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Les mots de l'actualité

FRANCOFFFONIES   17/03/2006

 

C’est aujourd’hui que s’ouvre au public la nouvelle édition du Salon du Livre à Paris, millésime particulièrement important dans la mesure où l’invité d’honneur sera la francophonie. Nous sommes également arrivés à cette date où s’ouvre la festival des cultures francophones en France, qui va se poursuivre jusqu’au mois d’octobre et qui a pris comme signature cet étrange terme de « francoffonies ». Non pas francophonies, comme on a l’habitude de l’écrire, mais francofffonies. Avec trois « f » à la place du « ph ». Faute d’orthographe ? Pas vraiment, puisqu’il s’agit du titre d’une manifestation, d’un nom propre, et que donc, ses inventeurs sont libres de lui donner l’orthographe qu’ils souhaitent. Mais ça pourrait passer pour une faute d’orthographe. En tout cas pour une liberté par rapport à l’orthographe. Cette liberté néanmoins est assez significative. D’abord elle rappelle celle que toute la francophonie peut s’offrir par rapport à la langue française : inventer des mots, les condenser, les modifier, pourquoi pas ? Ce dont ne se sont pas privés les inventeurs de la négritude par exemple.

Ensuite cette liberté se comprend par rapport à un code musical. Ces trois « f » on les voit parfois inscrits sur des partitions musicales. Ils sont ce qu’on appelle une indication de nuance. On peut ainsi indiquer à l’instrumentiste qu’on veut que la musique, à tel moment, soit jouée fort : on inscrit un f sur la partition, et on le note forte. Si on veut que ce soit très fort, on marque deux « f », ce qui correspond à fortissimo. Et trois « f », c’est fortississimo, très très fort. Inversement, on peut avoir une indication de jouer doucement, piano, très doucement, pianissimo, ou très très doucement. Le tout marqué par un p, deux p ou trois p.

On a bien vu que toutes ces indications venaient de l’italien, qui est la langue d’où nous viennent de très nombreux mots de la musique. Et pour en rester à ces indications codées, qu’on aperçoit sur les cahiers de musique, on peut en relever bien d’autres : l’indication de tempo par exemple. La plus connue est allegro, qui signifie « assez vite ». Et qui au départ, indique un sentiment plus qu’une simple allure. Allegro, c’est avec allégresse, allègrement. Mais le mot est si connu qu’il peut s’employer dans d’autres situations ; si l’on veut marquer une certaine lenteur, on indiquera adagio, mot connu également, ou même andante, un mot plus spécialisé. Si l’on est dans la plus grande rapidité, on pourra avoir presto, ou même prestissimo. Mais les indications les prisées les plus populaires, et les plus souvent détournées de leur sens d’origine, son celles qui imitent la phrase même, qui associent plusieurs mots. « Allegro ma non troppo » (allègre, mais pas trop) est très souvent cité. Pour ne rien dire de « Un poco agitato » !

 
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

Yvan  Amar

Article publié le 17/03/2006