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Les mots de l'actualité

TAXI   31/01/2008

 

Dans l’actualité toute récente, les taxis ! Journée de protestation, hier à Paris, des chauffeurs mécontents de la situation des taxis dans la capitale française. Mais ce qui nous intéresse, bien sûr, c’est le mot, un des mots les plus internationaux qui soit. Tout autour du monde ou presque, on connaît ce mot de « taxi », en Europe, en Afrique, en Amérique, en Asie, avec des prononciations différentes, mais une base presque semblable.

Il est si courant en français qu’on ne l’interroge guère vraiment : il fait partie de la langue. Et pourtant il ne ressemble pas vraiment à grand chose d’autre : avec son « i » final, et son « x » médian, il est très atypique, même s’il fait partie du paysage.

Le mot est une vraie création ; on connaît la date de son invention, ou à peu près : c’est le tout début du XXe siècle. C’est un calque de l’allemand taxameter – à peine plus ancien – et un nommé Reinach a proposé qu’au lieu de taxamètre, on parle de taximètre pour désigner le compteur qui définit la somme à payer par le client. L’idée est donc de faire payer en fonction de la distance : la taxe est proportionnelle aux mètres. En fait on sait qu’elle est en même temps proportionnelle au temps passé : l’un module l’autre.

Le mot « taxi » est donc passé rapidement du compteur à la voiture – un taxi – et souvent à celui qui la conduit. Mais pas de façon aussi systématique : alors qu’on ne parle jamais de taxauto (pourtant le mot a existé brièvement entre 1905 et la guerre de 14), on parle encore beaucoup des chauffeurs de taxi. C’est la dénomination attestée : on ne dit pas conducteur de taxi. Et on ne dit pas « c’est un taxi », même si l’on peut dire « je suis taxi », qui est compréhensible, mais familier. Plus familier encore, mais assez courant quand même, « je fais le taxi ».

Et on peut signaler aussi que le mot n’a pas de féminin vraiment accepté. Le Robert a cité l’invention « taxite » en la datant de 1977. Mais le mot, avouons-le, n’est pas courant du tout. Quand à « taximan », le mot existe en français d’Afrique, tout à fait transparent, bien que formé avec ce suffixe anglo-saxon, « man » ; il est utilisé dans de nombreux pays, mais pas en France.

En Afrique, on a toute une déclinaison autour du taxi.
Le très connu taxi-brousse, qui relie plutôt deux villes, alors que le mot « taxi » en français de France se comprend davantage comme une voiture qui vous emmène d’une bout à l’autre de la ville, sans vraiment en sortir.
Taxi-bus, plutôt synonyme de minibus collectif.
Taxi-compteurs, qui précise qu’on paye au compteur.
Taxi-bagage, pour les marchandises.
Et même « taxi sans payer » qui, il y a quelques années en Afrique de l’Ouest, désignait, pour rire, le car de police, qui vous transporte, sans payer, mais sans qu’on l’ait demandé.

Le mot « taxi » a été productif, c’est-à-dire qu’il a eu une descendance, avec « taxiphone », par exemple, téléphone public où l’on paye la communication en fonction du temps et de la distance, en mettant des pièces dans la fente prévue à cet effet. Mais les taxiphones ont disparu – en tout cas le mot. On a parlé de plus en plus de cabine téléphonique, puis de cabine tout court. On a cessé pratiquement de payer avec des pièces, en remplaçant ça par des cartes. Et avec la multiplication des téléphones portables, les cabines se raréfient.

Et c’est aussi au passé ou quasiment qu’appartiennent les taxi-girls, qui louent leurs services de danseuses et font un tour de piste avec un partenaire d’occasion dans un cabaret.

 
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

Yvan  Amar

Article publié le 31/01/2008