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L'actu du FLE

Si la production radiophonique est en soi une aventure passionnante pour un professeur et sa classe, elle devra être doublée par une phase de découverte et d'analyse de documents radiophoniques produits par des professionnels. Parce qu’il existe un rapport dialectique entre analyse et production, il est indispensable d’envisager des activités de production en lien avec les activités d’analyse. De la même manière, placer des élèves en situation d’analyser un média sans qu’il y ait jamais pour eux une perspective de devenir à leur tour producteurs d’émissions ne peut être viable très longtemps. Une question récurrente est alors posée : faut-il commencer par l’analyse ou par la production ?
Face à cette interrogation, une seule certitude : ça dépend ! Ça dépend du cadre matériel et institutionnel de l’établissement scolaire. Ça dépend aussi (et surtout) du type d’élèves à qui ces activités sont proposées : avec des élèves plutôt “ actifs ”, il sera préférable de commencer par la production puis, par comparaison entre leurs productions et celles d’autres radios, les amener à analyser. Avec des élèves “ bien sages ”, on pourra démarrer par l’analyse.
Par ailleurs, il faut rappeler que, certes, produire une émission de radio est une superbe aventure qui, sans conteste, motive la grande majorité des élèves. Mais avant tout, il est absolument indispensable que soient posées les questions élémentaires – et pourtant essentielles – qui doivent précéder tout projet médiatique : à qui voulons-nous nous adresser ? que voulons-nous lui dire ?

C'est tout naturellement que les élèves et les enseignants qui travaillent sur la radio éprouvent rapidement le désir de passer à la production. Les expériences ne cessent de se développer. Qu'elles soient embryonnaires, tâtonnantes ou déjà bien rodées, elles ont des objectifs communs.
La production radiophonique permet aux élèves de rencontrer des personnes ou des groupes pour s'informer et débattre - aussi bien des grands thèmes de l'actualité du monde que de leurs propres préoccupations ; elle suscite et favorise l'expression des jeunes.
Mettre en place une entreprise collective d'expression et de communication entre des groupes de classes différents, entre plusieurs établissements et pour un public varié développe le sens de l'organisation, de la responsabilité, de la coordination et encourage le travail autonome.
Ces objectifs croisent des objectifs disciplinaires, notamment ceux qui concernent la maîtrise de la langue. En effet, si la radio favorise le développement de l'imagination, si elle privilégie la créativité, elle participe fortement au développement des compétences orales. Produire une émission de radio nécessite une parole maîtrisée qui passe nécessairement par le recours à l'écrit. Si, avant de s'adresser à des auditeurs, il est indispensable de connaître son sujet (par l'enquête, la recherche documentaire…), il est tout aussi indispensable de maîtriser des outils lexicaux et grammaticaux, de posséder des notions de base sur le message, l'émetteur et le récepteur, de prendre conscience des niveaux de langue à adopter selon les situations de communication…
Les élèves qui s'expriment par la radio acquièrent un statut nouveau et leur image s'en trouve largement valorisée tant aux yeux des habitants de la cité qu'à leurs propres yeux.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, à la radio, on écrit. Et on écrit même beaucoup. L'improvisation a peu de place dans les émissions informatives. Alors, pourquoi n'a-t-on pas l'impression que les journalistes lisent un texte ? Tout simplement parce que leurs textes sont rédigés et lus en " style parlé ". Cette technique d'écriture peut sembler simple ; cependant, il ne s'agit pas forcément d'écrire comme on parle. Il s'agit surtout de se faire comprendre facilement et en peu de mots. Or, chacun sait qu'il est toujours plus difficile d'être court, synthétique tout en restant compréhensible. Parce que personne n'enregistre un journal pour réécouter les passages qu'il n'aurait pas compris, une information incomprise "du premier coup" est une information perdue. L'écriture radio doit donc être la plus simple possible. On s'adresse au plus grand nombre, et non à des spécialistes ou à une corporation particulière.
* Accrocher l'auditeur
* Aller directement à l'information principale
* Aller du plus précis au plus large
* Écrire "simple"

- une idée, une phrase :
La phrase courte est le principe de base de l'écriture radio : sujet/verbe/complément. Les journalistes estiment qu'une phrase ne doit pas comporter plus d'une idée. Au-delà l'auditeur se perd… et la radio le perd.
- le présent avant le passé :
De même que dans une brève ou un papier, on part du plus précis pour aller au plus large, de la même manière, on part du plus récent pour arriver au plus ancien.
- des images, toujours des images :
La radio n'offre pas d'images, il faut donc les susciter chez l'auditeur. Celui-ci doit pouvoir se représenter immédiatement ce que vous lui dîtes.
C'est exactement comme dans un bon roman ; au fil des pages, notre esprit imagine un univers à partir des mots. À la radio, le message ne passe que par le son et cette spécificité qui, pour certains peut apparaître comme un handicap est aussi sa force. Parce qu'elle ne présente pas le visuel comme la réalité ou son apparence, la radio est capable de laisser à l'auditeur un espace de liberté dans lequel, par la stimulation de son imagination, par son ressenti, par sa disponibilité affective ou intellectuelle, il se créera des images virtuelles ou alors sera disponible pour appréhender le " poids des mots et des sons ".
Pour "donner à voir " le réalisateur radio doit composer un univers sonore dans lequel les mots, le discours ne sont que la composante la plus directement perceptible. Le reste - qui ne sera pas écouté mais souvent seulement entendu - sera très important.
Michel Huguier
Article publié le 16/05/2006
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