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Les mots de l'actualité

ARTNAPPING   14/02/2008

 

Artnapping ! Un nouveau mot, en tout cas pour la majorité des francophones, qui l’ont découvert dans la presse d’hier après un vol particulier qui s’est déroulé à Zurich en Suisse.

Quatre toiles de maître particulièrement chères ont été volées de façon très rapide et d’ailleurs pas très inventive : trois hommes cagoulés et armés ont fait irruption dans un musée privé. Sous la menace de leurs armes, ils ont obligé les visiteurs et les gardiens à se coucher par terre, et ont décroché des murs quatre tableaux impressionnistes, un Monet, un Van Gogh, un Cézanne et un Degas. Ils entassent aussitôt le butin dans leur voiture et repartent. Cela n’a duré que trois minutes ; la police arrive vite, mais trop tard !

Le vol s’apparente donc à un hold-up. Ce mot anglais désigne les opérations qui ont lieu quand les bandits menacent les personnes présentes pendant qu’ils font main basse sur ce qu’ils veulent prendre. Pourquoi hold-up ? Parce que l’expression anglaise correspond à peu près à notre « haut les mains ! »

Pourquoi qualifier ce hold-up d’artnapping ? Cela fait référence à ce qu’on suppose être l’intention des gangsters. Les toiles sont si connues qu’il est hors de question de les revendre à de riches amateurs.

Mais ces toiles sont assurées. Les compagnies d’assurance vont donc être amenées à négocier leur dédommagement auprès du musée qui en est propriétaire. Et peut-être ont-elles intérêt à accepter la demande de rançon qui peut leur être faite : elles paieront beaucoup moins aux malfaiteurs qui les restitueront : en effet il n’est pas question de demander un prix égal à l’estimation des œuvres, mais justement de demander une rançon bien plus faible. Les compagnies d’assurance payent donc moins, et la transaction permet que les œuvres soient retrouvées rapidement, et sans enquête particulière.

C’est ce système de rançon qui est à l’origine du mot « artnapping ». Le terme est bien sûr calqué sur « kidnapping ». Un kidnapping est un enlèvement d’enfant. Le verbe to nap en anglais signifie saisir, s’emparer de. Quant à kid, dans la langue familière, cela désigne les enfants, les gosses, les mômes, même si le sens premier est chevreau : il s’agit d’un petit, de la chèvre d’abord, puis de l’humain. « Enlèvement » ou « rapt » pourraient être des synonymes, mais ces deux derniers mots n’impliquent pas forcément l’idée d’une rançon exigée en échange de la restitution de la personne enlevée.

Le mot s’est réellement répandu au XXe siècle, d’abord en Amérique, puis en Europe, et son succès est lié à quelques affaires très célèbres et très médiatisées, en particulier l’enlèvement du fils du pionnier de l’aviation Charles Lindbergh, au début des années 30. Le mot « kidnapping » est si intégré au vocabulaire anglais et même français que son sens a d’ailleurs dérivé : on s’en sert pour désigner n’importe quel enlèvement et pas seulement celui d’un enfant.

Enfin, en ce qui concerne l’artnapping, le mot est né dans la langue anglaise. Il fait encore figure de curiosité du lexique de la criminologie ou des assurances. Mais sa ressemblance avec « arnaque » peut lui assurer un certain succès.

 
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

Yvan  Amar

Article publié le 14/02/2008