|
|
|
Mots de l'actu |
|
Les mots de l'actualité
Luciano Pavarotti, vedette du monde lyrique, c’est-à-dire étoile de l’opéra, vient de mourir. En effet, ce qu’on appelle le lyrique, le chant lyrique, l’art lyrique, c’est le domaine du chant classique, et en particulier de l’opéra, un genre plutôt à la mode en ce moment, qu’illumine un extraordinaire prestige !
Et dans ce petit monde de l’opéra, toutes les voix ne se ressemblent pas. Notamment, on peut les classer du grave à l’aigu.
En ce qui concerne les voix d’hommes, on trouve d’abord la voix de basse, qu’on appelle parfois basse profonde, pour les voix réellement très graves. Cela fait penser à l’opéra russe, au Boris Godounov de Moussorgski, ou aux voix des chants rituels orthodoxes. Un peu moins grave, on a les voix de baryton. Baryton-basse, baryton Verdi et baryton-martin, la plus légère de ces voix, qui rejoint bientôt celle du ténor.
Ensuite, comme annoncé, on a le ténor, la voix considérée comme aiguë pour les hommes : c’est celle qui monte le plus haut. Mais n’oublions pas que les chanteurs peuvent chanter en voix de tête, et aborder des hauteurs, des registres, des tessitures comme on dit techniquement, bien plus hautes que cela. Et avec la mode de la musique baroque et de la musique ancienne, on entend de plus en plus d’hommes chanter dans des zones qui longtemps, ont été réservées aux femmes : contre-ténor, haute-contre, et même sopraniste, pour ceux qui arrivent à rivaliser de hauteur avec les sopranos qui sont des filles.
Ces filles justement, que pensent-elles des hommes qui chantent ? Elles sont assez critiques, surtout vis-à-vis des ténors : ils ont très mauvaise réputation, c’est d’eux qu’on se moque, c’est eux qu’on montre du doigt pour en rire, même si Pavarotti, par son talent et sa générosité, échappait à cette tradition !
Mais les chanteuses aiment dire du mal des ténors, qu’elles trouvent généralement un peu bêtes, un peu lourds, et un peu insistants… Une vieille plaisanterie, qu’on entend encore parfois dans les foyers de l’opéra ou au Conservatoire, en témoigne ; elle est intéressante pour nous, car elle permet de dresser l’oreille, et de comparer la prononciation, et la découpe des mots, à leur sens, et à leur écriture. Trois phrases donc, qui disent les mêmes syllabes, mais pas les mêmes mots :
Il est ténor mais m’embête.
Il est énorme et m’embête.
Il est énormément bête.
Pourtant les ténors se trouvent ailleurs qu’à l’opéra : le mot est utilisé, toujours en musique, pour préciser la hauteur des notes que peut jouer un instrument. Le plus courant est le saxophone, puisque cette famille d’instruments, comme la voix, s’étend de la basse au soprano (et même au sopranino pour un tout petit saxophone, souvent recourbé, qui monte plus haut encore que le soprano). Et quand le contexte ne laisse pas d’ambiguïté, on peut bien sûr dire que Stan Getz ou Coleman Hawkins jouaient du ténor : tout le monde comprendra.
Enfin ce mot s’emploie aussi pour désigner les personnes en vue, dans une certaine activité. Mais on y retrouve souvent une référence plus ou moins consciente à la voix, la belle voix, la voix qui porte et qu’on n’oublie pas : on parle surtout des ténors du barreau, les avocats célèbres.
Yvan Amar
Article publié le 07/09/2007
Et aussi ...
Journal en français facile
Fait du jour