Les
chemins sont des voies tracées dans la campagne contrairement aux
rues qui sillonnent les villes. Le mot vient du latin, sans doute par le biais de l’espagnol
camino. Les
voleurs de grand chemin y attaquaient la malle-poste ou le cavalier solitaire. Le
chemin de ronde désignait, à l’intérieur des remparts d’un château, le pourtour fortifié qu’arpentaient les soldats pour surveiller les alentours (aujourd’hui encore, on dit que les policiers ou les gardiens font leur ronde).
Avec l’invention du rail, naît le
chemin de fer (copié sur l’anglais
railway) et, par association, le
chemineau, autrefois vagabond errant
par les chemins, en est venu à désigner l’ouvrier chargé de l’entretien des voies ferrées. Le verbe
cheminer a quelque peu vieilli et s’emploie plus souvent au sens figuré de « faire des progrès », tout comme le
cheminement qui évoque plus une avancée intellectuelle, un parcours de vie qu’une véritable marche. Le verbe
acheminer, plus ancien, a été repris à la fin du 19e siècle par la poste,
l’acheminement du courrier étant sa principale fonction.
Même si les
chemins se font rares, ils devancent la
route ou la
rue dans les expressions populaires. Vous prenez
le chemin des écoliers lorsque vous voulez traîner le plus possible et si,
chemin faisant, vous avez la tentation,
vieille comme les chemins, de vous écarter du
droit chemin, il sera peut-être trop tard pour
rebrousser chemin et faire demi-tour.
Tous les chemins mènent à Rome, dit le proverbe, signifiant ainsi que l’on peut arriver au même résultat par des biais différents, à condition de
ne pas y aller par quatre chemins et d’aller droit au but, sans détour. Ainsi,
vous ferez votre chemin et parviendrez à une bonne situation, à moins qu’une personne mal intentionnée ne se mette
en travers de votre chemin, auquel cas vous devrez lui crier :
« Holà, Monsieur, passez votre chemin ! ».
A l’heure du bitume et de l’asphalte, des rocades, des autoroutes et du « tout voiture », le
chemin devient le symbole des randonneurs et des amoureux de la nature. Certains parlent même aujourd’hui de sauver les
chemins, partie intégrante du patrimoine rural, mais franchement,
ça n’en prend pas le chemin !
La particule que l’on met à la fin d’un mot pour en former un nouveau, dérivé du premier, s’appelle un suffixe. Ainsi le suffixe en
–aire ajouté à moustique a donné une moustiquaire. Certains suffixes posent cependant des problèmes orthographiques dans la mesure où ils ont le même son, mais ne s’écrivent pas de la même façon. Les mots qui se terminent par le son –té en sont un bon exemple : ils s’écrivent parfois
–té, comme la
bonté, et parfois
–tée, comme une
pelletée... Comment les distinguer ?
Examinons une série de mots finissant en
–té :
bonté, fierté, timidité, curiosité, vanité, liberté, égalité, fraternité... Ils sont tous formés à partir d’un adjectif : bon, fier, timide, curieux, vain, libre, égal, fraternel... et ils désignent des qualités ou des défauts (à l’exception de quelques uns comme
activité, humanité, obscurité, rareté, vérité...) et presque toujours des notions abstraites.
Prenons maintenant des mots dont la terminaison est en
–tée :
pelletée, portée, dictée, assiettée, brouettée... La première différence que nous notons est que ces termes sont beaucoup plus concrets. La seconde est qu’ils expriment presque tous l’idée d’un contenu : celui d’une brouette (
une brouettée de feuilles mortes), d’une assiette (
une assiettée de soupe) ; une
dictée contient des mots, une
portée des notes de musique, ou des bébés animaux si l’on parle de la
portée d’une chienne ou d’une chatte. Ce dernier exemple peut en partie éclairer le fait que ces mots soient féminins et prennent un –e final : les femmes portent leur bébé dans leur ventre, l’idée de contenu serait donc par analogie plutôt féminin...
Mais alors pourquoi, les mots en
–té, sans « e » final, sont-ils également féminins ? Tout simplement parce que nous les avons copiés sur des mots latins qui étaient déjà tous féminins (
veritas, vanitas, libertas, etc.). Les déclinaisons latines ayant peu à peu... décliné, nous n’avons gardé que la forme la plus courte et le –a, marque du féminin en latin, s’est transformé en
–é au cours des siècles.
Louis-Antoine de Bougainville fut un des grands voyageurs du 18e siècle. Dès 1756, il part au Canada, puis dans diverses colonies. Promu colonel, il s’embarque, en 1766, dans un voyage autour du monde qui durera trois ans. En 1768, il explore un grand nombre d’îles polynésiennes, dont les Nouvelles Hébrides (aujourd’hui Vanuatu) et Tahiti que l’Anglais Wallis avait accostée l’année précédente et qu’il renomme « la Nouvelle Cythère ».
Il publie en 1771 son
Voyage autour du monde, dans lequel il décrit, de façon souvent savoureuse, les premiers contacts avec les populations locales. Nombre de savants accompagnaient l’expédition ; parmi eux, le botaniste Philibert Commerson voulut rendre hommage à Bougainville en appelant
Bougainvillea glabra une plante grimpante sud-américaine qui s’acclimata fort bien en Europe et devint la bougainvillée ou, parfois, le bougainvillier.
Question : Quels sont le sens et le genre d’
épitaphe ?
1. féminin, c’est une inscription funéraire ?
2. masculin, c’est un poème composé en l’honneur des nouveaux mariés ?
3. féminin, c’est un terme que l’on adjoint à un nom pour le qualifier ?
Réponse :
1. Une épitaphe du grec
epi « sur » et
taphos « tombe » est un texte que l’on fait graver sur une tombe. Les plus communes commencent par les mots « Ci-gît » (ici repose) suivi du nom du défunt. A l’entrée d’un petit cimetière du sud de la France, on trouve cette épitaphe collective : «
Nous avons été ce que vous êtes/Vous deviendrez ce que nous sommes. »
Quant aux deux autres réponses, elles définissent dans l’ordre : un
épithalame et une
épithète.