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Dossiers pour la classe
Déclaration universelle des droits de l'homme

L’ajout des droits économiques, sociaux et culturels lors de la Déclaration universelle de 1948 est une grande avancée. En effet comment vivre comme un être humain, sans un revenu, un logement, un travail décents, sans possibilité de se soigner ou de vivre une vie de famille normale ?
Trop souvent, les droits culturels, comme le droit à l’instruction et à la formation, sont oubliés. La culture est un moyen de comprendre la société, elle permet au citoyen de jouer un rôle dans son fonctionnement, la culture est un moyen d’être reconnu comme un être de pensée, doué de conscience, ou encore un moyen de lutter contre l’exclusion et les discriminations.
Parfois, il est difficile de dire si un droit est un droit civil et politique ou économique, social ou culturel : l’instruction, par exemple, ou le droit de vivre en famille…
Chaque domaine de vie correspond à un droit fondamental et, parce que l’homme est un tout, ces droits sont indivisibles entre eux et avec les droits civiques et politiques : comment travailler ou avoir la santé sans logement, comment avoir un logement sans revenus, un travail sans formation, etc ? Et comment sans logement, être reconnu dans ses droits civils et politiques… vivre en famille dignement ?
Or, des personnes ont à faire des choix entre ces domaines de vie tout aussi importants : se nourrir, se soigner, payer un loyer. Beaucoup d’entre eux se trouvent face à des impasses. La pire des souffrances pour des parents étant de devoir se séparer de leurs enfants et pour des enfants de quitter leur famille à cause de la privation de l’un ou de plusieurs de ces droits.
Que signifient la liberté d’opinion, la liberté d’aller et venir, le droit de vote et la participation politique quand vous n’avez pas les moyens matériels et culturels de vous exprimer ou de vous déplacer… ? La perte d’un droit peut entraîner celle des autres… Il devient alors difficile de recouvrer ses droits par soi-même dans un avenir prévisible. Les situations de grande pauvreté et d’exclusion sont en elles-mêmes révélatrices de l’indivisibilité des droits fondamentaux dont elles illustrent la violation…
L’indivisibilité des droits suppose que soit assurée, y compris pour les plus pauvres, l’effectivité non seulement des droits économiques et sociaux mais aussi des droits civils, politiques et culturels. Le principe de l’indivisibilité implique de traiter tous les êtres humains non en objets mais en sujets, en acteurs politiques et sociaux dans la défense de leurs droits et plus largement dans la vie de la cité.
La Déclaration universelle proclame dans son préambule « l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, comme la plus haute aspiration de l’homme ».
Aujourd’hui encore plus d’un milliard de personnes dans le monde, dans les pays pauvres, mais aussi dans les pays riches, sont touchés par la misère, considérée comme un « phénomène abject et déshumanisant » par les chefs d’Etat et de gouvernement dans la Déclaration du millénaire – qui ont dit vouloir ne ménager aucun effort pour délivrer les hommes, femmes et enfants de la misère…
La fin de la guerre froide, qui avait séparé les pays prônant les droits économiques et sociaux, et ceux qui défendaient avant tout les droits civils et politiques, laisse espérer que soient promus et mis en œuvre l’ensemble des droits pour tous les hommes. Nul ne peut aujourd’hui l’ignorer : sans droits sociaux les libertés restent formelles, mais sans libertés les droits sociaux n’apportent que dépendance et conditionnement.
Pour cela, les êtres humains doivent agir les uns avec les autres avec fraternité, reconnaître chaque être humain comme un sujet de droits, comprendre que le respect de la dignité de l’autre, c’est aussi respecter sa propre dignité, mieux vivre ensemble, favoriser la paix et la cohésion sociale.Michèle Grenot
ATD Quart Monde
Article publié le 30/10/2006