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Les mots de l'actualité

BLAIRISME   28/06/2007

 

Peut-on dire que c’en est fait du « blairisme Â», qu’il a vécu ? C’est peut-être vite dit, mais on sait que Tony Blair a cédé sa place de Premier ministre à Gordon Brown. Gordon Brown appartient à la même famille politique que Tony Blair, mais leur style est très différent. Est-ce pour cette raison qu’on ne parlera plus de blairisme ?

Le mot est apparu assez vite après que le flamboyant Monsieur Blair eût été nommé à ce poste. Que représente-t-il ? C’est un peu complexe, et ça dépend vraiment de cette situation particulière : il s’agit à la fois des opinions politiques de Blair, de sa philosophie politique, et de sa façon de conduire les affaires, de sa personnalité, de son image.

Et les blairistes, qui sont-ils ? Ca dépend où ! En Grande-Bretagne il s’agit de ceux qui sont favorables à Tony Blair, qui ont soutenu son action. Apparemment, le blairisme s’arrêterait donc aux côtes britanniques. Et pourtant, on constate le contraire. Le maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel, qui a rejoint le gouvernement, se déclare ouvertement blairiste. Et il assume cette position de sorte qu’il la donne comme explication de son éloignement du Parti socialiste français, et de son ralliement à l’actuelle majorité présidentielle.

Alors dit-on « blairiste Â» ou « blairien Â» ? On dit blairiste. Mais je ne pense pas qu’il faille y accorder trop d’importance. On dit bien « chiraquien Â» et « sarkozyste Â» et il ne s’agit que des tendances, de sympathies politiques : on est sarkozyste quand on est dans le camp de Nicolas Sarkozy.

Bockel, blairiste, est dans un autre cas de figure : il n’a pas à soutenir Tony Blair qui n’est pas de la même nationalité. Ce qui fait penser que le blairisme est plutôt un système de pensée, un modèle de stratégie politique.

Ce genre de mot est assez rare, on n’en a pas formé autour des noms des derniers présidents français : le « chiraquisme Â», même si on a pu entendre le mot, a davantage été une façon de se situer sur l’échiquier politique. Le « mitterrandisme Â» aussi : c’était marqué par une époque et par le style d’un homme.

Il faut peut-être remonter au gaullisme pour trouver un mot qui dépasse la figure et les façons de faire de celui qui en est à l’origine. Il s’agissait bien d’une pensée, qui pouvait être mise en Å“uvre par des tactiques diverses et souvent très raffinées : une conception de l’Etat et du pouvoir. On le voit d’autant mieux que pour de Gaulle, on se trouve en face non pas d’un seul, mais de deux mots : on a « gaulliste Â» et « gaullien Â». Gaulliste s’applique aux idées, à l’anthropologie politique. Et gaullien à l’homme lui-même. On parle ainsi d’accents gaulliens, de posture gaulienne.

 
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

Yvan  Amar

Article publié le 28/06/2007

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