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    La France labélise ses forêts d’exception

    media Les forêts de France couvrent un tiers du territoire. Getty Images/Westend61

    A l’occasion de la remise du label « forêt d’exception » à deux forêts domaniales du bassin d’Arcachon sur la côte Atlantique française, rencontre avec Christian Dubreuil, le directeur général de l’Office national des forêts (ONF). Un regard sur la gestion française des forêts pour préserver et développer un patrimoine national en devenir.

    Les forêts de France couvrent actuellement pratiquement un tiers de la superficie du territoire. L’Etat est le premier propriétaire forestier et l’Office national des forêts (ONF) est en charge de la gestion de l’ensemble de ce patrimoine public qui couvre 6 millions d’hectares. Christian Dubreuil, le directeur général de l’ONF, qui mène une politique de développement durable dans les forêts domaniales, explique la spécificité des forêts françaises à l’occasion de la distinction de deux d’entre elles, les forêts de Lège-et-Garonne (4 250 hectares de forêt dunaire sur le littoral couvrant 60% du Cap Ferret) et de la Teste-de-Buch (2 030 hectares de forêts dunaires sur le littoral, au sud de la dune du Pilat), situées de part et d’autre de la baie du bassin d’Arcachon.

    Forêt domaniale de la Teste ONF

    RFI : Christian Dubreuil, vous qui êtes en charge des forêts domaniales de l’ensemble du territoire, y a-t-il en France un mode de gestion particulier de ce patrimoine ?

    Christian Dubreuil : Il y a un modèle français de la gestion forestière. Je ne dis pas cela de manière uniquement chauvine mais il y a un modèle internationalement reconnu, la gestion moderne des forêts a été un peu inventée par la France avec l’école forestière de Nancy au XIXe siècle. C’est un modèle de gestion qui se dit : il y a certes des forêts primaires, des forêts qui n’ont jamais été utilisées par l’homme et qu’il faut absolument préserver comme la forêt guyanaise pour ce qui concerne la France ; il y a des forêts de production intensive, comme les forêts scandinaves et il y a ces forêts intermédiaires qui sont les forêts françaises et notamment métropolitaines. Ces forêts intermédiaires sont des forêts anthropiques, faites par l’homme, entretenues par l’homme, mais en lien bien évidemment avec la nature. Car ce n’est pas l’homme qui fait pousser les arbres, mais ce sont des forêts où l’homme a cherché une adaptation du couvert forestier aux considérations climatiques du sol auquel il était confronté.

    La forêt française, qui était très importante à l’époque romaine – on l’appelait la Gaule chevelue – la Gaule des forêts, a été exploitée notamment par les moines au XIIIe siècle. Elle a connu un moment de plus fort déclin à l’issue de la Révolution française, mais depuis elle a doublé en surface et couvre un tiers de notre territoire. C’est une forêt gérée durablement par des hommes, qui sont dans le temps long, qui savent qu’il faut 180 ans ou 200 ans pour avoir un chêne adulte et qui s’inscrivent de génération en génération dans une gestion sylvicole qui vise à ce que cette forêt soit maintenue en se renouvelant, avec le cycle de vie et mort de l’arbre. C’est une forêt où il y a une relation intime entre l’homme et la nature, entre l’homme et la forêt, et donc les Français sont très attachés à leurs forêts.

    Intervention de l'ONF dans les Alpes Maritimes Giada Connestari

    RFI : Ces forêts du littoral aquitain, que vous venez de distinguer, sont-elles emblématiques de cette histoire ?

    Ces forêts sont très différentes. Dans cette forêt du littoral aquitain, qui est un grand littoral de sable et de dunes, la forêt a servi à vivre en interaction avec l’action parfois brutale de l’océan, avec le vent et les tempêtes, l’action des rivages côtiers, des rivières côtières qui ont créé ce bassin avec des dunes de sable qui se déplacent. Effectivement, cette forêt essentiellement composée de pins maritimes a servi à fixer les dunes, même si on ne les fixe jamais définitivement, c’est l’humilité que doivent avoir les hommes. Mais cette forêt a sauvé des villages qui auraient été engloutis, a permis de créer une station touristique au XIXe siècle et au début du XXe siècle qui est Arcachon, mondialement connue, visitée par des millions de touristes.

