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    France: la Formule 1 de retour au circuit Paul-Ricard après 28 ans d’absence

    media Alain Prost s'est imposé quatre fois sur le circuit Paul-Ricard entre 1983 et 1990, dont deux fois au volant d'une Renault. STF / AFP

    Un événement doublement historique pour le sport automobile hexagonal va marquer le week-end : le retour de la F1 en France après dix ans d’absence, une réapparition qui va se dérouler sur le circuit Paul-Ricard du Castellet abandonné par la discipline en 1990. Achevé en 1970 et rénové depuis, le site varois jouit d’une aura incomparable.

    Comme souvent dans ce type d’aventures, tout est parti de la vision d’un homme, Paul Ricard, celui qui inventa dans les années 1930 l’apéritif anisé auquel il donna son nom : le Ricard, la boisson emblématique de la France des Trente Glorieuses également connue sous le nom de Pastis, voire de pastaga pour les plus familiers. Nous sommes en 1968 et ce natif de Marseille a décidé, à 59 ans, de prendre sa retraite pour passer la main à son fils, Bernard. Entrepreneur dans l’âme et loin de vouloir rester inactif, Paul Ricard a dans l’idée de construire un circuit de vitesse sur le domaine qu’il possède au Castellet, dans le Var, à une trentaine de kilomètres de Toulon, près de la commune de Signes dont il sera le maire de 1972 à 1980.

    Il s’agit de 1 000 hectares de garrigue près desquels il a déjà fait aménager, en 1962, un aérodrome privé car il avait initialement prévu d’y bâtir une ville-usine, projet qui n’a jamais pu aboutir, faute d’avoir obtenu les autorisations nécessaires de la part de ses adversaires éternels : les pouvoirs publics. Mécène polymorphe (culture, sports mécaniques, voile, océanographie, pétanque, tauromachie), Paul Ricard veut aussi prouver en construisant un circuit dernier cri – il prêche un peu aussi pour sa paroisse – que la principale cause des accidents de la route en France ne sont ni l’alcool ni la vitesse excessive mais « l’inadaptation du réseau routier hexagonal à l’automobile ». « Les routes françaises ont été conçues pour les charrettes, les autoroutes pour les voitures », se plaît-il à rappeler.

    Contexte favorable

    L'Écossais Jackie Stewart, premier vainqueur au Castellet en 1971. Fotocollectie Anefo via Wikimedia Commons

    Pragmatique, il s’entoure en amont d’une équipe de spécialistes et fait notamment appel aux meilleurs pilotes français du moment : Jean-Pierre Jabouille, Jean-Pierre Beltoise, François Cevert, Johnny Servoz-Gavin, pour leur demander conseil. Et il charge l’ingénieur Charles Deutsch, qui a conçu le circuit Bugatti du Mans, de dessiner le tracé. L’accent est mis sur la vitesse et la sécurité périphérique. La piste sera plus large que sur les circuits habituels (12 m au lieu de 9) pour favoriser un peu plus les dépassements et le circuit sera doté d’une très longue ligne droite (1,8 km) pour permettre aux bolides d’atteindre des vitesses maximales. De larges échappatoires seront également déployées dans les zones de freinage les plus dangereuses afin de prévenir les accidents graves en cas de sortie de route.

    Inauguré le 19 avril 1970, le circuit Paul-Ricard du Castellet ne tarde pas à faire l’unanimité, d’autant qu’il est modulable avec ses deux tracés de 5,8 km et de 3,3 km en forme de triangles qui permettent de s’adapter à tous les types de discipline, du karting à la F1 en passant par l’endurance et les courses de moto. Dès 1971, il obtient l’organisation du Grand Prix de France de Formule 1 remporté cette année-là par l’Écossais Jackie Stewart, futur champion du monde au volant de sa Tyrrell-Ford. Toujours ingénieux en matière de business, Paul Ricard et ses assistants ont trouvé la parade lorsqu’ils ont constaté que la construction de stands allait leur revenir aussi cher que l’aménagement de la piste. Ils les ont financés par l’installation dans les tribunes de cinquante boxes loués pour une période cinq ans aux sponsors, tous regroupés en un même lieu, ce qui se faisait encore peu à l’époque.

