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Les mots de l'actualité

ASSEMBLÉE NATIONALE   05/10/2006

 

« Cachan électrise les bancs de l’Assemblée ». C’est le titre d’un quotidien national, en date d’hier…

On sait bien que les titres des journaux sont particulièrement difficiles à comprendre pour les gens dont le français n’est pas la langue maternelle, ou même pour ceux qui ne vivent pas en France. Ils utilisent en effet des raccourcis, des sous-entendus, des allusions qui peuvent paraître bien mystérieuses : non seulement il faut connaître la langue, mais il faut être au courant de l’actualité, et même des codes journalistiques et politiques.

Ainsi « Cachan » renvoie à l’affaire de tous ceux qui pendant un temps ont trouvé refuge au gymnase de Cachan, et dont le sort n’est pas réglé encore aujourd’hui.

Le terme « électrise » donne l’idée de ce qui met sous tension, et les images liées à l’électricité sont très souvent liées à une idée d’agressivité, de relation tendue.

Quant à « l’Assemblé », elle évoque les députés qui sont réunis à l’Assemblée nationale.

En effet l’ensemble des députés français constitue l’Assemblée nationale. C’est comme ça qu’on l’appelle depuis 1946, et la dénomination date de la Quatrième République, après la Deuxième Guerre mondiale. La constitution de la Cinquième République, en 1958, a repris le terme, ce qui indique une continuité dans cette vie politique et probablement une volonté de rompre avec les institutions antérieures.

En effet, on parlait au préalable de « Chambre des députés ». Et bien que le mot ne soit plus officiellement en usage, il est encore compris.

On notera d’ailleurs son ancrage dans la langue et la vie françaises en se rappelant qu’il n’y a que peu d’années que le nom de la station de métro située à proximité du bâtiment a changé. Pendant des décennies, c’était encore à la station « Chambre des députés » qu’il fallait descendre pour se rendre l’Assemblée nationale.

Pourtant lorsqu’on parle des débats à la Chambre, de l’atmosphère à la Chambre, on sent bien qu’on parle du passé, et plutôt de la première moitié du XXème siècle.

Encore un mot sur l’Assemblée nationale pour signaler qu’elle est composée de parlementaires, mais qu’on appelle parlementaires aussi bien les députés que les sénateurs. D’ailleurs ces deux ensembles forment ce qu’on appelle le Parlement… beau mot démocratique qui atteste bien que la démocratie se légitime par la discussion.

Un autre mot de notre titre de départ mérite notre attention : « le banc ». En effet les députés sont assis, côte à côte sur des bancs, confortables peut-être, mais qui montrent bien qu’ils sont censés être égaux entre eux, et que leur situation n’est pas censée être une situation de pouvoir.

Où y a-t-il des bancs en général ? Dans les classes ! Ceux de l’Assemblée nationale sont peut-être légèrement différents, mais la symbolique est là : on n’y est pas assis dans un fauteuil, et chacun en principe est égal à son voisin.

Pourtant on ne se met pas n’importe où sur ces fameux bancs. On se répartit à droite, à gauche, au centre, selon sa sensibilité politique… cette droite et cette gauche étant vues depuis le perchoir, c’est-à-dire la position centrale du Président de l’Assemblée nationale. Et les bancs sont disposés en demi-cercle devant ce perchoir… un hémicycle, en langage géométrique.

Mais ce terme de géométrie s’est bien implanté dans le vocabulaire de la politique. Et lorsqu’on parle de l’hémicycle sans préciser davantage, on sait qu’il s’agit de l’Assemblée nationale.

 
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

Yvan  Amar

Article publié le 05/10/2006