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Dossiers pour la classe
Déclaration universelle des droits de l'homme

L’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme affirme le droit de tout individu de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les idées et les informations par quelque moyen d’expression que ce soit.
Il s’agit d’un droit inaliénable quelle que soit notre race, notre origine, notre confession ou notre appartenance politique. Il nous garantit la libre expression au-delà des frontières et à travers tout support de communication sans être inquiété par qui que ce soit.
Le développement des technologies de la communication au tournant des années 1970 est certainement la découverte du siècle qui a le plus favorisé la liberté d’opinion et d’expression.
Grâce à Internet, quiconque disposant d’un ordinateur connecté peut, de n’importe quelle partie du monde, s’exprimer et être reçu partout sur la planète.
Dans la suite de l’article 18 sur la liberté de pensée, de conscience ou de religion, l’article 19 reconnaît notre droit de librement nous exprimer, répandre une philosophie, nous prononcer sur un fait de société, défendre une cause ou dénoncer des atteintes aux droits de l’homme constatés dans tout pays.
Dans ce cadre, la technologie Internet est une véritable révolution qui permet de recevoir des informations diverses et variées, de diffuser ses opinions, ses croyances.
Le droit de répandre et de recevoir librement des idées permet par exemple à une minorité qui estime être brimée dans son pays, de faire entendre sa cause à un maximum de personnes.
Le nouvel outil de communication et d’information contribue à réduire de façon très significative la censure des pouvoirs, les barrières et autres obstacles à la communication.
Les nouvelles évolutions du « web social » élargissent encore les possibilités de communication. Outre les classiques forums et correspondances par mail ou par chat, chaque personne peut créer en quelques clics son propre site, s’exprimer sur des blogs ou partager des sons et images pour dénoncer les persécutions dont elle est victime.
La liberté d’expression inclut le droit fondamental d’exprimer son opinion politique. Grâce à Internet, les opposants aux dictatures peuvent librement exprimer leur programme politique et facilement divulguer les abus des régimes totalitaires. De l’extérieur, ils peuvent contourner tous les moyens de contrôle des dirigeants de leur pays et communiquer des informations à leurs compatriotes.En garantissant la liberté d’opinion et d’expression, l’article 19 implique la nécessité d’informer les citoyens notamment par voie de presse ou audiovisuelle.
Or, avant l’avènement de la toile, il était facile à n’importe quel pouvoir d’intercepter les journaux, couper les ondes radio ou les faisceaux hertziens.
Avec Internet, le journaliste peut aujourd’hui propager partout ses informations illustrées en un temps record et dévoiler les dessous sombres des sectes, des pouvoirs politiques, économiques ou religieux.
Les pouvoirs, y compris les signataires de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ne l’applaudissent pas volontiers des quatre mains et tentent souvent de réduire ou en tout cas de contrôler l’information en se dotant de dispositifs techniques ou juridiques répressifs.
Ainsi, par exemple, l’administration américaine a suscité la colère des défenseurs des libertés et des droits de l’homme en plaçant « Carnivore » chez les fournisseurs d’accès à internet. Ce nom désigne une technologie qui permettait au Fédéral Bureau of Investigation (F.B.I) d’intercepter les communications électroniques qu’il voulait surveiller.
En 2004, la Chine a censuré « Google News » pour forcer les internautes à n’utiliser que la version chinoise du moteur de recherche. Pour des raisons commerciales, Google a accepté de censurer son propre moteur et d’exclure les sites qui peuvent contenir des informations critiques à l'égard du pouvoir chinois.
L’Arabie Saoudite a construit un gigantesque système de filtrage d’adresses et de contenus. Quant à la Corée du Nord, c’est simple, il n’y a pas du tout Internet. C’est le seul pays au monde à ne pas en avoir.
Force est de constater que les nouvelles technologies de communication confortent les libertés individuelles d’expression, élargissent inexorablement les frontières de la communication, améliorent la transparence de l’information et accélèrent sa circulation.
Elles offrent également des outils performants pour dénoncer les différentes tentatives de censure de ces libertés par les pouvoirs. Ainsi les régimes qui s’équipent de technologies pour écouter ou intercepter les communications téléphoniques et électroniques mobiles sont dénoncés sur la toile et ne peuvent plus agir dans le secret.
C’est ainsi que la dynamique du net permet à la société civile d’entretenir et d’accroître l’esprit des droits de l’homme en général et des libertés d’expression et d’opinion en particulier.Soro Solo
Né à Korhogo en 1950, Souleymane Coulibaly dit Soro Solo est un journaliste bien connu des Ivoiriens et du monde de la culture en Afrique occidentale.
Formé au Studio Ecole de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (R.T.I) à Abidjan et à l’Institut National de l’Audiovisuel en France, il a travaillé au Service des Grands Reportages de TF1, au Canadian Broadcasting Service à Montréal et a effectué plusieurs stages en Europe et en Amérique, notamment à la Clark Atlanta University en Georgie.
Chroniqueur sans frontière, il écrit, commente et raconte la culture africaine, ses tendances, son évolution. Il contribuera à faire connaître des talents comme les Maliens I. Soumaoro, Amadou & Mariam ou l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly.
Sur Radio Côte-d’Ivoire, Solo explore les limites de la liberté d’expression dans son émission « le Grognon » en ouvrant son antenne à toutes les protestations et défend les causes des sans voix. Ce qui le contraindra à l’exil en France en 2003.
Article publié le 30/10/2006