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Dossiers pour la classe
Déclaration universelle des droits de l'homme

Nous, rédacteurs de la Déclaration de 1948, ne pouvons renoncer à préserver l’ambition qui était la nôtre : faire vivre les droits économiques et sociaux dans la conscience de chaque femme et de chaque homme, de façon qu’ils se sentent citoyens responsables, décidés à faire évoluer la société où ils vivent et, au-delà, la communauté mondiale dont elle est membre.
Nous en sommes témoins tous les jours : un droit n’est pas quelque chose d’octroyé par je ne sais quelle autorité supérieure. C’est quelque chose à conquérir à travers les associations, les mouvements civiques, les formations politiques.
Il s’agit de se battre jour après jour pour le droit au travail, pour tous, la santé, l’éducation, la formation, la sécurité sociale (articles 22, 23, 24 de la DUDH) et pour que les pays où la pauvreté et l’exclusion persistent aient accès aux formes les plus efficaces de la solidarité internationale.
Je vois avec plaisir le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Madame Louise Arbour, dans le programme qu’elle présente à l’approbation du nouveau Conseil des droits de l’homme qui siège à Genève depuis le 19 juin 2006, attribuer une importance capitale aux droits économiques et sociaux, à égalité avec les droits civils et politiques.
Le Conseil pourra mobiliser dans cet effort les grandes institutions des Nations Unies qui ont leur siège dans cette même ville afin qu’elles fassent toute sa place dans leurs interventions au respect de ces droits universels et indissociables : l’Organisation internationale du travail, l’Organisation mondiale de la santé, l’OMPI, le Haut Commissariat pour les réfugiés, mais aussi l’Organisation mondiale du commerce dont les membres n’ont pas encore compris la nécessité de faire passer l’intérêt d’une planète harmonieuse avant leur égoïsme de possédants.
En 1948 nous n’étions pas naïfs au point de croire qu’un texte, une convention, une déclaration seraient suivis d’effet sans l’engagement pour la défense des objectifs proclamés des forces civiles et politiques, démocratiquement mobilisées, de chacun des 192 Etats membres de l’Organisation. Et il en va de même pour les Objectifs de développement du millénaire, définis à New York à l’été 2000.
Aujourd’hui c’est à ce travail, à cet engagement, à cette mobilisation que nous appelons les jeunes générations à consacrer l’énergie dont elles sont porteuses.
Stéphane Hessel
Stéphane Hessel, ancien déporté, Ambassadeur de France, jeune diplomate à l’époque, a participé à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme aux côtés de René Cassin :
« La Déclaration universelle des droits de l’homme n’a pas seulement été un beau texte, mais a été un guide, pour améliorer la manière dont les hommes et les femmes et les enfants vivent ensemble sur cette terre. Je suis sur ce plan un optimiste inconditionnel parce que je suis vieux maintenant, et quand on a vécu beaucoup de décennies, on s’aperçoit que s’il y a encore tout le temps des drames et des horreurs, il y a de décennie en décennie des choses qui s’améliorent ».
Article publié le 30/10/2006