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La Samaritaine, on la ferme… Il paraît que si elle brûlait, ce serait en 7 minutes… Et c’est beaucoup trop peu…
La Samaritaine ? Familièrement la Samar… Un grand magasin parisien, situé sur les quais de la Seine, non loin du BHV.
Pourquoi ce nom de « la samaritaine »… ? Car elle évoque, en principe, la charité, l’aide… le secours dont on a besoin aux moments difficiles… A tel point qu’un samaritain, en Suisse désigne un secouriste…
Comment expliquer tout ça ?
C’est encore un recours à la tradition biblique qui nous permettra d’y voir plus clair… Un Samaritain, au sens propre, est un habitant de Samarie, et la Samarie est d’abord un ville, qui fut capitale du royaume d’Israël vers le VIIIe siècle avant Jésus-Christ, à l’emplacement de l’actuelle bourgade de Sebastiyé, près de Naplouse. Et le mot désigne également une région située entre la Judée et la Galilée, sur la rive droite du Jourdain.
Les Samaritains étaient donc les habitants de cette région, dans l’ancien royaume d’Israël. Peuple singulier d’ailleurs, juifs qui se différenciaient des autres et semblaient embrasser des croyances particulières… et ne croyaient pas à la résurrection.
Il semble donc que les Samaritains aient été plus ou moins méprisés par la majorité des habitants du royaume. Mais il y a justement une parabole du Christ qui réhabilite les Samaritains, ou tout au moins qui met en scène un samaritain plein de grandeur d’âme et de charité…
Voici cettte parabole, telle qu’elle apparaît dans l’Evangile selon Saint Luc :
« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba au milieu de brigands qui, après l'avoir roué de coups, s'en allèrent, le laissant pour demi mort. 31 Un prêtre vint à descendre par ce chemin-là; il le vit et passa outre. 32 Pareillement un lévite, survenant en ce lieu, le vit et passa outre. 33 Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut pris de pitié. 34 Il s'approcha, banda ses plaies, y versant de l'huile et du vin, puis le chargea sur sa monture, le mena à l'hôtellerie et prit soin de lui. 35 Le lendemain, il tira deux deniers et les donna à l'hôtelier, en disant : Prends soin de lui, et ce que tu auras dépensé en plus, je te le rembourserai, moi, à mon retour. »
Le bon Samaritain est donc l’image de l’inconnu secourable, de la charité anonyme, qui tranche avec l’indifférence du passant ordinaire.
Mais l’expression, qui est passé dans le langage courant, est souvent employée de façon un peu ironique… soit pour désigner quelqu’un qui veut secourir tous les malheurs du monde, sans arrêt, soit pour expliquer un certain égoïsme, et se justifier quand, précisément, on ne s’oublie pas pour s’occuper d’autrui… Et on emploie en général l’expression à la négative : « Je ne suis pas le Bon Samaritain… ».
Yvan Amar
Article publié le 14/06/2005
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