publicite publicite
Rechercher

/ languages

Choisir langue
Mots de l'actu
 
Annonce Goooogle
Annonce Goooogle
Comprendre l'actualité

Les mots de l'actualité

HORMONE   07/02/2008

 

Un nouveau procès vient de s’ouvrir, pour juger de la responsabilité médicale dans l’affaire dite des « hormones de croissance contaminées ». Un surdosage de ces hormones permet en effet parfois de lutter contre une croissance insuffisante de certains enfants, d’éviter qu’ils soient anormalement petits.

Ces traitements existent encore aujourd’hui, avec des hormones de synthèse fabriquées à partir de formules chimiques, mais ils ont commencé à partir d’hormones naturelles, prélevées sur des corps morts, et la pureté de ces hormones n’était pas toujours suffisante. C’est ainsi que certains enfants traités ont été contaminés par la maladie de Creutzfeldt-Jakob.

Mais dans tout cela, on parle beaucoup d’hormone sans trop savoir ce que c’est.

Le mot fait partie de ce vocabulaire scientifique qui s’est largement répandu, sans que les connaissances précises correspondantes se soient répandues aussi bien – ce qui, somme toute, est tout à fait normal. Il apparaît il y a à peine plus d’un siècle, au tout début du vingtième, et comme bien souvent pour les mots scientifiques, il est formé à partir d’une origine grecque.

Une hormone est une substance secrétée par un organisme vivant, qui déclenche, ou accélère une action sur certains organes ou tissus organiques. Cette fonction explique le choix du nom : une hormone est un peu une excitation, un produit qui excite. Le verbe horman, en grec, signifie mettre en mouvement, attiser, exciter.

Le fonctionnement de ces substances n’est pas encore parfaitement connu, mais on sait qu’un dérèglement, une anomalie dans leur fabrication se traduit souvent par des manifestations peu agréables : pas vraiment des maladies, mais souvent des états de malaise. D’autre part, on sait aussi que des changements importants dans l’élaboration de ces hormones interviennent notamment lors des importants changements qui rythment le passage d’un âge à un autre : adolescence et puberté, et symétriquement, ménopause et peut-être andropause, l’équivalent supposé de la ménopause pour les hommes.

Les hormones jouent donc un rôle dans des passages encore mal connus, mais symboliquement très forts. Et comme leur action est difficile à analyser, et pas forcément explicable de façon mécaniste, elle suscite des explications qui n’en sont pas vraiment, mais dont on trouve des traces dans la langue. Pour les sautes d’humeurs, les angoisses, quelques interactions entre le corps et le comportement, entre la sensation physique et la sensation de soi, on incrimine les hormones.

On a dit ainsi tour à tour « c’est les nerfs, il a ou elle a ses nerfs », lorsque, depuis le XIXe siècle, on mettait le nervosisme (un mot presque disparu aujourd’hui) en tête des maladies incompréhensibles. Puis de façon tout aussi imprécise et mystérieuse, on a pris l’habitude de dire : c’est les glandes… Aujourd’hui, on dit volontiers : c’est les hormones, sans que ce soit plus clair. Mais on garde à l’esprit que toucher à l’équilibre hormonal revient quelquefois à jouer à l’apprenti sorcier.

Et quand on parle de poulet aux hormones pour désigner ces malheureux animaux dont la croissance a été artificiellement poussée ou accélérée, il est rare qu’on imagine que c’est un mets de choix.

 
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

Yvan  Amar

Article publié le 07/02/2008