    Le succès populaire est cependant mitigé pour ce premier Grand Prix de France au Castellet de 1971 car, problème récurrent, le circuit n’est pas très facile d’accès : une seule route y mène, l’accidentogène DN8, si bien que les organisateurs ne s’y retrouvent pas, financièrement parlant. Homme fier et entier, Paul Ricard s’exclame « j’arrête tout ! » quand il apprend l’échec commercial. Il en sera heureusement dissuadé par son entourage, en particulier par Jean-Pierre Paoli, le premier directeur du circuit. L’équilibre financier en termes de spectateurs payants va en réalité être trouvé grâce aux épreuves moto, pour la raison toute bête qu’on accède plus facilement au site sur deux roues que sur quatre. À partir de 1973, le GP de France moto reviendra à intervalles irréguliers se disputer au Castellet : treize éditions au total entre 1973 et 1999 avant que l’épreuve ne s’installe définitivement au Mans. Arrivé plus tard, le Bol d’Or moto s’y disputera quant à lui de façon ininterrompue de 1978 à 1999, avant de venir y réélire domicile depuis 2015.

    Coup d’arrêt en 1990

    L'Anglais Lewis Hamilton et sa Mercedes lors de la séance d'essais de vendredi. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

    Reste que c’est évidemment la Formule 1 qui lui donne une exposition maximale et assoit sa réputation, d’autant que les années 1970-1980 sont marquées par les succès des écuries Renault et Ligier ainsi que par l’émergence d’une génération de pilotes français assez exceptionnelle : Jean-Pierre Beltoise, Jean-Pierre Jabouille, Jacques Laffitte, Patrick Depailler, Alain Prost, René Arnoux, Didier Pironi, Patrick Tambay et Jean Alesi qui remporteront tous au moins un Grand Prix durant leur carrière (au cas où vous vous poseriez la question, la dernière victoire française en F1 remonte à 1996 et à celle d’Olivier Panis à Monaco). La discipline est populaire durant toutes ces années-là et la totalité des Grand Prix est d'ailleurs retransmise en direct à la télévision. L’acmé de cette prééminence tricolore est atteinte le 25 juillet 1982 quand quatre Français terminent aux quatre premières places du GP de France à Paul-Ricard : René Arnoux et Alain Prost devancent Didier Pironi et Patrick Tambay sur Ferrari. Cocorico !

    Spécialiste du Castellet, où il avait fait ses classes en karting, Alain Prost y a signé à lui seul huit podiums, dont quatre victoires (1983, 1988, 1989, 1990), en neuf participations. « Pour l’époque, c’était un circuit moderne et impressionnant » déclarait le quadruple champion du monde dans un documentaire diffusé récemment sur France 3. « On a l’impression, poursuivait-il, d’avoir de l’espace partout mais c’est un circuit qui est en même temps technique. Il y a des bordures, des dégagements mais vous pouvez, à certains endroits, plus utiliser la piste que d’autres et ce n’est pas toujours évident de voir la bonne trajectoire. Parce que vous avez beaucoup d’espace et que vous avez moins de repères. » Entre 1971 et 1990, quatorze GP de France au total vont se disputer sur le site varois, en alternance avec le circuit de Dijon-Prenois entre 1974 et 1984.