    C’est une interaction extrêmement subtile, que les scientifiques étudient beaucoup, qui les passionnent entre un milieu fluvial, océanique, dunaire, soumis à des contraintes fortes avec une forêt en appui de cet ensemble qui maintient des gens qui vivent sous les pins. Ils ont l’avantage de vivre dans un endroit sublime, mais ils vous diront qu’ils sont toujours inquiets parce qu’ils sont dans une situation fragile face à l’océan. Je trouve que c’est un bel exemple de l’interaction des hommes et de la nature.

    Plantations pour fixer la dune L.Gouguet ONF

    RFI : Le label « forêt d’exception » est-il un moyen pour préserver un espace remarquable ?

    Ceux qui disent que la nature serait plus belle sans les hommes se trompent pour des raisons philosophiques, pour des raisons d’humanisme. La nature vit avec les hommes depuis des millénaires mais d’un autre côté l’homme doit absolument respecter la nature et pour la respecter, il faut la comprendre et la connaître.

    A travers le label « forêt d’exception », on rappelle toute cette histoire, tous les aspects historiques, culturels, géologiques, écologiques de telles forêts et c’est en connaissant les choses qu’on les respecte. Le label « forêt d’exception » dit aux personnes et notamment aux habitants et aux visiteurs : « Vous êtes dans un endroit exceptionnel, cette action exceptionnelle est le fruit de siècles de travail, respectez-là pour la léguer aux générations suivantes ».

    RFI : Pourtant il y a peu de forêts élues qui peuvent prétendre à ce titre de « forêts d’exception ». Sur l’ensemble des forêts domaniales, seuls 17 territoires sont engagés dans une démarche pour obtenir ce label.

    L’office national des forêts gère 6 millions d’hectares de forêts publiques et toutes présentent un intérêt écologique, économique et social. Mais on cherche à mettre en exergue différents écosystèmes et là, c’est la seule forêt d’exception qui est une forêt littorale. C’est l’exceptionnel qui entraine l’ensemble, de la même manière que les grands hommes qui nous éclairent. A travers ce label qui reconnaît certaines forêts, on illustre des forêts littorales, continentales, des forêts exceptionnelles par la qualité du bois comme la forêt de Tronçais, avec la futaie Colbert historique en Allier et exemplaire à travers sa forêt de production. Mais on va aussi illustrer des forêts de montagne comme la grande Chartreuse près de Grenoble (dans les Alpes, à l’est de la France). On va parler de la forêt de Fontainebleau qui est probablement la forêt la plus connue au monde et la plus visitée qui va probablement, je l’espère, obtenir le label du patrimoine de l’Unesco.

    Forêt de Tronçais Giada Connestari

    Donc ce sont 17 projets dont 9 sont aboutis. Je vais remettre prochainement ce label à la forêt de la Sainte Baume, un site exceptionnel où vous avez une histoire très importante avec les restes d’une forêt du nord de l’Europe en Méditerranée. Ce sont certes 17 éclairages particuliers mais d’un ensemble forestier domanial tout à fait emblématique et la forêt domaniale, c’est l’Etat, et l’Etat c’est la nation, ce sont les citoyens.

    Au-delà de ce programme, qui a été commencé en 2009, pour lequel j’aspire à ce que toutes ces forêts soient labélisées, on réfléchit à la suite et pourquoi pas aussi à (une extension à) des forêts communales et à des forêts privées. Il y a toujours une avant-garde qui entraine l’ensemble et je pense que « forêt d’exception », c’est un peu un phare de la foresterie française, de la sylviculture française, et puis nous sommes dans une zone (dans le bassin d’Arcachon) où il y a des phares, et les phares, ça évite les naufrages et ça montre le chemin.

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