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Les mots de l'actualité

AVOUÉ   18/02/2008

 

Les avoués ont-ils peur pour leur avenir ? C’est ce qui se dit, même si cette profession n’est pas sur le point de s’éteindre d’un jour à l’autre. Car c’est une profession que d’être avoué, et une profession juridique.

Mais aujourd’hui les avoués relèvent la tête et affirment la nécessité de leur profession surtout depuis que le rapport de Jacques Attali a mis en doute la légitimité de leur existence.

Voyons un peu ce que c’est… Le mot est ancien, et désigne la fonction d’un auxiliaire de justice qui représente son client auprès de la cour d’appel. Il a donc une fonction de conseiller, mais ne plaide pas. En effet, c’est l’avocat qui plaide. Les deux métiers sont-ils proches ? Oui, on peut le dire, et ils sont proches jusque dans l’origine de leur nom.

En effet, « avoué » et « avocat » sont presque comme deux doublets, deux mots français qui ont une même origine latine : tout cela vient du verbe ad vocare. Attention, il ne s’agit pas vraiment d’avouer quelque chose, c’est-à-dire de le reconnaître, ou de le confesser : nous serions sur une fausse piste. Mais vocare veut dire appeler, et ad vocare signifie appeler en justice, citer en justice, le sens de « en appeler à la justice » n’est pas bien loin.

Et pourtant, le sens de ce mot a beaucoup changé avec les siècles : au XIe siècle, est avoué le seigneur qui protège son vassal, c’est-à-dire un autre seigneur qui dépend de lui, qui, dans le système féodal, est sous sa tutelle et sous sa protection. Puis le mot est entré dans le langage juridique, pour désigner en gros un défenseur, un spécialiste, habilité à représenter quelqu’un auprès d’une cour.

Vers le XVe siècle, on distingue l’avocat de l’avoué : l’un prendra en charge la défense orale et l’autre la partie écrite. Et si, souvent, on considère que l’écrit prime sur l’oral, là c’est le contraire qui se produit : l’avocat prend davantage pour lui les lauriers et la gloire, il se met en scène et son métier lui donne bien plus de prestige. L’avoué reste dans l’ombre, et sa pratique sera davantage associée à la grisaille de la basoche : petites écritures et lourdes tâches.

D’autres métiers, même s’ils correspondent à des fonctions importantes et rémunératrices ont ainsi une image un peu terne : celui du notaire par exemple, souvent identifié au scribouillard sans élan. Le notaire est l’homme de loi chargé d’authentifier tous les actes ou contrats officiels, et s’occupe de vente autant que de mariage ou de succession. Pourquoi notaire ? Là, on voit bien que c’est l’écrit qui prime. Le notaire est celui qui note, qui garde trace de ce qui se passe. Et c’est l’ancêtre de la sténo-dactylo, puisqu’à l’origine, c’est celui qui savait écrire, vite, en caractères abrégés, « nota » !

Le notaire est donc celui qui collectionne et garde la mémoire des faits notoires. Et ce dernier mot est étonnant, presque contradictoire ; au départ, ce qui est notoire, c’est ce qu’on a constaté de façon indéniable, et donc, qu’on peut noter, inscrire.

Mais petit à petit, ce qui est notoire, c’est justement ce qui est au su de tous, indéniable, alors même que ce n’est pas officiel, que ce n’est noté nulle part. Et pourtant, c’est suffisamment public pour avoir valeur de vérité, par exemple devant un tribunal. La loi prend donc en compte ce qui est écrit et parfois ce qui ne l’est pas.

 
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

Yvan  Amar

Article publié le 18/02/2008