    L’idylle entre la F1 et le circuit Paul-Ricard va cependant subir un coup d’arrêt brutal lorsque, en 1990, Le Castellet perd l’organisation du GP de France au profit de Magny-Cours, dans la Nièvre, département cher au président de la République de l’époque François Mitterrand et à son Premier ministre Pierre Bérégovoy, soupçonnés, à raison, d’être intervenus indirectement dans cette décision. Les nouvelles lois limitant la publicité pour les boissons alcoolisées ne jouent pas non plus en faveur d’un circuit baptisé Paul-Ricard. Dès lors, le site va péricliter, perdant peu à peu toutes ses épreuves phares. Après la mort de Paul Ricard en 1997 à l’âge de 88 ans, ses héritiers trouvent un repreneur de marque en 1999 : l’Anglais Bernie Ecclestone, lui-même ancien pilote et devenu pape de la F1, discipline qu’il aura fait prospérer au-delà de ses espérances, tout en lui assurant une fortune considérable, l’une des plus importantes du Royaume-Uni.

    Retour en fanfare

    Le pilote espagnol Fernando Alonso cerné par les trois Français Romain Grosjean (à g.), Esteban Ocon et Pierre Gasly (à dr.). REUTERS/Jean-Paul Pelissier

    L’instrument est donc entre de bonnes mains mais presque trente années vont passer avant de voir la F1 revenir dans le Var. Pire, en 2008 la France perd même son Grand Prix après 102 ans de présence. Mal conçu, mal desservi et mal entretenu, Magny-Cours ne donne plus satisfaction et perd beaucoup d’argent alors que des nations émergentes (Chine, Singapour, Abu Dhabi, Inde, Malaisie) font acte de candidature et proposent des équipements plus modernes. Passionné de sports mécaniques, François Fillon tente bien de faire revenir la Formule 1 en France en 2011 mais le Premier ministre de Nicolas Sarkozy n’aura pas assez de temps pour matérialiser son lobbying, après la défaite de son camp à la présidentielle de 2012. C’est un autre homme politique de droite qui va prendre le relais, Christian Estrosi, maire de Nice et éphémère président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (du fait de la loi sur le cumul des mandats).

    Lui-même ancien pilote moto, ce qui le rend crédible aux yeux de Bernie Ecclestone, le persuasif édile niçois convainc le milliardaire britannique de signer un accord avec le Groupement d’intérêt public qu’il a créé avec les collectivités locales de la région PACA pour faciliter le retour de la F1 en France et donc à Paul-Ricard. Le 5 décembre 2016, Estrosi et son équipe peuvent crier victoire : Formula One Management annonce la réintégration du Grand Prix de France au calendrier des Grands Prix pour la saison 2018, moyennant un ticket d’entrée à 20 millions d’euros pour lesquels le Crédit Agricole Alpes-Provence se porte garant. C’est un pari gagné aussi pour les actionnaires du circuit qui avaient investi 80 millions d’euros depuis 2002 pour le moderniser et le mettre aux normes. Depuis, Bernie Ecclestone a cédé le Paul-Ricard à son ex-épouse Slavica Radic dans le cadre d’un très coûteux divorce estimé à 1 milliard d’euros mais l’accord tient toujours.

    Le budget total de la course est estimé à 32 millions d’euros, somme qui devrait être financée grosso modo pour moitié par les recettes directes (billetterie, produits dérivés, sponsors), l’autre moitié provenant des subventions émanant des collectivités locales, sachant que les retombées économiques du Grand Prix pour la région ont été évaluées à 65 millions d’euros par le cabinet Deloitte, ajoutés à la création de 500 emplois durables. Au-delà, les investisseurs souhaitent pérenniser un peu plus l’économie autour du circuit en faisant du Castellet la pierre angulaire d’un pôle d’innovation dédié à l’automobile (véhicules intelligents, nouvelles énergies, technologie embarquée, etc.), le circuit servant d’outil idéal pour réaliser toutes sortes d’essais grandeur nature. La météo semble donc au beau fixe pour le circuit du Castellet qui attendait 150 000 visiteurs pour le week-end, dont 65 000 spectateurs pour la course de dimanche. Pour ne rien gâter, l'épreuve sera retransmise en direct et en clair sur TF1 (une première depuis 2012 !) avec trois pilotes français au départ (Romain Grosjean, Esteban Ocon et Pierre Gasly), presque comme au bon vieux temps des années 1980.

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