme », explique Olivier Da Lage, journaliste à RFI et auteur de l'ouvrage Géopolitique de l’Arabie saoudite (Complexe, 2006).

    Taillés dans des tissus naturels, y compris de la popeline, qui ne s'accrochent pas à un corps en sueur, ces modèles sont semblables à une combinaison à fermeture éclair. Ils enveloppent le corps, mais offrent une plus grande mobilité, contrairement à la version « baggy » classique qui présente un risque si on court. « Il y a une forte demande », raconte la créatrice à l'AFP.

    Dans son studio de mode à Djeddah, une ville située sur les bords de la mer Rouge dans l'ouest du pays, Eman Joharjy explique que « l'abaya, c'est comme le sari indien, cela fait partie de notre identité ». « Si Dieu ne voulait pas que les femmes fassent du sport, nous n'aurions pas de muscles ni de corps », ajoute-t-elle. En face, sa cliente, qui porte des baskets, opine. « Ce n'est l'affaire de personne de remettre en cause ce que je porte. »

    « Si ce n'est pas noir, ce n'est pas une abaya »

    Dans ce pays très conservateur, faire évoluer les normes vestimentaires peut s’avérer très compliqué. Eman Joharjy raconte avoir été considérée comme un phénomène social atypique quand elle a commencé à concevoir et à porter en public des abayas sportives en 2007. Certains l'avaient même surnommée « Batman ».

    Mais la styliste n’a pas pour autant abandonné ses modèles, qu’elle décline dans des couleurs comme le vert pistache, le beige et le blanc, plus compatibles avec les chaleurs torrides du royaume. Elle défie ainsi une maxime populaire en Arabie saoudite: « Si ce n'est pas noir, ce n'est pas une abaya ».

    Vers une évolution des normes ?

    Le prince héritier Mohammed ben Salmane, homme fort du pays, a récemment estimé que le port de l'abaya n'était pas obligatoire dans l'islam. « Les lois sont très claires et stipulées dans la charia [loi islamique] : que les femmes portent des vêtements décents et respectueux, comme les hommes », a-t-il déclaré en mars à la chaîne de télévision américaine CBS.

    Selon Olivier Da Lage, « tout dépend de la façon dont le texte est reçu et interprété ». Car dans la charia, il n'est pas fait mention d'une abaya noire. « Il appartient aux femmes de décider du type de vêtements décents et respectueux à porter », a également déclaré Mohammed ben Salmane.

    Dans la même veine, deux hauts dignitaires religieux ont tenu des propos remarqués. Cheikh Ahmed ben Qassim al-Ghamdi a rejeté l'idée selon laquelle les abayas devaient être noires. Et Cheikh Abdullah al-Mutlaq a, lui, estimé en février que les femmes ne devraient pas être contraintes de porter l'abaya.

    Ces déclarations accompagnent un assouplissement des strictes restrictions imposées aux femmes. En Arabie saoudite, la police religieuse, qui a longtemps ciblé les femmes faisant des exercices de sport en public, a quasiment disparu des rues.

    Une ouverture superficielle ?

    Récemment, des abayas sur le thème du football se sont développées après l'accès donné aux femmes à certains stades du royaume. Ces dernières pourront par ailleurs conduire à partir du mois de juin. Autre changement : les autorités saoudiennes ont annoncé que des femmes pourraient participer en 2019 au marathon international de Riyad, jusque-là réservé aux hommes.

    Cependant, le rapport de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme publié fin janvier souligne que les droits des femmes continuent à être bafoués. Malgré ces quelques signes d’ouverture, les réformes impulsées par le jeune prince Mohammed ben Salman pourraient n’être qu’une façade.

    Une société encore conservatrice

    D'autant que les évolutions vestimentaires ne sont pas du goût de tous dans cette société imprégnée d'un fort conservatisme. « La société saoudienne n'est pas un corps social homogène, analyse Olivier Da Lage. Et la tendance à l'ouverture fortement impulsée par le prince héritier peut se heurter à une partie de la société encore très conservatrice. »

    « On dirait des nettoyeuses! », affirme un tweet en réponse à des images de femmes en abayas sportives. « Leur but n'est pas le sport. Nous avons toutes couru en voile intégral », a tweeté une femme opposée au port de l’abaya sportive.

    Les libertés vestimentaires des femmes dans le royaume font très souvent l’objet de débats. Récemment, des images d'athlètes féminines en tenue de sport dans la ville de Djeddah ont déclenché la colère des puristes, qui dénoncent des atteintes à la tradition.

    D'autres défendent cette évolution. « Certaines strates de la société sont prêtes à accepter ce message, et dans ces milieux, l'assouplissement des restrictions pourra faire son chemin », détaille Olivier Da Lage. Pour l'instant, difficile d'évaluer le poids réel des deux camps dans la société saoudienne.

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