Façon de parler
Façon de parler du 18/02/2005
AUTOUR D’UN MOT
soupçon
(MFI) Le mot apparaît en français au XVIe siècle sous la forme sospeçon, et vient du bas latin suspectio, suspicio en latin classique. Le verbe latin suspicere nous indique quel est le premier sens : « regarder de bas en haut », ou mieux, « par en dessous ». Le soupçon, c’est ce qui fait qu’on attribue une culpabilité sans véritable preuve. Le mot suspect est de la même origine.
Une personne est tenue pour suspecte à partir de quelques indices ou coïncidences. La police interroge un suspect, lit-on souvent dans la presse. Pour l’homme en question, l’expérience est douloureuse s’il est innocent. Le regard de la foule est souvent impitoyable. « Deux hommes qui jasent sont moins suspects qu’un seul qui se promène », écrivait Beaumarchais. Et André Gide : « Toute pensée non conforme devient suspecte et est aussitôt dénoncée. »
Un proverbe dit : « La femme de César ne doit pas être soupçonnée. » Cela signifie que les soupçons qui pèsent sur une personne retombent également sur son entourage.
« Etre au-dessus de tout soupçon », c’est avoir une si bonne réputation qu’on ne peut même pas envisager d’être soupçonné. L’expression peut être prise de façon ironique. Voir, par exemple, le titre du film italien : Un Citoyen au-dessus de tout soupçon. (Il s’agit d’un policier criminel.)
Le mot suspicion, de formation savante, a la même origine que soupçon mais appartient au langage du droit. On parle de suspicion légitime : quand un prévenu demande la révocation d’un juge à qui il reproche un manque d’objectivité.
DES MOTS D’AUJOURD’HUI
téléviseur
(MFI) Le mot apparaît en 1929. Il vient du grec télé- qui veut dire au loin, et de -viseur (qui sert à voir). L’usage du mot télévision qui lui est directement lié a une histoire : 1913 : scientifique ; 1925 : technique ; 1945 : dans le langage courant. Dans les différents usages du mot, on peut suivre les étapes de la recherche, de l’invention et de l’utilisation du procédé. Le téléviseur est l’appareil qui permet de recevoir des émissions de télévision.
DES MOTS ET DES FAUTES
cote, côte et cotte
(MFI) Cote, du latin médiéval quota, désigne la part qui revient à chacun. C’est à la fois le montant d’une cotisation ou d’un impôt, une marque servant à classer (des livres en bibliothèque, par exemple, la cote d’un livre), les cours d’une valeur ou une estimation (la cote d’un cheval).
Côte, du latin costa (côté). Les os plats du thorax qui enferment les poumons dans la cage thoracique. C’est aussi être à côté : marcher côte à côte. C’est encore une pente ou une montée sur le côté d’une colline ou d’une montagne : monter une côte. C’est enfin un rivage de bord de mer : la côte Atlantique.
La cotte (avec deux t) vient du francisque kotta. A l’origine, c’est une tunique. Ce fut aussi une armure en mailles métalliques : cotte de mailles. Puis le mot a désigné une jupe de femme (cotillon). Et enfin, un vêtement de travail : pantalon montant sur la poitrine tenu avec des bretelles (salopette).
DES MOTS ET DES FAUTES
cuspide
(MFI) Qu’est-ce qu’une « cuspide » ? Vous avez trois secondes pour choisir entre les trois réponses proposées :
1 – Rideau de lit (terme ancien) ?
2 – En botanique, pointe acérée et allongée ?
3 – Moine chargé de l’inspection d’une province ?
Réponse : 2
Le rideau de lit se dit custode, une custode. Pour ce qui est du moine, ça se dit aussi custode, mais au masculin.
Article publié le
18/02/2005