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Les mots de l'actualité

ARBITRER   25/01/2006

 

Les Palestiniens arbitrent entre le Fatah et le Hamas. C’est ainsi que le journal Le Monde présente dans son édition d’aujourd’hui les élections en Palestine. Et qui énonce d’ailleurs un peu une évidence… en apparence… Quand il y a des élections, c’est toujours les électeurs qui arbitrent… Mais dans ce contexte… le titre souligne une réalité particulière… D’abord le fait que le Fatah et le Hamas font à peu près jeu égal… Avant le résultat du scrutin… bien difficile de savoir ce qui sortira des urnes… Et puis on sait que l’implication du Hamas dans un processus électoral est un fait nouveau… Auparavant, la popularité respective des deux mouvements se jouait ailleurs. Il est donc important de souligner que c’est maintenant un processus d’élection qui va trancher… qui va arbitrer… Car c’est bien le sens du mot. L’élection fonctionne comme un match. Les électeurs sont comparés… un peu à l’arbitre, avec ce mot… un peu au public, comme si le public arbitrait, décidait du vainqueur et du vaincu…

Le mot arbitre en français a d’abord eu un sens juridique : c’est d’abord le témoin qui s’assure qu’une décision de justice est bien respectée et appliquée… C’est en continuité de ce sens que l’emploi sportif se comprend… Au début du 19 ème siècle, le mot s’emploie pour désigner la personne qui est chargée de vérifier que tout se passe conformément aux règles… Mais la responsabilité de l’arbitre s’étend… Il va continuer à vérifier que les règles sont respectées… Mais il comptera aussi les points, assurera la bonne marche de la partie… Et surtout, c’est lui qui décide, quand il y a contestation ou hésitation… si le point est bon ou mauvais, s’il y a faute ou pas… Et une fois qu’il a décidé… comme on le sait, les décisions de l’arbitre sont irrévocables… même s’il se trompe… . C’est donc un grand pouvoir qui lui incombe.

Mais des mots de la même famille ont continué leur carrière dans le monde de la loi, avec des significations particulières… Arbitrage par exemple… C’est la décision qui tranche entre deux parties opposées… Le jugement de Salomon par exemple, est un arbitrage. Certains tribunaux en France recourent à la pratique d’un arbitrage… Les prud’hommes par exemple : si dans un premier temps, les quatre juges (deux représentant le patronat et deux les salariés) sont opposés deux à deux, on a recours à un départage… c’est à dire un arbitrage, effectué par un cinquième juge professionnel.

Un point commun donc à tous ces mots : le fait d’arbitrer est censé représenter la justice l’impartialité et l’indépendance d’esprit…

C’est pourquoi il est tout à fait étonnant de découvrir, niché dans cette même famille, le mot arbitraire : choix arbitraire, pouvoir arbitraire… qui renvoie à la fois à une idée de caprice et à celle de pouvoir absolu, non limité. La décision arbitraire est celle que rien ne justifie, dictée par le seul bon plaisir de celui qui la prend. Et quand on utilise ce mot… c’est bien sûr de façon négative, pour souligner le caractère totalement injuste de la décision en question.
 
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

Yvan  Amar

Article publié le 25/01/2006