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La terre tremble… Une expression, un titre d’ailleurs, qui fait frémir… qui fait trembler. Et on le sait bien, quand la terre tremble, ça fait peur... Et à juste titre, en général.
Alors comment appeler le phénomène ? « Tremblement de terre » est l’expression la plus usuelle, et en apparence la moins scientifique. Mais l’image est parlante. Et si elle n’est pas savante, elle est du moins très humaine : car si on dit que la terre tremble, c’est qu’on l’assimile presque à un organisme vivant, mais plus gros, sans comparaison, que les hommes qu’elle porte et qu’elle fait vivre…
Donc un simple tremblement à l’échelle de la terre est une terrible secousse à l’échelle de l’homme, de sa vie, de sa ville, de son univers, bâti à sa mesure. Et la langue exprime là ce sentiment de petitesse, face à la géante nature : un tremblement nous est fatal !
Mais, la naïveté de cette expression « tremblement de terre », et aussi son imprécision relative n’auraient su convaincre les savants… Il fallait un mot qui fût… plus savant justement.
Voyons séisme… Ah ! C’est déjà mieux, plus mystérieux. C’est, en effet, un mot qui fait sérieux d’abord parce qu’il se termine en –isme… Mais, l’image qui se cache derrière est exactement la même : seïen en grec signifie trembler, secouer. Ce qui fait que parfois, lorsqu’on parle de secousse sismique (on peut noter le changement léger de radical : on ne dit pas séismique, ou en tout cas, très rarement, bien que le mot existe…) on a peur de faire un pléonasme, de dire deux fois la même chose… Mais, on peut.
D’abord, toute secousse n’est pas sismique, toute secousse n’est pas un tremblement de terre : une explosion, par exemple, provoque une secousse dont les causes sont toutes différentes… Il n’y a donc aucune honte à parler de secousse sismique…
Un certain nombre de mots parfois difficiles à comprendre sont associés à ce genre de phénomènes : l’intensité des tremblements de terre, par exemple, qui se mesure grâce à l’échelle de Richter, mise en place en 1935.
Mais, étrangement, on ne parle pas d’un séisme de force 3 ou 4 ou 5, comme pour un vent ou même un cyclone. En général, on utilise le mot magnitude qui, lui aussi, fait bien savant. « Magnitude » est un nom qui dérive de l’adjectif latin magnus, grand. Il veut donc simplement dire « grandeur », et il n’est pratiquement employé qu’en ce qui concerne les degrés de l’échelle de Richter.
Enfin, on entend aussi beaucoup le mot « réplique ». On connaît le sens ordinaire du mot : c’est une réponse, une parole qui succède à une autre, en symétrique. En particulier, on parle de répliques au théâtre. Eh bien, on parle de répliques en géologie pour désigner une secousse qui succède à une autre, comme pour lui répliquer…
Yvan Amar
Article publié le 11/10/2005
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