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    Moyen-Orient

    M.Benraad: la visite de Hollande en Irak, «un symbole très fort»

    media le président Francois Hollande lors de sa conférence de presse à Bagdad, le 12 septembre 2014. Reuters/Ali-al-Saadi/Pool

    Le président français François Hollande, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, et son homologue à la Défense Jean-Yves Le Drian, se sont rendus à Bagdad ce vendredi 12 septembre. Une visite avec un double objectif : assurer le nouveau gouvernement de Bagdad de son soutien et participer à la lutte contre les jihadistes de l'organisation Etat Islamique. Un « symbole très fort sur un plan politique et c’est une relance aussi de la diplomatie », selon Myriam Benraad, spécialiste de l'Irak, chercheur au CERI - Sciences PO (Centre d’études et de recherches internationales), invitée de RFI.

     

    RFI : Myriam Benraad, François Hollande est le premier chef d’Etat étranger à se rendre en Irak depuis la formation du nouveau gouvernement. Cela marque une vraie volonté de la France d’être au centre de la gestion de la crise irakienne?

    Myriam Benraad : C’est un geste très important, très fort, non seulement sur un plan militaire puisque la France va avoir une place de choix au sein de la coalition globale, qui est actuellement formée par l’administration américaine. Ensuite, on voit très bien sur le plan politique qu’il y a une volonté des Français de marquer leur retour en Irak, surtout pour conjurer l’épilogue de 2003 et cette relation franco-iraquienne, qui est à relancer après des années de malentendus.

    Pourquoi ce changement de position? Il y a onze ans, Paris avait catégoriquement refusé, contrairement aux Américains et aux Britanniques, de s’investir sur ce terrain irakien?

    C’est bien tout l’enjeu. Depuis 2003, cette relation bilatérale franco-iraquienne a été relancée tant bien que mal. Je pense que la lutte contre l’Etat islamique est l’occasion pour les Français, encore une fois, de réaffirmer un soutien fort aux autorités irakiennes, là où ça n’a pas été le cas après 2003. La France n’avait jamais vraiment signifié, en tout cas pendant plusieurs années, de soutien clair à l’ancienne opposition irakienne qui constitue aujourd’hui les rangs du nouveau gouvernement. C’est un symbole très fort sur un plan politique et c’est une relance aussi de la diplomatie, de la relation bilatérale des deux pays, dans le cadre d’une action conduite par les Américains. Il y a un changement, de toute façon, de cap depuis plusieurs années du côté français.

    Un symbole fort, dites-vous, et pourtant en France, de plus en plus de voix, notamment à droite et du Front de Gauche, s’insurgent contre cette implication française, particulièrement l’ancien chef de la diplomatie Dominique de Villepin. Il parle d’absurdité, dit que c’est dangereux. Est-ce qu’il n’a pas au fond un peu raison ?

    Il y a une volonté de la part de Dominique de Villepin de ne pas se dédire, de ne pas se dissocier de la position qui était la sienne en 2003, à savoir le refus d’un engagement militaire en Irak, d’une intervention telle qu’elle était à l’époque pensée et mise en œuvre par les Américains. Donc, au niveau Dominique de Villepin, je pense que c’est une volonté de ne pas se dissocier de sa position qui a toujours été une position non interventionniste. Il y a de profondes divisions, mais je crois qu’il faut rappeler qu’Obama inscrit cette action militaire en porte-à-faux justement précisément avec l’intervention qui a été faite de l’administration Bush en 2003 qui visait un régime, celui de Saddam Hussein. Intervention qui visait un Etat. Aujourd’hui, Obama a bien mis en avant qu’il s’agissait d’une guerre contre une organisation terroriste, l’Etat islamique qui s’étend par ailleurs sur plusieurs pays. L’Irak, en tant que gouvernement, va faire partie de cette coalition globale. Il y a dans les termes utilisés par le président américain, cette volonté de distinguer son action présente de ce qui a pu précéder, à savoir de l’intervention de 2003 sous la présidence Bush, et je pense qu’il s’agit d’une volonté similaire du côté des Français.

    Il y a une vraie volonté d’impliquer l’Irak pour la survie de son pays ?

    Evidemment, on voit que depuis le mois de juin l’Irak est soumis à une offensive jihadiste sans précédent et qui menace aujourd’hui la viabilité même de l’Irak en tant qu’Etat. C’est un Etat qui est fragmenté, morcelé depuis des années désormais, avec une déperdition du sentiment national, la montée d’un certain nombre de groupes communautaires qui ont empêché la réconciliation jusqu’à présent, même minime. Donc oui, il y a une remise en cause des Etats et pas seulement de l’Irak, mais aussi de la Syrie, puisqu’on voit que l’Etat islamique poursuit sa conquête, son offensive sur le terrain syrien. A l’heure où l'on parle, cette offensive se poursuit - je crois que c’est important de le dire - avec des soldats de l’Etat islamique qui sont en fait très proches de Bagdad actuellement.

    Une offensive du côté américain qui va donc passer par des frappes aériennes. Elles sont déjà en cours en Irak, et sont autorisées en Syrie. La France est plus réticente à ce niveau-là. Est-ce que ça peut poser un problème dans cette mission de lutte?

    Non, parce que la France est très consciente des limites de son propre engagement. De toute façon, s’il y a des frappes aériennes françaises, elles seront limitées, à la hauteur des moyens qui sont ceux de la France. Comme je vous le dis, tout cela est dans le cadre d’une action militaire, qui est avant tout celle des Etats-Unis, il faut être très clair. Il y a de l’assistance humanitaire, une assistance politique puisque le message de François Hollande est un message qui consiste à dire qu’il appuiera les autorités irakiennes comme il le faut. Mais sur le plan militaire, je ne crois pas qu’il faille s’attendre à un engagement plus conséquent des Français.

    La conférence de Paris a été conviée par la France, lundi, pour la sécurité en Irak et contre l’EI. Qu’est-on en mesure d’en attendre de plus?

    C’est dans la lignée de la visite de François Hollande aujourd’hui. C’est une conférence qui viendra finalement clore cette visite et encore une fois cette relance de la diplomatie française sur le dossier irakien, à travers un certain nombre de gestes qui sont très forts. Et puis l’autre aspect très important, à mon avis, c’est la présence d’un certain nombre de pays de la région en vue d’un règlement régional de la question irakienne et de la crise syrienne bien entendu.

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