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On apprend que des rebelles ont « repris les armes » au Mali. Et quand on entend cette phrase, même si on ne s’en rend plus compte car l’expression est très usuelle, on la comprend à travers une image : « reprendre les armes », c’est-à-dire reprendre le combat, se remettre dans une situation de guerre ou de guérilla, se préparer et se décider à combattre.
La formule indique que l’action est accomplie de nouveau : reprendre, et non pas prendre les armes, qui existe aussi, bien entendu. Mais cette façon de dire sous-entend également un certain nombre d’informations : ceux qui prennent les armes ne sont pas des militaires professionnels ; il ne s’agit nullement d’unités régulières qui se mettent en branle et ce n’est pas une armée qui fait son métier d’armée. Au contraire, ce sont des gens dont on a l’impression qu’ils abandonnent, pour un temps, leur activité ordinaire, civile, pour se consacrer au combat. Rebelles alors, ou partisans…
Et le geste symétrique a aussi son expression : « déposer les armes », c’est-à-dire cesser de combattre. Cela ne signifie pas forcément « se rendre », bien que ce puisse être le cas, mais la phrase implique une trêve ou une cessation des combats. Et la formule permet bien sûr la plaisanterie traditionnelle : les rebelles ont déposé les armes, soit. Mais encore faudrait-il savoir où !
Quant à « rendre les armes », c’est une façon un peu vieillie de dire qu’on se rend, avec presque un jeu de mots, en tout cas une équivoque sur le verbe rendre qui fait allusion au fait de « se rendre ». Mais cette image a davantage servi à la rhétorique amoureuse, à des clichés précieux : il s’est souvent agit d’une femme courtisée, qui commence par dire non, non , non… puis finit par dire oui, et céder. L’image de la place forte assiégée n’est pas loin.
Le mot armes, au pluriel, se retrouve souvent dans des expressions toutes faites qui évoquent des conflits armés ou des situations militaires. « Etre sous les armes », par exemple, c’est simplement faire son service militaire, être dans cette période pendant laquelle on est intégré dans l’armée sans qu’on soit militaire de carrière : service militaire en général ou parfois état de guerre, quand les citoyens sont mobilisés.
« Passer par les armes » est une autre locution au sens très clair : il s’agit de fusiller. Mais si l’on a été passé par les armes, on n’a pas été tué au combat, mais exécuté, de façon délibérée et organisée.
Mais les armes sont de temps en temps moins concrètes, et servent à nourrir des sens figurés : « donner des armes » par exemple. Pas question ici de coup de feu, ou de munitions. Il s’agit simplement de donner des arguments à ses adversaires. En ne répondant pas aux accusations portées contre lui, en se murant dans son silence, le suspect a donné des armes à ceux qui s’acharnent à sa perte.Yvan Amar
Article publié le 26/05/2006
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