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Les mots de l'actualité
La semaine dernière Jérôme Yandjou nous écrivait du Bénin pour nous demander dans quelles circonstances on pouvait citer le dicton « Qui vivra verra » ! Ça ne pouvait pas mieux tomber, en ce dernier jour de Coupe du monde. En effet, je l’ai déjà entendu dans la journée, ce proverbe, cet aphorisme.
A quoi sert-il ? A couper court, à stopper trop d’imagination, trop de prédictions, trop d’anticipation. En effet, dans l’attente d’un événement, quand on ne sait pas comment ça va tourner, on a tendance à faire de nombreux pronostics, à inventer à l’avance des scénarios, en fonction de ce que l’on sait, de ce qu’on l’on espère, de ce que l’on pressent… Ca ne sert pas à grand chose, mais comment s’en empêcher ! On a presque l’impression qu’on va dominer l’avenir, à force d’essayer de le deviner.
Le proverbe « qui vivra verra » est comme un mot de modestie. Il sert à dégonfler les rêves. Même s’il est un peu fataliste, il donne une leçon de patience et de réalisme. « Attends un peu ! Tu verras bien ! Tu n’es pas le bon Dieu ! Ce n’est pas toi qui fais le monde ! » Il y a un peu de malice là-dedans, comme un petit sourire. Et c’est vraiment un proverbe, qui commence par ce pronom : « Qui vivra… » Ça donne à la phrase une allure ancienne, ce qui lui donne cet air de sagesse inimitable. Et on l’a parfois comparé à une autre dicton, espagnol celui-là, rendu célèbre par une chanson, même si cette chanson est américaine : « Que sera sera » Ce qui sera, sera ; ce qui doit être sera.
Yvan Amar
Article publié le 09/07/2006
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