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    Hebdo

    Abiy Ahmed, nouveau visage de l'Éthiopie

    media Une affiche pro-Abiy Ahmed, nouveau Premier ministre de l'Ethiopie. Vincent Dublange/RFI

    Abiy Ahmed, le premier Oromo à accéder au pouvoir dans l'histoire moderne de l'Éthiopie, est présenté par ses proches comme l'homme de la situation pour redresser la barre du deuxième État le plus peuplé d'Afrique.

    De notre correspondant à Addis-Abeba,

    « Nous avions fabriqué une brouette en bois sur laquelle il s'assoyait et on le conduisait comme un roi. » Dans l'ouest de l'Ethiopie, à l'école primaire de Beshasha où les écoliers partagent la cour de récréation avec les vaches, Abiy Ahmed avait déjà la carrure d'un leader, se souvient son ami d'enfance Abdulkarim Mohamed. « Il passait son temps à discuter avec les anciens, comme une personne déjà mature. »

    A 42 ans, Abiy Ahmed occupe depuis début avril le poste de Premier ministre en Éthiopie. C'est le premier Oromo à la tête de l'État dans l'histoire récente du pays. Dans son village natal, à près de 500 kilomètres au sud-ouest d'Addis-Abeba, la capitale, sa photo trône sur le bas-côté de la route comme un trophée exposé avec fierté aux automobilistes de passage.

    Son père, Ahmed Ali, est une figure de la communauté locale. Malgré ses 92 ans, cet Oromo en costume, très grand, n'a rien perdu de son allure. Famille et amis viennent chez lui pour discuter autour d'un café. Ses gestes sont réservés. Mais à l'annonce de la nomination de son treizième fils, il a sauté de son lit, raconte en riant l'un de ses petits-fils. « J'étais tellement heureux, c'est mon fils, avoue Ali Ahmed. Mais je n'étais pas le seul, tous les Éthiopiens étaient contents. »

    Réconciliation religieuse

    Ahmed Ali est musulman, comme 90% de la population de Beshasha. Et comme tous les habitants, il a été marqué par le conflit, il y a une dizaine d'années, entre la communauté musulmane et les chrétiens orthodoxes, minoritaires ici à la différence des hauts plateaux du nord de l’Éthiopie. « Cela s'est passé pendant la nuit, se rappelle Berhanu Habtemariam, membre du comité de l'église orthodoxe de Beshasha. Des gens sont arrivés, ont attaqué et brûlé l'église, ils ont aussi tué six personnes et 26 ont été blessées grièvement. »

    Aujourd'hui, l'église orthodoxe a été reconstruite et un mémorial honore la mémoire des victimes. « Les instigateurs ont été arrêtés et détenus, raconte un fidèle de 76 ans. Puis Dr. Abiy est venu et a mené le processus de réconciliation. Désormais, tout le monde vit en paix ». Abiy Ahmed, dont la mère est orthodoxe, est lui-même converti au protestantisme. Il a écrit une thèse de philosophie sur les questions de paix et de sécurité, qui lui vaut aujourd'hui le titre prestigieux de « docteur ».

    « Les gens vivaient ensemble, ils mangeaient ensemble, partageaient les fêtes, ils faisaient tout ensemble et, quand le conflit est arrivé, Dr. Abiy les a rassemblés, leur a dit de faire la paix », confirme Kassim Abassimal, l'imam de la mosquée située derrière la maison paternelle. Sur sa terre natale, tout le monde vante le profil pacifiste du nouveau Premier ministre. Pourtant, il s'est aussi construit dans l'armée.

    L'enfant surnommé « révolution »

    « Abiyot », comme on le surnommait enfant et qui signifie « révolution » dans la langue locale, s'est engagé très tôt en politique dans l'Organisation démocratique des peuples oromos (ODPO), une des composantes de la coalition qui le portera finalement au pouvoir. L'un des éléments déclencheurs, selon ses proches, est la mort de son frère, Kada, tué par les membres d'un mouvement oromo rival, le Front de libération oromo (OLF). « Abiy était déterminé à faire avancer la lutte des Oromos. Il a rejoint l'OPDO, car il croyait que les Oromos devaient obtenir la place qui leur revient dans le pays. À cette époque, nous étions inquiets pour lui : pourquoi a-t-il choisi d'aller à Addis ? Va-t-il mourir ? », se remémore son ami Abdulkarim Mohamed.

    A seulement 15 ans, Abiy Ahmed rejoint les rangs du Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF) quelques mois avant la chute du dictateur Mengistu Haile Mariam, à la tête du régime dictatorial du Derg pendant dix-sept ans. Il n'est pas clair s'il a participé aux combats ou non. Il est ensuite envoyé comme casque bleu au Rwanda après le génocide des Tutsis, puis occupe un poste dans les télécommunications, sa spécialité, au moment de la guerre entre l’Éthiopie et l’Érythrée.

    De ses vingt années dans l'armée, Abiy Ahmed a appris le tigréen, la langue du nord de l’Éthiopie, celle d'où viennent les combattants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), parti dominant de la coalition. Cette expérience proche de ce parti, accusé d'avoir gardé la mainmise sur le pouvoir pendant vingt-sept ans, est perçue par certains comme un atout pour conduire le pays vers une transition politique en douceur. D'autres y voient une preuve de sa connivence avec le TPLF.

    Autre point noir sur le CV du nouveau Premier ministre : la fondation de l'Agence éthiopienne de sécurité des réseaux d'information (INSA), chargée de la surveillance numérique des citoyens, qu'il a dirigée. Il a aussi passé un an au ministère des Sciences et de la technologie sous le gouvernement d'Hailemariam Desalegn, son prédécesseur.

    Abiy Ahmed affirmait néanmoins le 11 avril dernier devant la foule rassemblée à Ambo, ville de la région Oromiya et haut lieu de la contestation ces deux dernière années : « Nous sommes en train d'entrer dans une nouvelle ère, une période de transformation de notre pays en un État plus inclusif. Nous avons maintenant la responsabilité de transformer ces espoirs en réalité. »

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