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    Accord nucléaire: les Iraniens partagés entre indifférence et inquiétude

    media Des Iraniens protestent contre Donald trump et sa décision de se retirer de l'accord sur le nucléaire à Téhéran le 11 mai 2018. REUTERS/Tasnim News Agency

    Le retrait unilatéral des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien est diversement apprécié par les Iraniens, qu’ils résident en Iran ou à l’étranger. Pour certains, le retour des sanctions est sans doute inquiétant voire déstabilisant. Pour d’autres, la République islamique se débrouillera comme avant en cherchant des voies pour contourner une partie du moins des sanctions. Pour d’autres encore, c’est une aubaine pour l’aile dure du régime qui va en profiter pour consolider ses assises et affaiblir davantage les modérés. Il y a également ceux qui pensent que, de toute façon, comme la levée des sanctions il y a plus de deux ans n’a pas eu d’impact tangible sur leur vie quotidienne, leur retour aura, au pire, des conséquences limitées.

    Sans les Etats-Unis, les Européens auront-ils les moyens de sauver l'accord sur le nucléaire iranien ? A Téhéran, c'est en tout cas ce qu'estiment quelques commerçants dont nous avons pu recueillir le témoignage et pour qui l'opposition initiale de l'Europe au retrait des Etats-Unis de l'accord est de bon augure. Massoud, un jeune homme qui tient une quincaillerie au nord de la capitale, s’inquiète plutôt pour l’image de son pays. D’après lui, « bien que la levée des sanctions n’ait pas eu les effets espérés sur le commerce intérieur, l’accord avait au moins cet avantage de contribuer à l’amélioration de l’image internationale de l’Iran en atténuant les tensions qui s’étaient installées entre la République islamique et les pays occidentaux depuis la présidence d’Ahmadinejad ».

    L’aile dure du régime se réjouit

    Quant aux partisans de l’aile dure du régime, étant dès l’origine opposés à cet accord, ils ont commencé depuis le retrait des Etats-Unis à critiquer ouvertement la politique du gouvernement Rohani. Mohammad Shaltouki, journaliste de « Mehr News Agency », une des nombreuses tribunes des conservateurs, estime dans un de ses articles que « Rohani a eu tort de lier, dès le départ, le sort de l’économie à cet accord qui était préjudiciable aux intérêts du pays et comme on l’a vu, la levée des sanctions n’a rien changé… Le Guide de la révolution a eu raison d’être préoccupé par les vides que cet accord comportait. Sa mise en œuvre nous a bien montré comment les Occidentaux ont utilisé ces vides pour mener à bien leur politique hostile à la nation iranienne ».

    C'est pourtant Ali Khamenei lui-même qui avait donné son aval pour que des négociations secrètes se tiennent dans le sultanat d'Oman entre l'Iran et les Etats-Unis en 2013 et, plus tard, a cautionné les négociations officielles entre Téhéran et le groupe des 5+1 aboutissant à l’accord de 2015.

    A qui a profité l’accord ?

    Azadeh, étudiante en droit, que nous avons pu également interroger, estime que « le retour des sanctions profitera, en fin de compte, à cette imposante oligarchie qui s’est constituée progressivement pendant et après la guerre Iran-Irak (1980-1988), notamment après l’imposition des sanctions internationales, et dont la mainmise sur l’économie et les institutions du pays n’a pas été ébranlée par le gouvernement soi-disant modéré de Rohani ».

    Une écrivaine, résidant à Téhéran et souhaitant garder l’anonymat, estime elle que « le retour des sanctions ne changera pas grand-chose au quotidien des Iraniens. La signature de l’accord en juillet 2015 et la levée progressive des sanctions ont profité à une minorité détentrice des leviers du pouvoir économique et politique et qui n’a de comptes à rendre à personne. De tout cet argent rentré dans les caisses de l’Etat après la levée des sanctions, la majorité des Iraniens en attente d’une amélioration de leur niveau de vie, n’en a pas vu la couleur, affirme-t-elle. Trump a raison de dire que cet argent a été dilapidé au Yémen pour armer les Houthis, au Liban pour aider le Hezbollah, en Syrie pour soutenir le régime d’Assad et en Irak pour maintenir au pouvoir les chiites pro-iraniens ».

    La critique véhémente de cette écrivaine va plus loin. Non seulement elle reste indifférente au retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire, mais acquiesce en quelque sorte à l’argumentation de Trump en approuvant même, quoique du bout des lèvres, les récentes frappes israéliennes des cibles iraniennes en Syrie après les tirs de roquettes sur le Golan. Selon elle, « les forces iraniennes doivent se retirer de la Syrie. Les Iraniens n’ont rien à faire dans ce bourbier et ne comprennent pas l’obstination absurde de la République islamique à dépenser des sommes vertigineuses pour soutenir un Bachar el-Assad qui ne manque d’ailleurs pas de soutiens de taille comme la Russie. Le pouvoir russe est tout à fait conscient de ce qu’il veut en Syrie, mais il semble que le régime islamique soit là plutôt par solidarité confessionnelle ».

    Le retrait prolonge la vie du régime

    Dans le camp des nationalistes de tendance laïque, bien qu’ils soient tous opposés au régime islamique, les avis sont partagés. Selon une journaliste de la « Fondation Homayoun » basée à l’étranger, « en se retirant de l’accord sur le nucléaire iranien, Trump a fait un mauvais calcul, car son retrait perturbe la lutte des Iraniens contre la République islamique et retarde son écroulement. Dans la décision de Trump, les Iraniens (sic) sentent une volonté de destruction de l’Iran ainsi que les préparatifs d’une agression militaire. Raison pour laquelle ils feront montre d’hésitation dans leur lutte contre le régime islamique ».

    Mohammad Noorizad, opposant laïque et nationaliste vivant en Iran, plusieurs fois emprisonné sous la République islamique, estime sur son blog que « les documents secrets prouvant les activités nucléaires clandestines du régime iranien que Benyamin Netanyahou a récemment présentés en anglais à l’opinion publique, sont bel et bien authentiques. Trump s’est appuyé entre autres sur ces documents pour justifier son retrait. Ils ont été remis à Israël par ses agents secrets dissimulés dans les institutions militaires, le renseignement voire même la Maison du Guide (Bêyt-e rahbari) à Téhéran. Cela montre la fragilité et l’inconsistance de ce régime ».

    Bien que ces propos soient difficilement vérifiables, la République islamique, selon Noorizad, est à bout du souffle et n’a d’autre choix que de renégocier l’accord, comme le veut Donald Trump.

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