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Dossiers pour la classe
L'Oulipo

L’Oulipo, qui fut d’abord baptisé Séminaire de Littérature Expérimentale (Sélitex), émerge à Cérisy-la-Salle, lors d’un colloque « Une nouvelle défense et illustration de la langue française », consacré à l’œuvre de Queneau.
Il se nourrit des déceptions véhiculées par la fin de l’ère surréaliste et des désillusions des théories sartriennes de l’engagement.
Dans les premiers temps, le groupe réunit une dizaine de personnes. Marginalité et inventivité s’animent autour de personnages tels que : Noël Arnaud, Jacques Bens, Claude Berge, Paul Braffort, Jacques Duchateau, Latis, Jean Lescure, Jean Queval, Albert Marie Schmidt. Ils se retrouvent une fois par mois pour travailler.
A la fondation de l'Oulipo, les règles furent ainsi énoncées : « Nous appelons littérature potentielle la recherche de formes et de structures nouvelles qui pourront être utilisées par les écrivains de la façon qui leur plaira ».
L’outil de prédilection pour travailler et produire : la contrainte. L’écriture sous contrainte est apparue aux yeux de certains comme un jeu gratuit, et a très vite déplu aux adeptes de l’inspiration comme source de créativité.
La priorité originelle du groupe fut de ne pas se définir comme un groupe littéraire. Inspiré par le modèle mathématique de Bourbaki, l’Oulipo peut ainsi poser ses conditions de travail :
L’Oulipo souhaite ainsi inventer des structures, des formes ou des contraintes nouvelles, susceptibles de permettre la création d’œuvres originales.
L’utilisation de concepts mathématiques ou de la combinatoire deviennent déterminants, comme en témoignent les Cent mille milliards de poèmes écrit par Queneau l’année de la naissance de l’Oulipo.
Par ailleurs, l’Oulipo scrute à travers le patrimoine littéraire national et international toute trace « pré-oulipienne ». Le groupe cherche à dénicher structures et contraintes, et appelle les auteurs de ces oeuvres les « plagiaires par anticipation ».
Citons-en quelques uns à titre d’exemple : les poètes alexandrins, les grands rhétoriqueurs (Jean Molinet, Guillaume Crétin et Jean Meschinot), certains poètes baroques allemands comme Quirinus Kuhlmann, l’ensemble des formalistes russes, notamment Khlebnikov, ainsi que des écrivains comme Raymond Roussel et Robert Desnos.
Adaptation Anne-Claire Bulliard,
d'après des textes de Geneviève Baraona.
Article publié le 09/06/2006